Monsieur le Président,

Mon cher Olivier,

Je me dois de t'informer que je démissionne de toutes les fonctions que j'occupe au sein de DÉFI, ainsi que de ma qualité de membre.

J'ai mûri cette décision et elle est ancrée en moi depuis un certain temps. Ma démission est irrévocable et est justifiée, pour partie par mon occupation professionnelle qui nécessite toute mon attention et ma présence. Je n'aime pas faire les choses à moitié et sans avoir l'esprit libéré.

Mais aussi, j'ai le souci de prendre, définitivement du recul par rapport à la politique. Je veux ainsi récupérer ma liberté de parole et de ton. Etre libre de mes actes et de mes passions. Ne plus devoir rendre compte systématiquement ou être freiné dans mon expression.

Le carcan d'un parti me pèse de plus en plus, ainsi que ses luttes d'influence et ses pesanteurs. J'ai sous-estimé le poids de la structure d'un parti politique face à la volonté de renouveau tant souhaité par le plus grand nombre. J'ai cru trouver mon bonheur ailleurs.

Mes décisions prises par le passé n'ont pas été faciles à prendre. Elles n'ont jamais été guidées par le fait de vouloir faire carrière ou de me construire un avenir. J'ai toujours essayé de placer au-dessus de moi mon idéal, de faire réagir et de susciter le débat.

Peut-être suis -je trop libre d'esprit dans ma tête que pour m'insérer dans une structure pyramidale ou les décisions sont prises d'en haut ? Je n'en fais grief à personne mais j'ai souvent eu l'impression d'être peu entendu. Ou peut-être que mes opinions étaient en décalage par rapport à l'air du temps ou alors peut-être me suis-je mal exprimé.

J'ai consacré beaucoup de temps, et d'énergie à la politique. Je ne le regrette pas. Avec des réussites diverses et je les assume. J'aurais surement pu mieux faire aux dernières élections (même si je n'ai pas à rougir de mon score personnel) mais aussi en bien d'autres circonstances.

Peut-être m'a-t-il manqué le feu sacré ou mon message n'a-t-il pas été bien compris? Ou que sais-je d'autre... ? Peut-être y répondra-t-on à ma place ? Une campagne c'est un tout. Chacun aura sa réponse. Et j'en accepte l'augure.

Il est temps de passer la main. Bien que, je ne sois qu'un modeste rouage parmi tant d'autres au sein de DEFI. On n'a jamais que l'importance que l'on se donne. Nul n'est indispensable. Le croire, c'est accréditer l'idée que il n'y aurait point de salut sans sa personne. Il n'est rien de pire que de s'accrocher et de mener le combat de trop, et de lasser.

Et, je dois te confesser que je me reconnais, de moins en moins, dans cette manière générale de faire de la politique. Dans cette persévérance, à maintenir l'immobilisme des pensées, le refus systémique de la refondation du paysage politique et des comportements, si souvent répétés et dénoncés, sans qu'il soit possible d'y mettre fin.

J'ai le souhait que DÉFI, parvienne par le biais des élections internes prochaines, à réussir définitivement sa mue et de rencontrer les défis immenses nécessaires à la revitalisation de notre démocratie.

DÉFI Wallonie doit avoir, une plus grande place dans le paysage interne de DÉFI et doit être mieux reconnu et entendu au sein des instances internes. Défi Wallonie est un vivier d'hommes et de femmes de conviction et d'engagement.

J'ai fait des rencontres merveilleuses au sein de DÉFI et j'y ai d'innombrables amis tant à Bruxelles qu'en Wallonie. Je ne les oublierai jamais.

Je resterai toujours un spectateur attentif, lucide et indépendant du monde politique. Mais ma vie dorénavant est ailleurs.

Amicalement.

Renaud DUQUESNE