"Je redoute d'une façon générale une volonté d'acheter américain. Nous avons subi le contrat du siècle en 1979 (l'achat de quelque 350 F-16 par la Belgique, le Danemark, les Pays-Bas et la Norvège, qui arrivent en fin de vie, ndlr). Pour les avions de combat, les pays européens, dans leur grande majorité, achètent exclusivement américains. C'est sûrement lié à la relation à l'Otan. Mais il n'est pas incompatible d'être dans l'Otan et d'utiliser des avions non américains, comme le prouve le Rafale", a-t-il affirmé dans une interview publiée par le journal L'Echo à deux jours de l'ouverture du 52ème Salon international de l'Aéronautique et de l'Espace (SIAE) du Bourget.

Le gouvernement a lancé en mars l'appel d'offres pour l'achat de 34 nouveaux avions de combat destinés à remplacer les 54 chasseurs-bombardiers F-16 vieillissants, pour un montant de 3,5 milliards d'euros. Quatre candidats restent en lice: le F-35 Lightning II du groupe américain Lockheed Martin, le Rafale de Dassault, le Saab JAS-39 E Gripen suédois et à l'Eurofighter Typhoon d'un consortium européen, après le retrait-surprise du géant américain Boeing, qui proposait son F/A-18 E/F Super Hornet.

"Nous proposons strictement la même version que pour les Rafale français. Ceux-ci seront dans les années à venir avec un standard dit F3R. Quand une quatrième version (F4) sera commandée par la France, on proposera automatiquement cette nouvelle version aux pays à qui on aura vendu le Rafale", a expliqué M. Trappier.

Il assure n'avoir aucun problème particulier avec l'appel d'offres (en jargon "Request for Government Proposal", RfGP) "à part un aspect particulier".

"Si Boeing s'est retiré, c'est qu'il pense qu'il a peu de chances de gagner. Pourquoi? Il faut leur demander. Mais c'est quand même assez étonnant. La question que l'on se pose tous c'est: est-ce que les jeux sont faits? Est-ce que Boeing s'est retiré avec son F/A-18 E/F parce qu'il y a eu un choix entre la Belgique et les Etats-Unis pour acheter du F-35 et qu'ils l'ont l'appris? Ce qui serait bizarre alors que l'appel d'offres est en cours", souligne le PDG de Dassault.

Interrogé sur la "capacité nucléaire" - qui ne figure pas explicitement dans le RfGP alors que la Belgique participe avec ses F-16 à la dissuasion nucléaire de l'Otan - M. Trappier note qu'en Belgique "il y a des demandes très particulières pour des avions 'Otan', que seuls les Américains peuvent faire".

"Est-ce que c'est éliminatoire? Rédhibitoire? Nous avons posé la question depuis longtemps aux autorités belges. Nous n'avons pas eu de réponse", ajoute-t-il, soulignant que "seuls les évaluateurs de l'appel d'offres le savent".

Selon M. Trappier, les Européens devraient davantage acheter européen dans le domaine militaire.

"Notre continent commence à parler de sécurité et à se prendre en charge. On ne parle pas encore de préférence européenne en Europe, mais il y a un désir d'autonomie stratégique. Or, l'industrie contribue à l'autonomie stratégique. Donc on devrait aller vers un peu plus de matériel européen dans le domaine de la défense", fait-il valoir.

En réponse à une question sur le prix respectif du F-35 et du Rafale, M. Trappier met en avant les "performances" de l'appareil français.

"Ce fantasme du F-35 pas cher, je n'y crois pas. Et je ne crois surtout pas au fait qu'il sera moins cher en entretien que d'autres avions comme le Rafale".

"Je redoute d'une façon générale une volonté d'acheter américain. Nous avons subi le contrat du siècle en 1979 (l'achat de quelque 350 F-16 par la Belgique, le Danemark, les Pays-Bas et la Norvège, qui arrivent en fin de vie, ndlr). Pour les avions de combat, les pays européens, dans leur grande majorité, achètent exclusivement américains. C'est sûrement lié à la relation à l'Otan. Mais il n'est pas incompatible d'être dans l'Otan et d'utiliser des avions non américains, comme le prouve le Rafale", a-t-il affirmé dans une interview publiée par le journal L'Echo à deux jours de l'ouverture du 52ème Salon international de l'Aéronautique et de l'Espace (SIAE) du Bourget. Le gouvernement a lancé en mars l'appel d'offres pour l'achat de 34 nouveaux avions de combat destinés à remplacer les 54 chasseurs-bombardiers F-16 vieillissants, pour un montant de 3,5 milliards d'euros. Quatre candidats restent en lice: le F-35 Lightning II du groupe américain Lockheed Martin, le Rafale de Dassault, le Saab JAS-39 E Gripen suédois et à l'Eurofighter Typhoon d'un consortium européen, après le retrait-surprise du géant américain Boeing, qui proposait son F/A-18 E/F Super Hornet. "Nous proposons strictement la même version que pour les Rafale français. Ceux-ci seront dans les années à venir avec un standard dit F3R. Quand une quatrième version (F4) sera commandée par la France, on proposera automatiquement cette nouvelle version aux pays à qui on aura vendu le Rafale", a expliqué M. Trappier. Il assure n'avoir aucun problème particulier avec l'appel d'offres (en jargon "Request for Government Proposal", RfGP) "à part un aspect particulier". "Si Boeing s'est retiré, c'est qu'il pense qu'il a peu de chances de gagner. Pourquoi? Il faut leur demander. Mais c'est quand même assez étonnant. La question que l'on se pose tous c'est: est-ce que les jeux sont faits? Est-ce que Boeing s'est retiré avec son F/A-18 E/F parce qu'il y a eu un choix entre la Belgique et les Etats-Unis pour acheter du F-35 et qu'ils l'ont l'appris? Ce qui serait bizarre alors que l'appel d'offres est en cours", souligne le PDG de Dassault. Interrogé sur la "capacité nucléaire" - qui ne figure pas explicitement dans le RfGP alors que la Belgique participe avec ses F-16 à la dissuasion nucléaire de l'Otan - M. Trappier note qu'en Belgique "il y a des demandes très particulières pour des avions 'Otan', que seuls les Américains peuvent faire". "Est-ce que c'est éliminatoire? Rédhibitoire? Nous avons posé la question depuis longtemps aux autorités belges. Nous n'avons pas eu de réponse", ajoute-t-il, soulignant que "seuls les évaluateurs de l'appel d'offres le savent". Selon M. Trappier, les Européens devraient davantage acheter européen dans le domaine militaire. "Notre continent commence à parler de sécurité et à se prendre en charge. On ne parle pas encore de préférence européenne en Europe, mais il y a un désir d'autonomie stratégique. Or, l'industrie contribue à l'autonomie stratégique. Donc on devrait aller vers un peu plus de matériel européen dans le domaine de la défense", fait-il valoir. En réponse à une question sur le prix respectif du F-35 et du Rafale, M. Trappier met en avant les "performances" de l'appareil français. "Ce fantasme du F-35 pas cher, je n'y crois pas. Et je ne crois surtout pas au fait qu'il sera moins cher en entretien que d'autres avions comme le Rafale".