Quand on entend à l'autre bout du fil son français d'Anglo-Saxon, on pense tout de suite à George Eddy, le journaliste franco-américain qui, dans les années 1980 et 1990, faisait vibrer en télé tous les matchs de NBA. Ray Cokes est anglais. Né sur l'île de Wight. Lui, c'était le pote cool et rock'n'roll. Le chroniqueur de la Britpop, l'animateur star de la génération MTV. Entre 1992 et 1995, Ray présentait l'émission culte Most Wanted sur la chaîne alors préférée des ados.
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Quand on entend à l'autre bout du fil son français d'Anglo-Saxon, on pense tout de suite à George Eddy, le journaliste franco-américain qui, dans les années 1980 et 1990, faisait vibrer en télé tous les matchs de NBA. Ray Cokes est anglais. Né sur l'île de Wight. Lui, c'était le pote cool et rock'n'roll. Le chroniqueur de la Britpop, l'animateur star de la génération MTV. Entre 1992 et 1995, Ray présentait l'émission culte Most Wanted sur la chaîne alors préférée des ados. Blur ou Oasis? Bono ou Bob Geldof? Depuis le 22 février, l'homme de radio et de télévision débat, à 7 h 45, avec Raphaël Scaini sur les ondes de Classic 21. Il a sa capsule de cinq minutes, Cokes Calling, dans l'émission Coffee On The Rocks. Un discret retour aux sources puisque c'est un producteur de la RTBF, Michel Perin, qui l'avait découvert alors qu'il était encore cuisinier au tournant des années 1970 et 1980. Fils d'un officier dans la Marine royale ("on a vécu en Irlande, en Afrique du Sud, à l'île Maurice"), Ray est né avec la bougeotte. A 15 ans, il quitte sa famille et décampe à Brighton où il devient cuistot et se prend la déflagration punk en pleine tronche. "J'avais un père à cheval sur la discipline. La musique a donc très tôt été un refuge. Mais c'est à Brighton que tout a commencé pour moi. J'avais eu une éducation stricte et le punk l'a détruite." Après avoir perdu en une semaine sa petite amie, son boulot et son appartement, il débarque du jour au lendemain à Bruxelles pour travailler comme cuisinier dans un faux Hard Rock Cafe. "Il appartenait à un gangster de Chicago. Tous les groupes qui jouaient à Forest National y passaient après leurs concerts. Un jour, le producteur et réalisateur de la RTBF Michel Perin a demandé s'il pouvait voir le chef de cuisine. Il aimait bien mon look. Il m'a proposé une audition." Ray se retrouve à présenter une émission de clips à la télé. Marc Moulin l'embauche sur Radio Cité. "Les gens envoyaient des courriers. Ils ne comprenaient pas qu'on mette à l'antenne un Anglais qui savait à peine parler français. Mais bon, je connaissais bien la musique. On me trouvait rock'n'roll. Gentleman mais incontrôlable." Quand MTV attaque le marché européen, au milieu des années 1980, elle scanne les chaînes de télé, en quête de nouveaux animateurs. "Je me retrouve à faire des tests à Londres. Il y avait plein de gens plus beaux et plus cool que moi." Il est sans doute en revanche le plus baratineur et le plus givré. Interviews, sketchs, interaction avec les téléspectateurs... Cokes va imposer sa griffe et faire de Most Wanted un beau et joyeux bordel. "Sur MTV, vous ne pouviez pas parler plus de trente secondes. Vous aviez des règles. Mais je n'ai jamais trop aimé ça." Alors Ray invente la zoom TV. Sort du cadre, parle au caméraman, s'empare de la caméra. Déclaré out of control, il disparaît de l'antenne en 1996.Ray Cokes est pote avec Damon Albarn. N'a que du bien à dire de David Bowie et parle des conseils que George Michael lui a prodigué. Il a été l'Anglais de Christine Bravo (Union libre). A bossé sur Arte (Music Planet 2Nite), la VRT (Tournée générale) et VTM (Belgium's Got Talent). Aujourd'hui, il a un programme sur Facebook tous les vendredis soirs et rêve par ailleurs d'aider des jeunes gens perdus. "Pas des jeunes filles. Je ne connais pas assez leur parcours. Mais les jeunes mecs, je les comprends. Je connais les problèmes de drogue, d'addiction sexuelle. Je ne suis pas un thérapeute mais je suis passé par-là."