"La prise de conscience est là: les agriculteurs se rendent de plus en plus compte de la gravité des événements extrêmes et des effets du changement climatique sur la vie quotidienne, la santé, l'agriculture... Cette dernière fait à la fois partie des problèmes et des solutions. Il faut se mettre autour de la table pour voir comment l'agriculture pourrait contribuer à cette lutte contre le réchauffement en respectant les objectifs de développement durable", a déclaré l'ancien vice-président du Giec.

Le rapport spécial souligne qu'il faut modifier, à l'échelle mondiale, la façon dont sont utilisées et cultivées les terres, et ce en vue de nourrir les 10 milliards d'humains que comptera la Terre en 2050. "Climat et sécurité alimentaire, les deux sont intimement liés. Le Giec répète ces messages depuis si longtemps", regrette le spécialiste.

Entre 25 et 30% de la production totale de nourriture est gaspillée alors qu'environ 820 millions de personnes souffrent de la faim, relève le texte de 1.200 pages. "Les chiffres sont choquants et nous avons les moyens d'empêcher cela; qu'attend-on?", s'insurge encore M. van Ypersele. "Le Giec avance des pistes et mais la volonté politique d'agir est insuffisante."

"La mobilisation en Belgique et en Europe montre que le public est très attentif à la manière dont le politique gère ces questions-là. Si des programmes tièdes sont annoncés, la population continuera de manifester. La détermination des jeunes est très grande et d'autres manifestations sont déjà planifiées pour l'an prochain", a encore ajouté le professeur actuellement à Lausanne pour le sommet des grèves du climat, rappelant l'appel à la mobilisation générale du 20 septembre.

Quant aux climatosceptiques et critiques des mouvements écologistes initiés par certains jeunes, Jean-Pascal van Ypersele estime le combat "indécent". "Ce sont des personnes qui préfèrent qu'on reste dans l'inaction climatique, avec des arguments déplacés pour essayer de justifier leur absence d'action. Ecoutons les jeunes et essayons de voir ce qu'il est possible de faire. Leur message premier est 'écoutez les scientifiques', je ne peux qu'approuver", a conclu M. van Ypersele.