Dimanche dernier, lorsque trois adultes s'en s'ont pris à un garçon de quinze ans sur un quai de la gare d'Aarschot, ils n'y ont pas été de main morte. Ils l'ont intimidé et ils lui ont adressé des insultes racistes avant que l'un d'entre eux ne le pousse carrément sur les voies de chemin de fer. Un train était en approche, mais heureusement Infrabel a pu l'arrêter à temps, à 600 mètres du quai. Ce qui est arrivé est terrible pour le garçon - qui souffre encore de stress - et sa famille, mais cela aurait pu être bien pire. Je dois admettre que cette peur m'a aussi touchée personnellement. Je suis la mère d'accueil d'un garçon de douze ans d'origine rwandaise et, bientôt, il prendra le train tout seul pour se rendre à son école. Et si cela arrivait à mon fils? Ce que le petit Leroy (15 ans) a enduré, c'est véritablement le cauchemar de tous les parents.

Mais, malheureusement, c'est loin d'être un cas isolé. La jeune écrivaine Tine Mortier a décidé de partir au Costa Rica parce qu'elle en a marre d'expliquer à son fils pourquoi certains la traitent de 'macaque'. Notre Miss Belgique, Angeline Flor Puan, a des racines asiatiques et elle a été insultée sur les réseaux sociaux avec tous les clichés et stéréotypes racistes possibles et imaginables. Le jeune de Genk Ramzi, qui est décédé lors d'un accident de quad, a subi la foudre sur les réseaux sociaux parce qu'il avait des origines marocaines. Et maintenant, un garçon noir de quinze ans, qui est insulté et attaqué. Combien d'alarmes doivent-elles sonner avant de reconnaître que le racisme est un réel problème auquel nous devons nous attaquer ensemble?

Unia n'a jamais ouvert autant de dossiers liés au racisme qu'aujourd'hui et le Centre pour l'Égalité des Chances a enregistré l'an dernier 12% de plaintes de plus que l'année dernière. Cela ne signifie pas d'office qu'il y a plus de racisme à présent que par le passé. Simplement, il apparaît désormais plus rapidement au grand jour et il est plus facile de le repérer, notamment sur les réseaux sociaux ou via des images comme celles de dimanche dernier. La majorité des dossiers ouverts par Unia concerne d'ailleurs l'incitation à la haine sur Internet (24,9%), principalement sur Facebook.

Mais la minimisation du racisme est une évolution assez récente et très dommageable, du genre 'le racisme est relatif'. En tout cas, ce ne fut pas du tout relatif pour Leroy qui, dimanche, a vu la mort de près. Et la culpabilisation des victimes est encore pire. Hier encore, plusieurs personnes étaient d'avis que le garçon de 15 ans ( !) n'aurait pas dû se défendre contre trois adultes ( !) alors que c'est lui s'est retrouvé à terre sur les voies ( !). D'autres estimaient "qu'il l'avait sans doute cherché". Combien de fois encore devrons-nous répéter que ce n'est pas la faute des victimes, mais celle d'un groupe de personnes qui continuent de réduire les autres à leur couleur de peau et que nous, en tant que société, avons la responsabilité collective de les rappeler à l'ordre ?

Avant tout, de façon structurelle, en travaillant avec le dialogue et la sensibilisation, car lorsque les extrêmes s'affrontent depuis leur tour d'ivoire (en ligne), nous devons nous concentrer sur la rencontre, sur les liens qu'on peut tisser, sur une collaboration durable et intense avec le milieu associatif. Mais il faut aussi pouvoir arriver aux sanctions quand c'est nécessaire pour les racistes les plus durs, qui sont heureusement rares dans notre société. Ces dernières années, j'ai lancé diverses initiatives contre le racisme à Bruxelles, notamment une charte avec les trois principaux syndicats, des ateliers contre l'antisémitisme, des jeux contre le racisme et des soirées-débat sur l'afro-phobie. Nous avons renforcé notre ordonnance anti-discrimination, introduit le mystery shopping pour l'emploi et approuvé un plan anti-racisme l'été dernier. Mais c'est effrayant de constater qu'à d'autres niveaux de pouvoir, on reste si silencieux dans cette lutte contre le racisme qui demande pourtant une énergie constante. Comme si les personnes ayant une couleur de peau différente n'appartenaient pas à notre pays.

En Région bruxelloise, près de 70% des habitants ont des racines étrangères, mais à Anvers, ils sont déjà 50%, à Liège environ 40% et dans de nombreuses autres villes plus petites comme Aarschot, Tubize ou Alost, nous constatons une dimension 'multiculturelle' de plus en plus forte au sein de la population. Si nous voulons vivre en paix et dans la compréhension mutuelle - partout en Belgique - nous ne devons jamais accepter que des personnes soient attaquées, insultées ou discriminées en raison de leur couleur de peau ou de leur origine. Et un certain nombre de personnes doivent cesser de minimiser ce phénomène. Celui qui va dans le sens du déni donne de l'oxygène à la haine en ligne, mais aussi aux agresseurs qui se sentent désinhibés pour attaquer un garçon innocent de cette manière.

C'est pourquoi nous avons besoin, de façon urgente, d'un plan d'action national de lutte contre le racisme. Parce que le racisme ne s'arrête pas aux frontières régionales, ni à la gare d'Aarschot, ni au cimetière de Ramzi, ni au Borgerhout d'Angelina.

Dimanche dernier, lorsque trois adultes s'en s'ont pris à un garçon de quinze ans sur un quai de la gare d'Aarschot, ils n'y ont pas été de main morte. Ils l'ont intimidé et ils lui ont adressé des insultes racistes avant que l'un d'entre eux ne le pousse carrément sur les voies de chemin de fer. Un train était en approche, mais heureusement Infrabel a pu l'arrêter à temps, à 600 mètres du quai. Ce qui est arrivé est terrible pour le garçon - qui souffre encore de stress - et sa famille, mais cela aurait pu être bien pire. Je dois admettre que cette peur m'a aussi touchée personnellement. Je suis la mère d'accueil d'un garçon de douze ans d'origine rwandaise et, bientôt, il prendra le train tout seul pour se rendre à son école. Et si cela arrivait à mon fils? Ce que le petit Leroy (15 ans) a enduré, c'est véritablement le cauchemar de tous les parents. Mais, malheureusement, c'est loin d'être un cas isolé. La jeune écrivaine Tine Mortier a décidé de partir au Costa Rica parce qu'elle en a marre d'expliquer à son fils pourquoi certains la traitent de 'macaque'. Notre Miss Belgique, Angeline Flor Puan, a des racines asiatiques et elle a été insultée sur les réseaux sociaux avec tous les clichés et stéréotypes racistes possibles et imaginables. Le jeune de Genk Ramzi, qui est décédé lors d'un accident de quad, a subi la foudre sur les réseaux sociaux parce qu'il avait des origines marocaines. Et maintenant, un garçon noir de quinze ans, qui est insulté et attaqué. Combien d'alarmes doivent-elles sonner avant de reconnaître que le racisme est un réel problème auquel nous devons nous attaquer ensemble?Unia n'a jamais ouvert autant de dossiers liés au racisme qu'aujourd'hui et le Centre pour l'Égalité des Chances a enregistré l'an dernier 12% de plaintes de plus que l'année dernière. Cela ne signifie pas d'office qu'il y a plus de racisme à présent que par le passé. Simplement, il apparaît désormais plus rapidement au grand jour et il est plus facile de le repérer, notamment sur les réseaux sociaux ou via des images comme celles de dimanche dernier. La majorité des dossiers ouverts par Unia concerne d'ailleurs l'incitation à la haine sur Internet (24,9%), principalement sur Facebook.Mais la minimisation du racisme est une évolution assez récente et très dommageable, du genre 'le racisme est relatif'. En tout cas, ce ne fut pas du tout relatif pour Leroy qui, dimanche, a vu la mort de près. Et la culpabilisation des victimes est encore pire. Hier encore, plusieurs personnes étaient d'avis que le garçon de 15 ans ( !) n'aurait pas dû se défendre contre trois adultes ( !) alors que c'est lui s'est retrouvé à terre sur les voies ( !). D'autres estimaient "qu'il l'avait sans doute cherché". Combien de fois encore devrons-nous répéter que ce n'est pas la faute des victimes, mais celle d'un groupe de personnes qui continuent de réduire les autres à leur couleur de peau et que nous, en tant que société, avons la responsabilité collective de les rappeler à l'ordre ?Avant tout, de façon structurelle, en travaillant avec le dialogue et la sensibilisation, car lorsque les extrêmes s'affrontent depuis leur tour d'ivoire (en ligne), nous devons nous concentrer sur la rencontre, sur les liens qu'on peut tisser, sur une collaboration durable et intense avec le milieu associatif. Mais il faut aussi pouvoir arriver aux sanctions quand c'est nécessaire pour les racistes les plus durs, qui sont heureusement rares dans notre société. Ces dernières années, j'ai lancé diverses initiatives contre le racisme à Bruxelles, notamment une charte avec les trois principaux syndicats, des ateliers contre l'antisémitisme, des jeux contre le racisme et des soirées-débat sur l'afro-phobie. Nous avons renforcé notre ordonnance anti-discrimination, introduit le mystery shopping pour l'emploi et approuvé un plan anti-racisme l'été dernier. Mais c'est effrayant de constater qu'à d'autres niveaux de pouvoir, on reste si silencieux dans cette lutte contre le racisme qui demande pourtant une énergie constante. Comme si les personnes ayant une couleur de peau différente n'appartenaient pas à notre pays.En Région bruxelloise, près de 70% des habitants ont des racines étrangères, mais à Anvers, ils sont déjà 50%, à Liège environ 40% et dans de nombreuses autres villes plus petites comme Aarschot, Tubize ou Alost, nous constatons une dimension 'multiculturelle' de plus en plus forte au sein de la population. Si nous voulons vivre en paix et dans la compréhension mutuelle - partout en Belgique - nous ne devons jamais accepter que des personnes soient attaquées, insultées ou discriminées en raison de leur couleur de peau ou de leur origine. Et un certain nombre de personnes doivent cesser de minimiser ce phénomène. Celui qui va dans le sens du déni donne de l'oxygène à la haine en ligne, mais aussi aux agresseurs qui se sentent désinhibés pour attaquer un garçon innocent de cette manière.C'est pourquoi nous avons besoin, de façon urgente, d'un plan d'action national de lutte contre le racisme. Parce que le racisme ne s'arrête pas aux frontières régionales, ni à la gare d'Aarschot, ni au cimetière de Ramzi, ni au Borgerhout d'Angelina.