"Le prochain candidat est Sammy Madi ou Medi". Lors de la présentation des candidats, et sans vraiment s'en rendre compte, la présidente par intérim du CD&V, Griet Smaers, prononce le nom de famille du plus jeune candidat président de deux manières différentes. Des petits lapsus qui passeraient normalement inaperçus. Sauf, qu'aujourd'hui, on se trouve dans un contexte très particulier. On n'a jamais vu autant de candidats au poste de président du parti et aucun ne fait partie de la direction du parti. Du coup, quand sa langue fourche, ce n'est peut-être rien pour vous, mais cela veut dire beaucoup.
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"Le prochain candidat est Sammy Madi ou Medi". Lors de la présentation des candidats, et sans vraiment s'en rendre compte, la présidente par intérim du CD&V, Griet Smaers, prononce le nom de famille du plus jeune candidat président de deux manières différentes. Des petits lapsus qui passeraient normalement inaperçus. Sauf, qu'aujourd'hui, on se trouve dans un contexte très particulier. On n'a jamais vu autant de candidats au poste de président du parti et aucun ne fait partie de la direction du parti. Du coup, quand sa langue fourche, ce n'est peut-être rien pour vous, mais cela veut dire beaucoup. Lorsque Wouter Beke a quitté la présidence pour rejoindre le gouvernement flamand, ce ne sont pas moins de deux présidents par intérim qui ont repris les rênes: Griet Smaers et Cindy Franssen. Celles-ci ne sont désormais plus seules, puisqu'elles sont flanquées de sept candidats : Sammy Mahdi, Katrien Partyka, Christophe Vermeulen, Walter De Donder, Vincent Van Peteghem, Joachim Coens et Raf Terwingen. Une fameuse troupe de relativement inconnus qui a déjà hérité d'un surnom: les "sept nains ". Loin d'en tirer ombrage, certains candidats en jouaient déjà lors de la conférence de presse. Ainsi: "Quelqu'un doit être le dernier nain ", s'exclame Terwingen lorsqu'il rentre bon dernier dans la pièce.Maintenant que la date des inscriptions est passée, la bataille peut vraiment commencer. À partir de la semaine prochaine, soit du lundi 28 octobre au dimanche 17 novembre, tous les membres pourront voter pour le premier tour. Si aucun des sept nains n'atteint plus de 50 pour cent, et cette chance est réelle, alors aura lieu un second tour entre les deux candidats ayant obtenu le plus de voix. Et, le 6 décembre, Saint Nicolas amènera comme cadeau un nouveau président du CD&V.Les candidats vont devoir s'opposer lors de pas moins de six débats - un dans chaque province, plus à Bruxelles. Malgré les nombreuses occasions de croiser le fer, il sera pourtant difficile de se démarquer pour les candidats, puisqu'aucun n'affiche des idées controversées ou même vraiment novatrices. Mais, et c'est là toute la beauté de la chose, comme il n'y a pas de favoris et qu'aucun baron du parti n'a daigné, osé ?, se présenter, chacun a tout de même ses chances. D'autant plus que certains ont tout de même quelques atouts dans leur jeu. Ainsi le député flamand et maire de De Pinte, Vincent Van Peteghem, a pu se démarquer en tant que porte-parole du groupe de travail, baptisé les douze apôtres, qui devait examiner les causes de la défaite électorale historique du parti. Ce Flamand de l'Est jouirait également d'une certaine confiance au sein de hiérarchie du parti.Et Raf Terwingen, qui faisait également partie des douze apôtres, n'est pas un inconnu en tant que maire de Maasmechelen et ancien député. Terwingen est aussi le seul Limbourgeois dans la course - ce qui n'est pas sans importance pour un parti qui a un fort ancrage local. En tant que Limbourgeois et estampillé ACW (le puissant syndicat chrétien NDLR), il peut par ailleurs compter sur le soutien de Wouter Beke et Jo Vandeurzen. Un patronage qui ne l'empêche pas de se montrer de temps en temps tranchant. Pour lui, il devrait pouvoir y avoir des frictions entre les chefs de parti et les ministres. "En tant que CD&V, nous nous sommes trop identifiés au pouvoir ces dernières années ", dit-il ainsi à Knack. Reste à voir si le "président Terwingen" aura vraiment envie d'aller jusqu'au clash avec les ministres Beke et Crevits. Quoi qu'il en soit, le Limbourgeois est prêt à mener les négociations fédérales. Et il lance un message clair : le CD&V n'a pas peur de l'opposition. "Nous ne serons pas la roue orange sur la voiture violette", dit-il.Joachim Coens, maire de Damme et directeur général du port de Zeebrugge, donne, lui aussi, une certaine impression de nouveauté malgré son expérience. Il bénéficierait aussi de l'appui de sa collègue Crevits qui vient de la même région. Un soutien qu'il prend garde de rapidement mettre en perspective. "Ce sont les députés qui choisissent, pas les chefs de parti." Le plus grand atout de Coens est peut-être le fait que le député Hendrik Bogaert a décidé de ne pas participer à la course. On s'évite donc une lutte fratricide dans la région. Mais ce pas de côté signifie aussi qu'on n'aura pas non plus droit à un grand souffle de vent nouveau. De tous les candidats possibles, 'Straffe Hendrik' était en effet celui qui avait les propositions les plus piquantes. Mais voilà Hendrik Bogaert, tout comme Pieter De Crem, qui tous deux représentent le flanc droit du CD&V, ont décidé de passer leur tour. La raison ? Ils disent, presque à l'unisson, que le parti n'est pas prêt pour leurs idées. Et puis il y a Sammy Mahdi (prononcé Medi). Lui, n'a pas trop envie de se prononcer sur le sujet. "Je préfère me concentrer sur les gens qui sont dans la course", dit-il. Mahdi prend tout de même la peine de préciser "qu'il n'est pas que le candidat des jeunes. "Même lorsque j'étais président des jeunes CD&V, je défendais les intérêts des personnes âgées". Le fait qu'il doive partager "sa" province du Brabant flamand avec Partyka et De Donder ne l'émeut guère plus. Grâce à sa renommée nationale, cet habitant de Vilvorde espère marquer des points dans chaque province. Et puis comme les membres pourront également voter en ligne, il est probable que cela devrait avoir un effet positif sur le vote des jeunes.Avis de tempête Quoi qu'il en soit, le parti est confronté à une période des plus étrange. La procédure d'élection garantit en effet que même les candidats ayant un pourcentage relativement faible peuvent passer au tour suivant et être élus présidents. C'est là un facteur majeur d'incertitude, d'autant plus lorsqu'on sait que le chef du parti est presque tout-puissant en politique belge. Du côté de la direction du parti, on aime insister sur le fait qu'on apprécie cette "importante implication". On se borne donc à applaudir l'appétit des candidats et leur engagement pour la cause. Mais peu importe la façon dont on regarde la chose, on ne peut ignorer le fait que le parti est en pleine tempête. "On ne reçoit jamais rien en cadeau", et ça, les vrais sept nains ne le savent que trop bien.