Il est difficile d'échapper à De Roover (56 ans) ces jours-ci. Depuis que la crise gouvernementale sur le pacte migratoire a éclaté, il semble être omniprésent. C'est simple : Il est sur tous les fronts. Un bon petit soldat dévoué qui trouve normal de se trouver seul au coeur de la tempête. Affrontant, vent debout et le verbe haut, le matraquage dont il fait l'objet au parlement et ailleurs. Cette position en première ligne s'explique par le fait qu'il est un redoutable orateur à la langue aussi rapide qu'acerbe. Qu'on l'aime ou non, tous s'accordent à dire qu'il faut être sacrément bon pour le coincer dans un débat. Ensuite, les poids lourds de la N-VA sont réduits au silence pour éviter d'envenimer encore la situation. C'est donc naturellement qu'il est devenu l'homme de la situation.
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Il est difficile d'échapper à De Roover (56 ans) ces jours-ci. Depuis que la crise gouvernementale sur le pacte migratoire a éclaté, il semble être omniprésent. C'est simple : Il est sur tous les fronts. Un bon petit soldat dévoué qui trouve normal de se trouver seul au coeur de la tempête. Affrontant, vent debout et le verbe haut, le matraquage dont il fait l'objet au parlement et ailleurs. Cette position en première ligne s'explique par le fait qu'il est un redoutable orateur à la langue aussi rapide qu'acerbe. Qu'on l'aime ou non, tous s'accordent à dire qu'il faut être sacrément bon pour le coincer dans un débat. Ensuite, les poids lourds de la N-VA sont réduits au silence pour éviter d'envenimer encore la situation. C'est donc naturellement qu'il est devenu l'homme de la situation. Ce qui n'est pas nécessairement une évidence lorsqu'on sait que Peter De Roover (56 ans) n'est pas un homme politique comme les autres. Il n'y a pas si longtemps, il se qualifiait de bouffon de la cour : un observateur critique et indépendant de la lutte politique. En moins de cinq ans, il s'est pourtant mué en porte-parole infatigable de la N-VA.Quand De Roover rejoint le monde de la politique en 2014, rien ne le prédestinait à une vie dans le carcan de la particratie. Bien au contraire. Le président d'honneur du Vlaamse Volksbeweging et responsable politique du site web flamingant Doorbraak.be était jusqu'alors surtout pour ses opinions tranchées. Un homme têtu qui s'en prendra même régulièrement à la N-VA. Une chose rare pour un nationaliste flamand. Il semble qu'il ne reste pas grand-chose de ce caractère contraire. Ou alors il est très bien caché sous son armure de soldat du parti. "Peter connaît son rôle", dit un collègue. "Il doit défendre nos positions. Et s'il le fait maintenant, il bénéficiera d'une aura et d'un prestige qui lui ouvriront toutes grandes les portes vers les plus hautes sphères. C'est ce dont il rêve" dit une autre source anonyme dans De Morgen. A celui qui lui fait remarquer qu'il a l'air un peu pâle et des poches sous les yeux, il répond "Vous vous attendiez à quoi après toutes ces nuits blanches et les trente interviews que je dois donner chaque jour ? Et que chaque demi-phrase que vous prononcez mal fait la une des journaux ". C'est vrai que hier encore, il était, une fois de plus, le punching-ball de la Chambre. Pas que ça le dérange, car "De Roover aime être sous les projecteurs, parfois un peu trop" dit une personne qui a étroitement collaboré avec lui lorsqu'ils travaillaient ensemble pour Doorbraak. De Roover est actif dans le mouvement flamand depuis des décennies. D'abord comme membre de la Volksunie, le parti de son père, qui a été conseiller municipal à Berchem pendant dix-huit ans. Avec Jan Jambon, Peter De Roover faisait partie, dans les années 80, du groupe de jeunes hommes qui ont tenté de s'opposer à la tentative d'ouverture du parti lancée par Hugo Schiltz. Déçu par le parcours communautaire de la Volksunie, De Roover quitte le parti en 1988 pour rejoindre le Vlaamse Volksbeweging, où il conquiert , en peu de temps, la présidence. Avec Jan Jambon, ils redonnent vie à l'organisation qui se cherchait une âme. "Quand ces deux-là ont surgi comme venant de nulle part, j'ai voulu, en tant que jeune homme de 22 ans, immédiatement en être. " raconte plein de louanges De Wever dans Humo en 2014.Les deux hommes se connaissent bien. "Le père de Bart De Wever était dans mon comité de direction. Je connais Bart depuis qu'il était encore en culotte courte." dit même De Roover. Les deux hommes se sont souvent rendus ensemble aux assemblées provinciales du Vlaamse Volksbeweging. Et c'est Bart De Wever qui, après une longue insistance, a convaincu De Roover de se lancer en politique.Avant que De Roover n'atterrisse en politique, il était l'une des voix les plus importantes du Mouvement flamand. "On peut même dire qu'avec Jan Jambon, il a sorti le Mouvement des Flamands du marasme. Depuis qu'il est parti, on doit à nouveau trouver notre place", dit un vétéran du Mouvement. En l'espace de cinq ans, il est donc passé du statut de leader d'opinion à la marge à personnage central de la politique. Un saut qui ne s'est pas fait sans accros. Au début de ce mandat, De Roover se sentait quelque peu frustré dans les couloirs de l'hémisphère. En tant que membre " ordinaire " du plus grand groupe politique du Parlement, il n'est pas facile d'être sous les feux de la rampe. On chargé de De Roover de s'occuper du dossier sur la pension, un thème pas particulièrement cher à cet ancien enseignant. Cette frustration, chez lui mais aussi chez d'autres parlementaires, poussera le chef du groupe d'alors Hendrik Vuye vers la sortie et début 2016, De Roover reprend la direction du groupe parlementaire. Vuye quittera le parti avec Veerle Wouters pour former un groupe indépendant de deux personnes."De Roover dirige le groupe avec beaucoup d'autorité", dit un collègue. "Vuye est un homme beaucoup plus agréable, mais c'est probablement ça qui l'a perdu", dit un d'autre. "De Roover tient bien tout le monde".Valérie Van Peel elle préfère défendre son patron actuel : "Il tient compte du groupe et on peut débattre des choses. Vuye était par contre un solitaire qui ne tenait compte que de lui-même et de Veerle. "De toute façon en tant que chef de groupe, il faut être un peu autoritaire. Il est sévère, mais juste et n'a pas de rancune " précise Jan Vercammen. Drabbe le décrit comme " une personne très consciente d'elle-même ". "Mon sens du sarcasme n'est pas toujours bien compris, il faut connaître mon humour ", dit De Roover sur lui-même. "Il est vraiment fait pour le rôle qu'il doit jouer ces jours-ci. C'est un orateur hors pair doublé d'un débatteur de talent tout en montrant un dévouement sans faille", dit de lui son ami Jambon.