Malmenée sur plusieurs des dossiers de ce département stratégique - du nucléaire aux menaces de black-out, de la répartition des efforts sur le renouvelable aux difficultés du Pacte énergétique, Marie-Christine Marghem (MR) a vu plusieurs de ses collaborateurs quitter son cabinet ces derniers mois. Le responsable de sa cellule "énergie", une juriste, un conseiller climat et un expert également employé par Nethys (ex-Tecteo) sont déjà partis. C'est maintenant au tour du conseiller attitré dans l'éolien offshore mais aussi sur le marché du pétrole, le VLD Jan Van Den Bulc...

Malmenée sur plusieurs des dossiers de ce département stratégique - du nucléaire aux menaces de black-out, de la répartition des efforts sur le renouvelable aux difficultés du Pacte énergétique, Marie-Christine Marghem (MR) a vu plusieurs de ses collaborateurs quitter son cabinet ces derniers mois. Le responsable de sa cellule "énergie", une juriste, un conseiller climat et un expert également employé par Nethys (ex-Tecteo) sont déjà partis. C'est maintenant au tour du conseiller attitré dans l'éolien offshore mais aussi sur le marché du pétrole, le VLD Jan Van Den Bulcke, Gantois installé à Schaerbeek, de prendre le large. La matière est importante. La Belgique, portée par les vents de sa mer du Nord, est en effet un des bons élèves européens de ce mode de production d'électricité. Et les concessions pour y implanter des éoliennes, qui se négocient directement avec le cabinet du ministre, attirent de très grandes entreprises, alléchées par les hauts rendements garantis par le gouvernement fédéral. Colruyt en est. Le géant flamand de la grande distribution exploite, via sa société Parkwind, deux parcs éoliens (Belwind, d'une capacité de 165 MW et Northwind, 216 MW) au large de la Vlaamse Kust, et a tout récemment reçu 100 millions de garanties de la Commission européenne pour y implanter Nobelwind (165 MW). Il est également actionnaire du consortium Northwester 2, qui produira lui quelque 210 MW. Ce sont des centaines et des centaines de millions d'euros qui y ont été investis. Bref, Colruyt est un acteur qui compte dans ce secteur. Or, que vient de faire cet acteur qui compte dans ce secteur ? Il vient de recruter la personne qui, au cabinet de la ministre qui compte dans ce secteur, était celle qui comptait le plus pour ce secteur : Jan Van Den Bulcke, en l'occurrence. L'enrôlement a de quoi interpeler. "Il ne nous quitte pas pour s'occuper des projets offshore de Colruyt, mais pour contribuer à la gestion de leur politique énergétique", explique-t-on pourtant au cabinet Marghem, où l'on dit avoir pris ses assurances à ce sujet, et où l'on évoque un "choix personnel de saisir une occasion de travailler dans le privé". De fait, le nouvel arrivant sera affecté à Eoly, la filiale qui fournit à tout le groupe Colruyt sa propre énergie renouvelable via ses propres éoliennes terrestres, ses panneaux solaires et de la cogénération, des domaines dont la compétence est régionale. "Il n'y va pas comme directeur général, et il n'était pas chef de cabinet de la ministre non plus...", minimise-t-on dans l'entourage de la ministre. L'intéressé, lui, signale avoir négocié avec sa cheffe de cabinet une clause de confidentialité. "Pas question que je donne à Colruyt des informations qui pourraient l'aider dans sa stratégie en mer du Nord", affirme-t-il. Une chose est certaine : il commencera à ne pas aider son nouvel employeur à la mi-septembre.