"Une Flandre qui tolère la droite radicale dans son gouvernement, est une Flandre qui s'isole sur le plan national et international", met en garde 'De Morgen'. "Qu'on adopte une position de principe ou pragmatique, le constat est qu'il n'y a pour les partis démocratiques pas de terrain d'entente possible avec le Vlaams Belang - que ce soit sur la politique migratoire inhumaine, la séparation insensée du pays ou la folie budgétaire qui composent le programme du Belang."

'Gazet van Antwerpen' estime en revanche que les partis traditionnels vont devoir prendre position quant à l'isolement du Vlaams Belang. Tom Van Grieken, président du parti, veut participer au pouvoir. Bart De Wever ne l'a pas exclu. Belang et N-VA n'ont certes pas une majorité, mais ils ont suffisamment de poids pour faire suer les autres partis, écrit le Gazet.

"Il est temps de parler", abonde 'Het Laatste Nieuws'. La condamnation du parti pour racisme, sous son ancienne appellation Vlaams Block, a 15 ans, ose le quotidien. "Jusqu'à preuve du contraire, le Vlaams Belang de 2019 est sans nul doute un parti de droite radicale, mais pas raciste ou antidémocratique."

Le moment est venu de questionner l'efficacité et l'opportunité du cordon, poursuit Het Laatste Nieuws. Un constat qui vaudrait tout autant pour le PTB, avec qui il s'agirait de discuter plutôt que de le bannir comme un ennemi "à moitié nord-coréen".

"La Flandre est plus prospère que jamais, mais le Flamand est en colère et a peur", relève 'De Standaard', décrivant ce qu'il appelle le "paradoxe du 26 mai". La succession de débats interminables lors desquels s'affrontent toujours les mêmes figures a détourné les Flamands du théâtre politique, dit l'éditorialiste du journal, pour qui les partis traditionnels, jadis tout-puissants, sont à terre.

Comment la colère des électeurs pourra-t-elle désormais être transformée en politique?, demande 'De Tijd'. Ce fardeau repose principalement sur les épaules de la N-VA, pour le quotidien.

Pour 'Het Nieuwsblad', les partis n'ont pas réussi à dégager un intérêt collectif au dessus des intérêts particuliers. Des partis qui ont aussi échoué sur une série de dossiers, comme celui des pensions, c'est pourquoi ils ont été sanctionnés par l'électeur.

Une position que rejoint le 'Belang van Limburg': "L'écart entre le citoyen et la politique est encore plus profond qu'attendu".