Monsieur le Bâtonnier,

Cher et honoré confrère,

Ce n'est pas dans nos habitudes, mais en cette journée des droits des femmes nous nous adressons à vous.

Jeudi dernier, l'ASBL Fem&L.A.W. présentait devant une salle comble de plus de 500 personnes le premier Code de droits des femmes. Ce doit être environ à ce moment-là que notre confrère, Me Sven Mary, a tenu des propos particulièrement sexistes dans les médias.

Me Mary a déclaré qu'il n'engagerait plus de stagiaires féminines. Depuis que les femmes, à la suite du mouvement #metoo, ne laissent plus passer les comportements sexuels transgressifs, le risque serait devenu trop grand. La Journée internationale des droits des femmes célèbre cette année son 112ème anniversaire. Le 8 mars 1908, la première grève des femmes a été déclarée à New York. Trois ans plus tard, la socialiste allemande Clara Zetkin a déclaré le 8 mars Journée internationale des droits des femmes, un jour où les droits des femmes sont défendus dans le monde entier.

Nous ne savons pas si Me Mary a effectivement tripoté sa stagiaire. Ce que nous savons par contre, c'est qu'un certain machisme semble faire partie de l'ADN de notre profession, même si entre-temps, la majorité des avocats sont des avocates. Intimidation sexuelle, mauvaises blagues sexistes et panels exclusivement masculins sont monnaie courante au barreau. Les jeunes femmes quittent encore massivement le barreau après cinq ans de pratique en raison de la difficulté de combiner l'exercice de notre profession avec une vie de famille et les avocates gagnent en moyenne toujours moitié moins que leurs confrères masculins, comme l'a fait apparaître la récente radiographie du barreau. Mais refuser d'engager des avocates parce qu'elles sont femmes n'est pas seulement une manière inacceptable de faire changer la honte et la culpabilité de camp: cela constitue en outre une discrimination pénalement répréhensible. Que dirions-nous si un confrère affirmait publiquement qu'il renonce dorénavant à engager des Noir.es ou des homosexuel.les?

Que de jeunes avocates ne soient pas en sécurité sur leur lieu de travail est inacceptable. Que celles qui dénoncent cette insécurité soient d'emblée considérées comme des mijaurées est odieux.

Après 112 ans de lutte pour les droits des femmes, il est temps que le barreau s'engage réellement en faveur des droits des avocates. En condamnant publiquement les affirmations de Me Mary. Mais aussi en s'attaquant à la culture machiste du barreau, en réfléchissant à un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée pour les avocates, en s'attelant au sexisme des magistrat.es et bien plus encore.

Cette année, pour la journée internationale des droits des femmes, les avocates veulent plus qu'une rose sur leur bureau. Vos bien dévoué.es,

PS: Des avocates danseront à 11h "Un violador en tu camino" devant le Palais de justice. Vous viendrez nous voir, n'est-ce pas?

Marie Doutrepont, Selma Benkhelifa, Robin Bronlet, Loïca Lambert, Thomas Mitevoy, Leïla Lahssaini, Estelle Didi, Liola de Furstenberg, Elvire Schoonjans, Caroline Mommer, Evelyne Esterzon, Vanessa Sedziejewski, Emma Delwiche, Caroline Prudhon, Marie-Pierre de Buisseret, Caroline Marchand, Véronique Van der Plancke, Gaëtane de Crayencour, Pauline Delgrange, Joke Callewaert, Rosalie Daneels, Elise Franco, Olivier Stein, Chloé Harmel, Jennifer Sevrin, Violaine Alonso,, Lies Michielsen, Mieke Van Laer, Aurélie De Ridder, Katrien Desimpelaere, Hélène Crokart, Astrid D'Hayer, Nathalie Latran, Zoé Balis, Chloé Van den Berghe, Juliette Vanderstraete, Juliette Arnould, Guerric Goubau, Thomas Hayez, Jan Van Laer, Isabelle Fontignie, Liliane Versluys, Hilde Van Vreckom, Mathilde Hardt, Noemi Desguin, Juliette Genicot, Laetitia Parmentier, Ria Convents , An Scheers , Maria Trips, Catherine Gysels

Monsieur le Bâtonnier,Cher et honoré confrère,Ce n'est pas dans nos habitudes, mais en cette journée des droits des femmes nous nous adressons à vous.Jeudi dernier, l'ASBL Fem&L.A.W. présentait devant une salle comble de plus de 500 personnes le premier Code de droits des femmes. Ce doit être environ à ce moment-là que notre confrère, Me Sven Mary, a tenu des propos particulièrement sexistes dans les médias.Me Mary a déclaré qu'il n'engagerait plus de stagiaires féminines. Depuis que les femmes, à la suite du mouvement #metoo, ne laissent plus passer les comportements sexuels transgressifs, le risque serait devenu trop grand. La Journée internationale des droits des femmes célèbre cette année son 112ème anniversaire. Le 8 mars 1908, la première grève des femmes a été déclarée à New York. Trois ans plus tard, la socialiste allemande Clara Zetkin a déclaré le 8 mars Journée internationale des droits des femmes, un jour où les droits des femmes sont défendus dans le monde entier.Nous ne savons pas si Me Mary a effectivement tripoté sa stagiaire. Ce que nous savons par contre, c'est qu'un certain machisme semble faire partie de l'ADN de notre profession, même si entre-temps, la majorité des avocats sont des avocates. Intimidation sexuelle, mauvaises blagues sexistes et panels exclusivement masculins sont monnaie courante au barreau. Les jeunes femmes quittent encore massivement le barreau après cinq ans de pratique en raison de la difficulté de combiner l'exercice de notre profession avec une vie de famille et les avocates gagnent en moyenne toujours moitié moins que leurs confrères masculins, comme l'a fait apparaître la récente radiographie du barreau. Mais refuser d'engager des avocates parce qu'elles sont femmes n'est pas seulement une manière inacceptable de faire changer la honte et la culpabilité de camp: cela constitue en outre une discrimination pénalement répréhensible. Que dirions-nous si un confrère affirmait publiquement qu'il renonce dorénavant à engager des Noir.es ou des homosexuel.les? Que de jeunes avocates ne soient pas en sécurité sur leur lieu de travail est inacceptable. Que celles qui dénoncent cette insécurité soient d'emblée considérées comme des mijaurées est odieux.Après 112 ans de lutte pour les droits des femmes, il est temps que le barreau s'engage réellement en faveur des droits des avocates. En condamnant publiquement les affirmations de Me Mary. Mais aussi en s'attaquant à la culture machiste du barreau, en réfléchissant à un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée pour les avocates, en s'attelant au sexisme des magistrat.es et bien plus encore. Cette année, pour la journée internationale des droits des femmes, les avocates veulent plus qu'une rose sur leur bureau. Vos bien dévoué.es,PS: Des avocates danseront à 11h "Un violador en tu camino" devant le Palais de justice. Vous viendrez nous voir, n'est-ce pas?Marie Doutrepont, Selma Benkhelifa, Robin Bronlet, Loïca Lambert, Thomas Mitevoy, Leïla Lahssaini, Estelle Didi, Liola de Furstenberg, Elvire Schoonjans, Caroline Mommer, Evelyne Esterzon, Vanessa Sedziejewski, Emma Delwiche, Caroline Prudhon, Marie-Pierre de Buisseret, Caroline Marchand, Véronique Van der Plancke, Gaëtane de Crayencour, Pauline Delgrange, Joke Callewaert, Rosalie Daneels, Elise Franco, Olivier Stein, Chloé Harmel, Jennifer Sevrin, Violaine Alonso,, Lies Michielsen, Mieke Van Laer, Aurélie De Ridder, Katrien Desimpelaere, Hélène Crokart, Astrid D'Hayer, Nathalie Latran, Zoé Balis, Chloé Van den Berghe, Juliette Vanderstraete, Juliette Arnould, Guerric Goubau, Thomas Hayez, Jan Van Laer, Isabelle Fontignie, Liliane Versluys, Hilde Van Vreckom, Mathilde Hardt, Noemi Desguin, Juliette Genicot, Laetitia Parmentier, Ria Convents , An Scheers , Maria Trips, Catherine Gysels