Face aux difficultés d'évolution de l'intercommunale (libéralisation, problèmes financiers), M. Moreau a proposé un modèle de type Fluxys-Elia (des sociétés d'exploitation détiennent des actifs corporels, en étant contrôlées par une holding financière). En recevant M. Moreau, le ministre de l'Économie dit être dans son rôle, relayant les demandes d'entreprises auprès de ses collègues.

Le modèle proposé, M. Marcourt le voit comme un élément de simplification. "Cela ne me heurtait pas". Il ouvrait la possibilité de bénéficier de crédits bancaires et d'un rating, permettait une vision plus cohérente du GRD, a fait valoir le ministre. La question principale était à ses yeux de préserver le caractère public du GRD, "et ma position était 'envers et contre tout'".

Le ministre s'est inscrit en faux contre une description du modèle Nethys comme étant privatisé. Nethys est une société privée de droit, mais elle reste à ses yeux une structure publique, détenue à 100% par les pouvoirs publics. Il reconnaît toutefois que la transparence et le processus de décision doivent y être améliorés, et que les rémunérations pratiquées sont excessives.

"Il faut une obligation de reporting et de contrôle entre les différents étages de la structure, mais ne jetons pas l'enfant avec l'eau du bain".

"Dans Publifin, il y a des choses inacceptables qui se sont produites, mais à aucun moment le décret Électricité n'était concerné: les rémunérations (des hauts dirigeants) avaient été décidées en 2012 (à une époque où le groupe échappait à la tutelle régionale), et les comités de secteur se trouvent eux dans Publifin, pas dans le GRD. Il n'y a donc pas de lien entre l'adoption du décret Électricité et les problèmes générés", selon le ministre.

Quant à une éventuelle rencontre entre Stéphane Moreau et Paul Furlan pour valider le modèle Publifin-Nethys, M. Marcourt dit ne pas en avoir le souvenir lui non plus, rejoignant ainsi M. Furlan. Cet élément a perdu son caractère conflictuel dès lors que M. Marcourt assume avoir donné son aval à l'ébauche de la structure Publifin-Nethys.

Interrogé par le MR, le ministre liégeois a répété qu'il n'avait jamais été averti des dysfonctionnements des comités de secteur de Publifin et qu'il n'avait pas participé à la désignation des mandataires locaux dans ces organes.

Il a justifié la raison pour laquelle la Région wallonne n'avait pas désigné d'administrateur au CA de Publifin en 2013: la participation de la Région était trop faible pour peser, et l'administrateur, doté d'un devoir de confidentialité, n'est pas là pour rapporter au gouvernement mais pour administrer. Une tutelle rapprochée pourrait être exercée par un conseiller du gouvernement, mais le ministre Furlan ne l'a pas mise en oeuvre, a relevé M. Marcourt, qui assure que le nouveau ministre des Pouvoirs locaux Pierre-Yves Dermagne avance à ce niveau.

Pierre Meyers succède à André Gilles à la présidence du CA de Nethys

Pierre Meyers succède à André Gilles à la présidence du conseil d'administration de Nethys, a indiqué jeudi après-midi la filiale de Publifin dans un communiqué. La désignation a été approuvée à l'unanimité par le conseil d'administration.

M. Gilles reste administrateur.

Une assemblée générale extraordinaire était en cours jeudi en fin d'après-midi chez Publifin. Elle doit désigner un nouveau conseil d'administration de 11 membres. "La présidence et la vice-présidence du conseil d'administration seront confiées, comme prévu par les dispositions décrétales et statutaires, respectivement à un représentant de l'associé provincial et un représentant des associés communaux. Devraient être désignés à la présidence Paul-Emile Mottard et à la vice-présidence Fabian Culot", a précisé Nethys.