En 2018, la commission a enregistré 405 plaintes, rencontré 510 détenus, visité la prison pendant 383 heures et s'est réunie à quatre reprises avec la direction.

"L'élément principal qui traverse l'ensemble des problématiques est l'absence de réelle politique de réinsertion", conclut le rapport. "L'incarcération est prioritairement centrée sur la sanction-punition avec comme corollaire l'obsession de la sécurité."

La commission dénonce la problématique du travail des détenus à la prison d'Ittre - qui peut être généralisée aux autres établissements pénitentiaires. L'offre d'emplois est très loin de correspondre à la demande. Actuellement, 43,8% des détenus travaillent à Ittre (la moyenne belge est de 40%). Les "salaires" oscillent entre 2,10 euros et 2,40 euros de l'heure. Il faut plutôt parler d'une occupation indemnisée que d'un véritable emploi, insiste le rapport.

Autre problème d'importance à Ittre (et dans la plupart des prisons): la santé mentale. Les cas psychiatriques sont nombreux et il s'agit de grosses pathologies: dépressions sévères, états suicidaires, décompensations, polyconsommations... La prise en charge se concentre sur les cas urgents, au détriment des patients moins aigus qui mériteraient pourtant un suivi complet et régulier.