"Nos médecins ne sont pas prêts à plonger dans toutes sortes de listes." Marc Moens, de l'Association belge des syndicats de médecins (Absym), n'a pas non plus l'intention d'appeler ses membres à le faire. "Le gouvernement a décidé et nous devons nous y conformer ? Cela ne se passera pas comme ça. Il y aura une protestation silencieuse".
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"Nos médecins ne sont pas prêts à plonger dans toutes sortes de listes." Marc Moens, de l'Association belge des syndicats de médecins (Absym), n'a pas non plus l'intention d'appeler ses membres à le faire. "Le gouvernement a décidé et nous devons nous y conformer ? Cela ne se passera pas comme ça. Il y aura une protestation silencieuse".En cause, la façon dont les différents gouvernements ont décidé de tracer les patients à haut risque, c'est-à-dire les personnes prioritaires pour le vaccin. Ce sont des patients qui sont particulièrement vulnérables au covid-19, c'est-à-dire les personnes souffrant de maladies respiratoires chroniques, de leucémie ou d'obésité. Cela concerne environ 1,3 million de Belges.La Conférence interministérielle Santé publique a décidé que les médecins généralistes joueront un rôle clé dans cette recherche. "Chacun pourra consulter son médecin pour vérifier s'il appartient ou non à un groupe à risque", a confirmé avant-hier au Parlement le ministre de la Santé publique Frank Vandenbroucke (SP.A).Cette recherche se déroule selon une double stratégie. D'une part, les mutuelles traceront les patients à haut risque sur la base de leur consommation de médicaments. D'autre part, les médecins généralistes devront plonger dans leurs dossiers électroniques.Cependant, les associations de médecins généralistes ne sont guère enthousiastes. Le processus serait trop long. De plus, certains systèmes électroniques sont fragiles et truffés de bugs. Selon Marc Moens, tant les médecins que les patients sont préoccupés par la protection de la vie privée.Une politique à deux vitesses Le syndicat des médecins néerlandophones ASGB/kartel n'est guère enthousiaste non plus. "Nous n'appelons pas à l'anarchie, mais nous le regrettons", déclare le président Reinier Hueting. "S'il y a des problèmes avec le système, les protestations vont augmenter." L'association de médecins généralistes Domus Medica est cependant enthousiaste.Un obstacle majeur est la mesure dans laquelle les médecins généralistes disposent de dossiers médicaux globaux. Ce fichier électronique confirme la relation entre le patient et le médecin. Cependant, des chiffres récents, demandés par la députée de la N-VA Frieda Gijbels, révèlent que plus de 40 % des habitants de Bruxelles ne disposent pas d'un tel fichier. À titre de comparaison : dans le Limbourg, ce pourcentage est d'environ 12 %.Selon Marc Moens, on risque une "politique à deux vitesses": les Bruxellois souffrant de troubles sous-jacents seront moins rapidement vaccinés, simplement parce qu'ils ne sont pas suivis par un médecin généraliste.Inge Neven, de l'Inspection hygiène de Bruxelles, reconnaît le problème. Selon Neven, les mutuelles de santé font déjà beaucoup de travail. En outre, elles font appel aux bases de données sur le cancer. Et nous recommandons aux personnes qui pensent qu'elles ont des troubles sous-jacents et qu'elles sont prioritaires pour la vaccination de se rendre chez un médecin", dit-elle. Un conseil qui fait frémir Marc Moens : "Les médecins généralistes vont être submergés de nouveaux patients."L'Absym et l'ASGB/kartel estiment qu'il faut donner la priorité aux patients à risque. Après la vaccination du personnel de santé, toute la population doit être vaccinée, des plus âgés aux plus jeunes. Le raisonnement est qu'il y a plus de patients à haut risque dans les catégories d'âge plus élevées.Les associations de médecins généralistes sont soutenues par la N-VA. Dans une opinion parue sur Knack, trois députés demandent de revoir la stratégie vaccinale. Selon les nationalistes flamands, c'est un travail de Sisyphe de tracer tous les patients à risque avant le mois de mars.Le Forum des patients flamands, qui représentent 115 associations de patients estime que c'est une "gifle" pour les personnes atteintes d'une affection chronique". "Les patients à risque devraient avoir la priorité sur les citoyens en bonne santé pour la vaccination contre la corona", estime le Forum.