Un parallèle, qui vaut ce qu'il vaut, pourrait être fait entre la façon dont les instances du football ont éteint le projet controversé de Super League et la manière dont le gouvernement fédéral tente de neutraliser la volonté de réouverture anticipée, tout aussi controversée, des "rebelles du 1er mai". Dans l'horeca ou dans l'événementiel, ces derniers ont annoncé la reprise de leurs activités ou l'organisation d'un rassemblement, une semaine avant la semaine anticipée du 8 mai.
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Un parallèle, qui vaut ce qu'il vaut, pourrait être fait entre la façon dont les instances du football ont éteint le projet controversé de Super League et la manière dont le gouvernement fédéral tente de neutraliser la volonté de réouverture anticipée, tout aussi controversée, des "rebelles du 1er mai". Dans l'horeca ou dans l'événementiel, ces derniers ont annoncé la reprise de leurs activités ou l'organisation d'un rassemblement, une semaine avant la semaine anticipée du 8 mai.Tout est fait pour canaliser leur fougue.D'une part, il s'agit de menacer les rebelles de sanction. D'autre part, il s'agit de ternir leur image en faisant également pression sur les acteurs intermédiaires, susceptibles de laisser faire ou d'entraver leur marche.Les sanctions, tout d'abord. En ce qui concerne la Super League, les clubs qui en faisaient partie étaient menacés de ne plus pouvoir participer aux compétions: Champions League dès à présent, puis Euro et Coupe du monde - c'est ce qui a fait plier des clubs comme Manchester city ou Chelsea. En ce qui concerne l'horeca, le ministre MR en charge des PME et Indépendants, David Clarinval, a brandi la menace financière ce jeudi matin sur Bel RTL: "Je déconseille de ne pas respecter la loi, sur le plan légal, si des établissements ouvrent, le droit passerelle ne s'applique plus. Cela ne vaut pas la peine d'ouvrir pour une semaine, même si je sais que c est long et difficile."C'est dit avec douceur, mais le bâton est au rendez-bvous. Même si certains restaurateurs ont déjàréitéré leur détermination, malgré cela.Les intimidations, ensuite.Depuis le début de la fronde, plusieurs bourgmestres avaient exprimé leur volonté de "laisser faire", étant incapables de mobiliser des forces de police en suffiance. Temps un de la réplique, judiciaire: les procureurs du roi ont souligné que la police ne verbalisait pas au nom des bourgmestres, mais bien en leur nom à eux. Deuxième temps, politique: tant le Premier ministre, Alexander De Croo (Open VLD), que la ministre de l'Intérieur, Annelies Verlinden (CD&V), ont bien fait comprendre aux bourgmestres qu'il était de leur ressort de faire respecter la loi. En clair, ils représentent l'autorité, dans une situation sanitaire qui reste très délicate.Mercredi, une vingtaine de bourgmestres ont été reçus par la ministre de l'Intérieur pour un "dialogue" dont le ton a été visiblement très franc. Le souhait de les voir faire respecter l'ordre a été réaffirmé, même si Annelies Verlinden aurait lâché, selon Le Soir, un "Il ne faut pas vider les terrasses manu militari". En retour, les bourgmestres ont exprimé le manque de conhérence des mesures, la difficulté à les rendre praticables sur le terrain et, aussi,un manque de concertation coupable. Comme toujours, les autorités locales se plaignent des mesures imposées par le haut, sans écoute et sans se soucier des moyens pour les mettre en oeuvre sur le terrain. Les bourgmestres, en retour ,se sont engagés à ne pas mettre de l'huile sur le feu.Une main de fer dans un gant de velours. Invité sur le plateau du JT de RTL, mercredi soir, le vice-Premier ministre PS, Pierre-Yves Dermagne, a souligné qu'il représentait "l'autorité" et qu'il demandait dès lors aux gens de respecter les règles. Mais il s'agit aussi de faire cela dans le dialogue, a-t-il prolongé.L'objectif, c'est clair, consiste à faire baisser la pression d'ici le 1er mai.Les rebelles, comme les clubs de la Super League, rentreront-ils dans le rang, ne fut-ce que temporairement?