Georges Gilkinet (Ecolo) a menti au parlement: c'est ce que le député libéral Michel De Maegd a lancé ce matin, après les explications du ministre fédéral de la Mobilité, jeudi après-midi à la Chambre. Celui qui est aussi vice-Premier Ecolo se trouve dans la tourmente suite à son volte-face au sujet de la disparition annoncée par la SNCB des 44 guichets de gare: après avoir approuvé la décision, il a écrit une lettre pour demander que l'on revoie fondamentalement la copie. La CEO de l'entreprise publique autonome, Sophie Dutordoir, parle d'un "abus de confiance".
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Georges Gilkinet (Ecolo) a menti au parlement: c'est ce que le député libéral Michel De Maegd a lancé ce matin, après les explications du ministre fédéral de la Mobilité, jeudi après-midi à la Chambre. Celui qui est aussi vice-Premier Ecolo se trouve dans la tourmente suite à son volte-face au sujet de la disparition annoncée par la SNCB des 44 guichets de gare: après avoir approuvé la décision, il a écrit une lettre pour demander que l'on revoie fondamentalement la copie. La CEO de l'entreprise publique autonome, Sophie Dutordoir, parle d'un "abus de confiance".Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, n'a pas été plus tendre: "La version qui nous a été donnée à la chambre n'est pas celle que nous avons, taclait-il ce matin sur la RTBF. Je ne suis pas procureur - je n'ai pas à juger des comportements, chacun doit prendre ses responsabilités." Acculé de questions, Bouchez dit qu'il ne faut "pas exagérer": il ne demande pas ouvertement la démission du ministre. Mais en coulisses, les libéraux soulignent que leur ministre de la Mobilité, Jacqueline Galant, a démissionné pour moins que ça en avril 2016: elle avait nié avoir eu connaissance d'un rapport évoquant les manquements dans la sécurisation de l'aéroport de Bruxelles.Selon nos informations, l'histoire n'en restera d'ailleurs pas là. Le ministre de la Mobilité appellait hier à la Chambre les autres partis de la majorité Vivaldi à le soutenir au sein du conseil d'aministration pour changer la décision de fermeture des guichets. Au MR, on est bien décidé à ne pas répondre favorablement à cet appel: les administrateurs libéraux ne réclameront pas un changement radical de la philosophie de la décision.Le président libéral soutient que c'est le ministre Ecolo qui a, au contraire, lâché les partis de la majorité en les mêlant dans sa version des faits. Il a livré son récit de ce qui s'est passé au micro de la RTBF. "Georges Gilkinet évoque des choses qui ne correspondent pas à la réalité, sur deux points au moins", dit Georges-Louis Bouchez. Premièrement, il prétend qu'il n'y avait pas d'administrateur Ecolo autour de la table lorsque la disparition des guichets a été évoquée. "Or, dit Bouchez, le 27 novembre, le jour où la décision a été prise, le commissaire de gouvernement Ecolo est là à titre d'invité. Pourquoi à titre d'invité? Car il rentre officiellement en fonction le 3 décembre. Mais donc, le 27 novembre, il le sait, ce qui n'empêche pas alors d'agir le 3 ou le 4 décembre.""Par ailleurs, poursuit-il, le 18 décembre, il y a la validation du procès-verbal de la réunion du 27 novembre. A ce moment-là, le point n'est toujours pas évoqué par le commissaire du gouvernement. Et le 29 janvier, au moment où on parle de la communication du point, même chose. Moi, je n'ai pas envie de polémiquer, je dis juste que dans sa réponse, il dit que tous les autres partis y étaient, nous pas, ce n'est pas exact. Il fait également allusion au précédent gouvernement et à la précédente commissaire du gouvernement, pourtant c'était bien le sien qui était autour de la table."Ce qui fâche les libéraux: que Georges Gilkinet, dans sa défense, ait tenté de les mouiller et de salir le bilan du gouvernement précédent. Sur le fond, en outre, le MR assume: la disparition des guichets est une suite logique de la digitalisation de l'entreprise. Ce qui l'ennuie, ce sont des décisions ponctuelles comme la supresse des guichets dans la gare toute neuve de Waterloo, commune ô combien libérale.