D'ici 2023, le ministère belge de la Défense souhaite acheter 35 nouveaux avions de combat pour remplacer les anciens F-16. En principe, il devrait décider du modèle l'année prochaine, en 2018. Il y a plusieurs options, mais le favori semble le F-35 Lightning II de la marque américaine Lockheed Martin. Cet avion aurait dû être le fleuron des forces américaines, mais depuis que le gouvernement George W. Bush l'a commandé au début du 21e siècle (quand on n'avait encore jamais livré de modèle test), il a été rongé par les coûts en hausse et les problèmes. Plusieurs instances de surv...

D'ici 2023, le ministère belge de la Défense souhaite acheter 35 nouveaux avions de combat pour remplacer les anciens F-16. En principe, il devrait décider du modèle l'année prochaine, en 2018. Il y a plusieurs options, mais le favori semble le F-35 Lightning II de la marque américaine Lockheed Martin. Cet avion aurait dû être le fleuron des forces américaines, mais depuis que le gouvernement George W. Bush l'a commandé au début du 21e siècle (quand on n'avait encore jamais livré de modèle test), il a été rongé par les coûts en hausse et les problèmes. Plusieurs instances de surveillance américaines soulignent que beaucoup de problèmes n'ont toujours pas été résolus. "Plusieurs problèmes et retards démontrent que le programme ne peut commencer par la phase de test et d'évaluation (IOT&E) initiale, y compris la capacité de combat totale, avant fin 2018 ou début 2019 au plus tôt." C'était l'une des principales conclusions de James Gilmore, l'ancien directeur du département de test et d'évaluation du ministère américain de la Défense dans son dernier rapport. Nommé par Obama (la position est une nomination politique, Trump n'a pas encore indiqué de successeur), Gilmore a suivi le développement du F-35. Dans ce dernier rapport, publié fin 2016, il énumère les défaillances de l'avion. Pour l'instant, l'avion ne peut pratiquement pas emporter de munitions et de bombes et le software qui doit fusionner l'input de différents senseurs ne fonctionne pas, ce qui oblige les pilotes à éteindre plusieurs senseurs pour éviter d'être distrait. "S'ils étaient utilisés pour un combat, le F-35 aurait besoin de soutien pour localiser et éviter les radars au sol, pour trouver des cibles et affronter les formations d'avions de combat ennemis", écrivait Gilmore. Le rapport de Gilmore révèle également que le software utilisé pour gérer les avions, notamment l'entretien et les pièces nécessaires pour la réparation, ne fonctionne pas encore. Du coup, seule la moitié des avions déjà livrés peuvent être utilisées pour les vols de test. Outre le rapport critique de Gilmore, le Government Accountability Office (GAO), un organisme indépendant qui étudie les dépenses de l'état au nom du Congrès, a publié un rapport. Il conclut qu'il faut encore 1,7 milliard de dollars pour résoudre les problèmes de l'appareil. Le GAO estime également que la capacité de combat du F-35 ne pourra être testée avant 2019. Du coup, les experts indépendants concluent que personne, l'état belge non plus, ne devrait acheter l'avion avant la fin de la phase IOT&E, quelque part en 2020. "L'avion sera alors testé par une agence indépendante sur son aptitude et ses possibilités de combat", déclare Dan Grazier, expert militaire et ancien marine au bureau d'enquête indépendant Project On Government Oversight (POGO) à Washington DC. "Ce n'est qu'après le dernier rapport, qu'on pourra juger si le F-35 est aussi bon que la pub qu'on en fait."