Comme le souligne le quotidien De Standaard, Charles Michel est le premier homme politique francophone pour qui, plus de la moitié des Flamands seraient enclins à voter. Il marche dans les traces de Steve Stevaert (sp.a), Guy Verhofstadt (Open VLD), Yves Leterme (CD&V) et Bart De Wever (N-VA).
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Comme le souligne le quotidien De Standaard, Charles Michel est le premier homme politique francophone pour qui, plus de la moitié des Flamands seraient enclins à voter. Il marche dans les traces de Steve Stevaert (sp.a), Guy Verhofstadt (Open VLD), Yves Leterme (CD&V) et Bart De Wever (N-VA).Malheureusement pour lui, sa première place dans le coeur des Flamands ne lui rapporte pas la moindre voix, car comme il n'y a pas de circonscription fédérale en Belgique, ces derniers n'ont pas l'occasion de voter pour lui. Et en Wallonie, Michel n'occupe que la septième place du classement. Il est précédé par les trois socialistes Paul Magnette, Elio Di Rupo et Rudy Demotte, son rival Didier Reynders (MR), Benoît Lutgen (CDH) et Olivier Maingain (Défi). Selon Jean Faniel, directeur du think tank politique Crisp, cet écart de popularité reflète le sentiment politique de part et d'autre de la frontière linguistique. "Aux yeux de beaucoup de francophones, Michel dirige un gouvernement flamand de droite et cela ne correspond pas à l'image de la société d'un grand nombre d'entre eux", explique-t-il au Standaard. "Beaucoup le voient comme un politicien de droite qui complote avec les Flamands", estime-t-il. Demi-flamandJean Faniel pointe également le manque de présence de Michel dans les médias. "Et quand on parle de lui, c'est généralement parce qu'il a dû réprimander Theo Francken (N-VA) ou pour expliquer les motifs d'une décision", conclut Faniel. Pour le quotidien Het Nieuwsblad, Michel est même considéré comme un "demi-Flamand" en Wallonie. "Ce n'est pas pour rien si en Wallonie on le considère comme la marionnette de la N-VA", écrit le journal. Si Michel est si populaire parmi les Flamands, c'est parce qu'ils le voient comme l'homme qui incarne la politique de centre droit et qui dépasse les oppositions entre les partis flamands. "Michel est au-dessus des conflits et garde le gouvernement ensemble. Les gens aiment ça", déclare le politologue Dave Sinardet (VUB) au quotidien Het Nieuwsblad. Et comme l'explique au Standaard, le porte-parole du MR Christophe Cordier, cette politique est plus populaire en Flandre qu'en Wallonie. En outre, Michel possède l'atout de bien parler néerlandais. Et s'il fait tout pour maintenir cette popularité en Flandre, c'est pour se faire bien voir des partis flamands du gouvernement, estime le politologue Carl Devos. "Cela lui donne de l'autorité et de la crédibilité à l'égard de la N-VA, du CD&V, et de l'Open VLD. Et après les élections de 2019, il pourra plus facilement exiger le poste de Premier ministre", explique-t-il au Nieuwsblad. Wallonie profonde Pour Pascal Delwit, le fait que Charles Michel vit à Wavre joue également un rôle dans son manque de popularité en Wallonie. "En Wallonie profonde, il n'est pas considéré comme un vrai Wallon, mais plutôt comme quelqu'un qui est proche de Bruxelles" où Michel est quatrième au classement de popularité, ex aequo avec Didier Reynders.