Le PS, dans l'opposition locale, est aux portes du pouvoir à la Région. Peut-il être un allié dans le développement namurois ?
...

Le PS, dans l'opposition locale, est aux portes du pouvoir à la Région. Peut-il être un allié dans le développement namurois ? Le PS est marqué par notre histoire namuroise, par les jalons posés par Louis Namèche, Jean-Louis Close ou Bernard Anselme. Le Fiff, Namur en mai, le piétonnier, c'est le PS. Il a toujours porté à la Région les dossiers namurois. Je me suis moi-même souvent battue au gouvernement wallon pour que des moyens soient dévolus à la capitale wallonne. Je préfère que les subsides arrivent à Namur plutôt qu'à Charleroi. Jamais je ne ferai obstruction à un dossier namurois, fût-il porté par mon meilleur ennemi. Cela dit, on peut remettre en cause certains choix de la majorité sur l'utilisation des moyens régionaux dédiés à Namur. Namur connaît les difficultés des grandes villes : pauvreté, logement, emploi... Une majorité de ménages voudraient y vivre mais n'en ont pas les moyens. C'est une catastrophe. Aujourd'hui, la population stagne alors que celle des communes avoisinantes augmente. Ce n'est pas normal pour une capitale. Namur n'arrive pas à garder une génération active, économiquement intéressante. L'autre problème, c'est le taux de chômage, supérieur à la moyenne wallonne. Près de 1 500 jeunes sans emploi. Est-ce la génération qu'on veut pour la capitale ? Ces deux aspects m'apparaissent hélas négligés par la majorité qui travaille sur des aménagements urbains plutôt que sur la qualité de vie des Namurois. Un reproche fréquent, c'est la dispersion des compétences régionales entre les grandes villes. En cas de nouvelle réforme de l'Etat, ne faudrait-il pas transférer ces nouvelles compétences à Namur uniquement ? Les villes restent des éléments forts de la construction régionale. Ce rayonnement des grandes villes est essentiel, pour peu qu'elles mènent des projets complémentaires pour un développement wallon harmonieux. Je ne verrais pas l'intérêt d'une grande ville qui regrouperait tout tandis que d'autres seraient abandonnées. Si Namur devait accueillir une majorité de compétences, il faudrait que la ville ait un projet meilleur que les autres. En quoi est-elle exemplaire ? Aujourd'hui, elle est loin de pouvoir faire la leçon aux autres. Elle est bien derrière dans la course à l'attractivité économique. Il y a un désinvestissement très fort. Ces trois dernières années, près de 500 emplois ont été perdus dans le secteur de la construction et près de 80 entreprises ont fait faillite.Le tourisme pourrait-il être un secteur d'avenir ? Oui. Il faut donc que l'université prenne de l'ampleur et que tous les acteurs namurois jouent la même partition et sur des créneaux très porteurs. Si nous partons en ordre dispersé, la marque Namur n'aura pas de sens. Or, la majorité actuelle n'est pas à l'écoute des citoyens. Elle a un côté bulldozer, dans de très nombreux dossiers, le plus emblématique étant celui du centre commercial.