Archive du 19/01/2019
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"Tu viens, jeudi ? Il y aura la télévision japonaise ! " Pierre Kompany raccroche - " c'était Vincent ", glisse-t-il, bien que personne ne lui ait rien demandé. Sa collaboratrice parlementaire n'est plus là pour tenir son téléphone loin de sa sphère d'attention, alors il laisse la sonnerie l'interrompre régulièrement. Lorsqu'il ne se coupe pas lui-même pour aller saluer là un médecin sirotant un verre de rouge et qui a récemment surmonté un accident vasculaire, là un chauffeur de voitures de luxe venu s'accouder cinq minutes au comptoir avant de rejoindre une ambassade, là deux néerlandophones d'un âge certain qui l'ont vu la veille sur la VRT, là un passant qui le fait sortir de ce bistroquet de Ganshoren pour lui demander un service pour sa mère... Au Grand-Duc, aucun visage n'échappe à sa reconnaissance faciale. La grande table au fond à droite, c'est la sienne. Celle où il a pris l'habitude de donner des interviews ou de régler, par exemple, les détails de sa prestation de serment. " Une place pour lui. Il vient avec sa femme ? Non, lui, plutôt pour la retransmission en direct au CDH. " Les trois enfants, les six petits (bientôt sept), le reste de la famille, les amis, les journalistes... Trop de monde à caser dans un seul endroit. Pierre Kompany n'était pas le seul bourgmestre à lever la main gauche et à jurer fidélité au roi, le 29 novembre dernier, à Bruxelles. Mais il était le seul Noir. Le premier de Belgique. Le plus symbolique. Le plus observé. Même la BBC et le New York Times lui avaient consacré un reportage, au lendemain du scrutin communal du 14 octobre 2018. Un Congolais d'origine, élu bourgmestre de Ganshoren, commune d'un pays au passé colonial... Père d'une star du ballon rond, en plus ! Surtout ? Il l'entend souvent. Ses adversaires aiment répéter qu'il en a habilement joué. Mais son engagement politique, assure-t-il, précède tout succès footballistique. " Et même la naissance de mon fils ! J'aurais pu me présenter quinze ou vingt ans plus tôt. J'aurais peut-être eu une autre carrière. " Si sa présence sur des listes fut tardive, c'est en réalité parce qu'il n'attendait qu'un... permis de conduire. Ses premiers frissons politiques, Pierre Kompany les ressent à l'adolescence. La période d'avant, son " enfance banale ", il la balaie rapidement. Naissance à Bukavu, à l'extrême est du Congo, le 8 septembre 1947. Du soleil, des forêts, des plaines, des lacs. Une famille nombreuse, " comme toutes les familles africaines ", dont il est le fils aîné. Une mère au foyer, un père à la tête d'une entreprise d'électricité qui avait compté jusqu'à 62 employés, et qui était chef de clan du peuple Baluba. " Mais il ne faut pas être issu d'un milieu de condition difficile pour devenir défenseur de la société ", se justifie-t-il presque. Un souvenir précis, quand même, au milieu des généralités : le mur de la maison de sa grand-mère paternelle. Elle y avait écrit son propre nom, très long, en très grand. Sa manière d'affirmer : " Je n'ai pas été éduquée, mais voilà ce que j'aurais fait si je l'avais été. " Alors, pour le faire devenir quelqu'un, ses parents n'hésitent pas à envoyer leur fils de 7 ans à l'autre bout du pays, chez une tante, pour fréquenter les meilleures écoles. C'est donc à l'athénée royal de Kalina, à Kinshasa, que Pierre Kompany, 16 ans, a pour la première fois le sentiment de se mettre au service des autres. Ses condisciples viennent de l'élire chef de classe des troisièmes secondaires. Il sera reconduit en quatrième, cinquième, sixième. Il est très bon élève. Des années plus tard, le fils de son ancien professeur - blanc - de mathématiques, croisé par hasard dans un contexte footballistique, lui lancera : " Ah, Vincent Kompany ! Le fils de celui qui avait des bons points, je les voyais dans le carnet de notes de mon père ! " Ça ne durera pas. Sa première année à l'université Lovanium de Kinshasa, faculté d'ingénierie, passe encore. Mais ensuite, le studieux se mettra entre parenthèses, trop occupé à s'engager. Dans ce Congo transpirant la guerre froide, le jeune universitaire a choisi le camp gauche. Il connaît par coeur la légende du Che, écoute des radios interdites et seulement La Voix de l'Amérique pour ne pas avoir d'ennuis. Il fait des rencontres, intègre des groupes et se retrouve parmi les figures de proue du mouvement étudiant d'opposition à Mobutu, qui tisse sa dictature depuis quatre ans sur le pays. " La manif, c'est cette nuit ! " Un mouvement de protestation s'organisait depuis des semaines, sur le campus, pour revendiquer une plus grande autonomie par rapport à l'ancien pouvoir colonial belge et de meilleures conditions d'études. Mais il fallait rester discret, le pouvoir s'étant appliqué à recruter de nombreux indicateurs susceptibles de faire foirer la mobilisation. Alors, la nuit du 3 au 4 juin 1969, quand il reçoit la confirmation, Pierre Kompany part réveiller ses camarades du bloc 30. " C'est l'heure ! " Certains l'accueillent avec des gourdins planqués sous les couvertures qu'ils ne baissent que lorsqu'ils reconnaissent son visage - faire partie de l'équipe universitaire de foot, ça aide aussi à éviter les coups. Il est 5 heures du matin, les bus commencent à descendre la colline pour amener les manifestants dans le centre-ville. Les jeunes avaient préparé leurs tissus mouillés, histoire de se protéger des gaz lacrymogènes. Mais ce sont des balles qui les accueillent. Pierre Kompany est monté dans le dernier bus, celui des organisateurs. Les gens croisés sur la route les préviennent : ils ont croisé des bataillons de militaires, ils ont entendu des coups de feu. Déviation vers le port de Kinshasa, pour échapper aux tirs. Les corps de ceux qui s'étaient déjà avancés - une dizaine ou une cinquantaine, selon le bilan officiel ou estudiantin - ne seront jamais rendus à leurs familles. Le groupe se disperse, Pierre Kompany s'enfuit. Chez une tante, chez une cousine. Pendant près de deux mois, il se terre. Il sait qu'il risque d'être arrêté et jugé ; d'autres écoperont de vingt ans de prison. Il s'en va étudier à Lubumbashi. Un an plus tard, quand les étudiants décident de commémorer les morts du 4 juin, Mobutu décide de fermer l'université de Kinshasa. Les autres campus s'embrasent, craignant que ce soit bientôt leur tour. " L'ébullition était totale. Je faisais partie de ceux qui grimpaient sur les carcasses des voitures brûlées pour tenter de canaliser le mouvement et éviter les débordements. Dans notre pays, ça s'appelait être un meneur. " Les autorités placent les étudiants devant deux options : soit ils se calment et retournent aux cours, soit ils seront emmenés au camp militaire de Kitona, près de Kinshasa. Comme 205 autres, Pierre Kompany opte pour la seconde offre, par solidarité. Tous sont embarqués vers l'aéroport de Lubumbashi. Ils prennent le même avion que les Léopards, surnom de l'équipe nationale congolaise, en partance pour un match. Il y a des détails qu'un fan de foot n'oublie pas. Après l'atterrissage dans la capitale, ceux qui sont présentés comme des rebelles doivent traverser une sinistre haie d'honneur militaire. Coups de pieds, de bottes. " Ça a duré sur 150 mètres, mais on avait l'impression qu'il fallait marcher un kilomètre. On suffoquait, il faisait étouffant à Kinshasa alors qu'à Lubumbashi, les nuits de juin étant froides, chacun avait mis trois vestes et deux pantalons. " Durant le transfert vers le camp militaire de Kitona, le bus passe près de la maison de sa grand-mère. Il jette tous ses vêtements par la fenêtre, hurle. Comme si sa famille allait les ramasser, l'entendre... Treize mois, quinze jours. Les premiers se révèlent forcément pénibles. Entraînements, hostilités. Pas de visite. Des lettres envoyées à la famille qui, en réalité, ne seront pas postées plus loin que le bureau du relecteur. Puis l'atténuation, l'adaptation. La hiérarchie militaire comprend que ces jeunes universitaires peuvent servir à d'autres tâches que la préparation des repas. Un étudiant en médecine est affecté à l'hôpital, un autre donne un coup de main à la comptabilité... Pierre Kompany est chargé d'aider à la distribution mensuelle des salaires des militaires. Ultrasensible : si, dans l'enveloppe, le compte n'est pas bon, les esprits peuvent subitement s'échauffer. Treize mois, quinze jours. Le dernier arrive par surprise. Un officier débarque, avec sa canne. " Voilà, vous partez aujourd'hui. C'est terminé, on est fiers de vous. Vous êtes devenus de vrais hommes. Allez préparer vos affaires. " Pas le temps d'un au revoir. Retour au campus de Lubumbashi, en treillis militaire. Quand Mobutu envoyait des étudiants dans des camps comme celui de Kitona, c'était pour apprendre à obéir et à la fermer. Mais ça n'avait pas suffi à faire taire tout le monde, dans les universités. Les " mouchards " pullulaient. Les dissidents interpellés risquaient d'être jugés devant l'auditorat militaire, dont la clémence et l'impartialité ne faisaient guère partie de la réputation. Pierre Kompany se faisait discret mais restait " une figure visible ". Il retourne à Kinshasa, dans sa famille, étudie un an, puis se dit " c'est le moment ". Partir. Pierre Kompany, 27 ans, souffre d'une maladie. Grave, et tellement rare qu'il ne se souvient même plus du nom. Mais les médecins sont formels : il doit ab-so-lu-ment quitter le territoire congolais pour subir des examens médicaux et recevoir des soins en Belgique durant trois mois. Il sait pertinemment qu'il ne reprendra jamais l'avion en sens inverse. En pleine forme, il retrouve son frère, qui suit alors des études d'ingénieur électronicien à Bruxelles, et des cousins. Il reste trois mois à Schaerbeek, puis s'installe à Etterbeek, où il loue une mansarde, chaussée Saint-Pierre. Il enchaîne les petits jobs, " aucun qui puisse être déclaré sur une feuille d'impôts ". Cours particuliers de maths et de physique, déménagements, agrafage de petits journaux (il se rendra compte, plus tard, que l'un d'entre eux était pour l'ancien ministre PSC Paul Vanden Boeynants)... Il empoche aussi quelques primes de matchs. Malines aurait bien recruté cet ancien et éphémère attaquant du TP Mazembe, célèbre club congolais. Mais, sans papiers, signer un contrat devient difficile. Dès son arrivée, il prend sa carte du Parti socialiste. Il a failli s'affilier au SP.A, mais l'un de ses amis lui a déconseillé : " Tu ne parles pas flamand, tu vas t'emmerder pendant les réunions. " Trois ans s'écoulent, jusqu'à cet OQT. Ordre de quitter le territoire. La lettre lui semble tellement injuste qu'il la nie. Il lui faudra finalement sept ans pour devenir citoyen belge. Karel Van Miert, alors député socialiste flamand, et Philippe Moureaux, qui officiait à l'époque comme ministre PS de la Justice, l'aident à débloquer son dossier. Pour en finir avec son statut d'illégal, il aurait pu épouser Joseline. Il l'a rencontrée dans une fête. Une Ardennaise, venue faire ses études de traductrice à Bruxelles, puis en ressources humaines à Louvain-la-Neuve. Un sacré caractère, " comme moi ". Au bout de quelque temps, cette fille unique lui propose de venir rencontrer ses parents pour la première fois. Elle lui explique le chemin : un petit village entre Bande et Tenneville, pas loin de la barrière de Champlon. Dans la voiture, Pierre Kompany pousse le volume de l'autoradio. Merde. Il s'est trompé de chemin. Demi-tour. Il se gare devant la maison, voit que la famille l'observe derrière la fenêtre. La porte s'ouvre, personne ne lui fait de commentaire. Ni sur sa demi-heure de retard, ni sur rien d'autre. Il est noir, elle est blanche, et alors ? Ils se marient peu après l'obtention de ses papiers. Christel naît en 1984, puis Vincent en 1986 et François trois ans plus tard. Il n'a jamais oublié cette phrase de son professeur de mathématiques. Un jeune Congolais qui débutait à l'université de Kinshasa. Un jour, alors que l'équipe nationale de foot avait perdu lors d'un déplacement, il avait suspendu sa craie et, le dos tourné à l'auditoire, avait lâché : " Je ne peux pas comprendre que des gens traversent des étendues d'eau aussi grandes que le fleuve Congo pour échouer. " Pierre Kompany n'a pas enjambé des océans pour rien ! Alors il reprend ses études. Il a 34 ou 35 ans ; Christel vient d'agrandir la famille. Il passe ses journées à l'Institut supérieur d'ingénieurs industriels de Bruxelles. De 18 heures à minuit, il officie comme taximan, apprend à connaître toutes les rues bruxelloises et à écouter les clients. " Une période intéressante, mais éprouvante. " Après, il dort. Et ainsi de suite durant cinq ans, jusqu'à ce qu'il décroche son diplôme d'ingénieur industriel en mécanique, option aéronautique. Il délaisse alors le taxi pour le train Bruxelles-Charleroi, puis l'omnibus direction l'école d'arts et métiers d'Erquelinnes. Même trajet durant un an, pour y enseigner la mécanique. Il continue à envoyer des CV, est rappelé simultanément pour un entretien chez Caterpillar à Charleroi et chez DHL, à Zaventem. Plus près de chez lui (sa famille a emménagé dans le quartier Nord), plus en lien avec l'aéronautique, il y est engagé comme manager en charge de la logistique. Au terme de son entretien d'embauche, la responsable des ressources humaines lui glisse : " Vous êtes le seul responsable du département, seul votre rapport compte pour moi ", comme si elle avait pressenti que certains douteraient de sa légitimité. Pierre Kompany affirme ne pas souvent avoir souffert de racisme. Peut-être parce que " je suis arrivé en Belgique à un âge où je me sentais assez intelligent pour comprendre la société ". Mais ce collègue-là... Un mécanicien en aviation, mécontent pour une histoire de pièces détachées, qui exige de " voir le chef " alors qu'il l'a devant lui, puis qui n'aura de cesse de lui faire la leçon. " Un jour, à la fête du personnel, je l'avais croisé avec sa femme et ses enfants, tout mignons. Et je me suis dit : d'où ça lui vient, d'être raciste ? " Plus tard, le mécanicien lui demande une faveur : peut-il lui fournir un calendrier de femmes nues... noires ? " Désolé, lui répond-il. Les seuls calendriers de ce genre que j'ai jamais vus, c'est dans votre atelier. Même si je le voulais, je ne saurais pas où chercher. " Par la suite, à chaque fête du personnel, ce collègue ne manquera jamais de venir le saluer chaleureusement. Pierre Kompany ne s'étend pas sur les raisons de son licenciement de DHL. " Dix ans, dans une multinationale, c'est déjà beaucoup. " En même temps que son C4, il reçoit " un paquet d'argent " ainsi qu'un bureau, au Cinquantenaire, qu'il peut occuper durant un an pour rechercher du boulot. Il en profite surtout pour développer son éolienne. A axe vertical, là où les autres fonctionnent à l'horizontale, munie d'une double rotation contraire permettant aux pales de tourner chacune dans des sens opposés. Grâce à laquelle il obtiendra la médaille d'or au Salon des inventeurs de Bruxelles, en 1997. Puis la même récompense, l'année suivante, à celui de Genève. " Pas le bronze, pas l'argent, mais l'or, hein ! " aime-t-il répéter à ceux qui sous-entendent qu'il ne vit qu'à travers les succès de son fils. Le prototype fut breveté, mais pas commercialisé. " Je voulais lancer le projet, mais j'ai vite compris qu'il aurait fallu m'associer avec des gens qui avaient les moyens, et que si on allait tout droit vers des problèmes financiers, ça retomberait surtout sur moi. " Pierre Kompany reprend finalement l'enseignement des sciences mécaniques aux arts et métiers de Bruxelles. Et il continue à conduire. Vincent à l'entraînement à Neerpede, François à Malines, Christel au stade Roi Baudouin (elle avait battu le record du triple saut en junior). Chaque soir, il nettoie les crampons pleins de boue. Et recommence la tournée le lendemain. Jusqu'à ce que François obtienne le permis de conduire, comme son frère et sa soeur. Fini le taxi. Dans le quartier Nord, dont il connaissait tous les habitants de tous les étages de tous les immeubles, Pierre Kompany avait déjà fait campagne. Pour d'autres. Mais, maintenant que ses enfants sont motorisés et qu'il a récupéré du temps libre, le candidat, ce sera lui. Avec Joseline, ils n'ont jamais voulu déménager, même si un ingénieur et une cheffe de service à l'Orbem (l'ancien nom d'Actiris) auraient pu vivre ailleurs. " C'étaient des logements publics où chacun paie un loyer en fonction de ses revenus. Sur vingt ans, on aurait pu s'acheter une maison et demie ! Mais on voulait donner aux enfants la capacité de ne pas avoir peur de l'autre, d'avoir l'esprit ouvert et d'apprendre la tolérance. " Christel, Vincent et François s'y plaisaient. Mais ils ont grandi. Leurs parents se sont séparés. En 2005, leur père part vivre à Ganshoren. L'année suivante, il se présente sur les listes en vue des élections communales. Liste PS, évidemment. Ça fait trente ans qu'il en est membre. La bourgmestre, Michèle Carthé, se réjouit dans la presse d'avoir offert la neuvième place à " son ami ". Son résultat sera honorable, pas mirobolant : sixième meilleur score, sur treize élus. Il devient échevin des travaux publics, de la mobilité, de l'environnement et de la propreté. Il se présente en 2007 aux élections fédérales, n'est pas élu. Retente sa chance en 2009, aux régionales. Toujours pas. Comme tout politique ambitieux, il doit se construire un ancrage local. Alors, la quatrième place qu'on lui propose pour les communales de 2012, non merci. Il estime mériter mieux. Ne s'est-il pas battu pour construire un terrain synthétique et bâtir une cafétéria ? La rampe pour les personnes à mobilité réduite sous la tribune ? Les bulles à verre enterrées ? La capacité de la crèche doublée ? Ainsi se termina son " amitié " avec Michèle Carthé. Et son affiliation au PS : exclu, pour avoir rallié la liste Pro-Ganshoren de tendance CD&V - CDH. Il prend ensuite sa carte de parti chez les humanistes, lui qui continue à se revendiquer de gauche. " J'ai été retrouver les gens de gauche au CDH, voilà tout. " Ses nouveaux adversaires lui reprochent son ambition, sa campagne à coup " d'embrassades dans les cafés et de tournées générales " (lui-même ne boit pas une goutte). Quelle qu'ait été la méthode, elle n'a pas fonctionné. Au soir des élections de 2012, il ne fait pas le meilleur score en voix de préférence et la liste qu'il tirait ne dépasse pas celle du PS. Il signe toutefois un accord électoral avec le MR et Ecolo... qui ne dure que quelques heures. Le MR convole finalement avec le PS, ainsi en ont décidé les états-majors des partis. Le recours de Pierre Kompany devant le Collège juridictionnel n'y change rien. Six ans d'opposition. Un succès électoral, tout de même, en 2014 : il est élu député bruxellois. Puis, quatre ans plus tard, il devient donc bourgmestre de Ganshoren. Son mandat ne sera pas complet, il s'est engagé à céder le flambeau au bout de trois ans à Jean-Paul Van Laethem, un autre transfuge du PS qu'il a réussi à attirer - avec d'autres - sur sa liste. Le pouvoir ne se conquiert qu'en faisant des sacrifices... Et après ? Il sera candidat aux élections régionales de mai prochain, le décumul ce n'est pas son truc. Trop coûteux pour la collectivité, qu'il dit. Il ira alors sur ses 72 ans. Plus tard, il rêverait de construire son éolienne avec ses sept petits-enfants. " Dans le jardin de Vincent, tiens, pour l'embêter ! "