"Je fais partie du groupe "covid rationnels", explique Pierre-François Laterre. "On demande aux gens depuis des mois de cesser de vivre en sachant que le virus est toujours là. Le confinement ne représente pas la bonne solution. Comme Nathan Clumeck le disait, 'confiner postpose le problème, mais à chaque fois qu'on déconfine, celui-ci recommence'. À l'époque du sida, on n'a pas interdit de faire l'amour, on a changé de stratégie.

Ici, de la même façon, on doit favoriser toute activité en extérieur puisque le risque de contamination est inférieur. Les lieux fermés peuvent mettre en place un système de ventilation, de distanciation et du port du masque. Le dépistage, que ce soit par les tests rapides ou les tests salivaires, pourrait détecter les gens qui sont contagieux et les inciter à suivre un processus d'isolement. Les gens en bonne santé comme les jeunes devraient, en revanche, garder un maximum d'activités sportives ou culturelles. Idem pour l'enseignement. Pour l'instant, les personnes en bonne santé se voient privées de vivre, alors qu'on pourrait dépister et protéger les personnes à risque.

Qui sont-ils les individus à risque maintenant?

L'âge uniquement ne définit plus la population à risque. On le constate avec les patients qu'on accueille dans les cliniques Saint-Luc. L'âge moyen est de 62 ans maintenant. La tranche d'âge s'étend de 38 à 80 ans. Les comorbidités sont un autre facteur de risque : obésité, hypertension, diabète, problèmes d'immunodépresseurs. Il ne faut pas oublier non plus la prédisposition génétique. On aura toujours une difficulté pour établir à 100 % qui est le malade à risque.

Vous êtes d'accord avec l'épidémiologiste Yves Coppieters sur la vaccination des personnes de plus de 55 ans?

Oui, c'est ce groupe-là qu'il faut cibler. Ce ne sont pas les gens de 20 ans qu'il faut vacciner en priorité, mais plutôt ceux entre 45 - 75 ans. C'est exceptionnel d'avoir un jeune de moins de 30 ans hospitalisé pour la COVID-19, sauf s'il présente des facteurs de risque.

La Belgique peut-elle réellement adopter une stratégie zéro Covid?

Il n'y a pas de risque zéro, le virus ne va pas réellement disparaître puisqu'il y a toujours un réservoir humain et animal. Cela pourrait s'atténuer pour quelque temps. Il y aura très peu de contaminations et d'hospitalisations dans les deux ou trois ans qui viennent, mais on ne peut pas se baser sur cette stratégie.

Surtout, le risque zéro signifie que l'on continue d'empêcher toute activité sociale, culturelle, et dans l'horeca. À un moment, il faut que la société redémarre en sachant que la grande majorité de la population ne mourra pas de la COVID-19 parce que le taux de mortalité est de 0,3 %.

Vous êtes chef du service des soins intensifs. Est-ce que c'est envisageable par rapport à ce que vous voyez sur le terrain dans le quotidien?

Aujourd'hui, les soins intensifs atteignent un plateau. Ils ont toujours un retard de deux semaines par rapport aux hospitalisations et ils peuvent maintenir l'occupation pendant plus longtemps. Cependant, au niveau des admissions à l'hôpital, on observe une diminution de cas par rapport il y a un mois. Quant à la courbe des contaminations, elle s'était rompue avant l'introduction de nouvelles mesures.

Quelles sont-elles les limites d'un déconfinement?

Le risque pourrait être une explosion des cas. Si tel était le cas, on pourrait toujours refermer les secteurs ou les foyers à risque. Les lieux du travail ou les foyers familiaux en font partie. Il faut trouver des solutions pour que ces lieux puissent se réadapter avec de nouvelles règles si par malheur une reprise épidémique devait un jour les justifier. Il faut de toute façon déconfiner, cela ne sert à rien de confiner.

Valentina Jaimes

"Je fais partie du groupe "covid rationnels", explique Pierre-François Laterre. "On demande aux gens depuis des mois de cesser de vivre en sachant que le virus est toujours là. Le confinement ne représente pas la bonne solution. Comme Nathan Clumeck le disait, 'confiner postpose le problème, mais à chaque fois qu'on déconfine, celui-ci recommence'. À l'époque du sida, on n'a pas interdit de faire l'amour, on a changé de stratégie.Ici, de la même façon, on doit favoriser toute activité en extérieur puisque le risque de contamination est inférieur. Les lieux fermés peuvent mettre en place un système de ventilation, de distanciation et du port du masque. Le dépistage, que ce soit par les tests rapides ou les tests salivaires, pourrait détecter les gens qui sont contagieux et les inciter à suivre un processus d'isolement. Les gens en bonne santé comme les jeunes devraient, en revanche, garder un maximum d'activités sportives ou culturelles. Idem pour l'enseignement. Pour l'instant, les personnes en bonne santé se voient privées de vivre, alors qu'on pourrait dépister et protéger les personnes à risque.Qui sont-ils les individus à risque maintenant?L'âge uniquement ne définit plus la population à risque. On le constate avec les patients qu'on accueille dans les cliniques Saint-Luc. L'âge moyen est de 62 ans maintenant. La tranche d'âge s'étend de 38 à 80 ans. Les comorbidités sont un autre facteur de risque : obésité, hypertension, diabète, problèmes d'immunodépresseurs. Il ne faut pas oublier non plus la prédisposition génétique. On aura toujours une difficulté pour établir à 100 % qui est le malade à risque.Vous êtes d'accord avec l'épidémiologiste Yves Coppieters sur la vaccination des personnes de plus de 55 ans?Oui, c'est ce groupe-là qu'il faut cibler. Ce ne sont pas les gens de 20 ans qu'il faut vacciner en priorité, mais plutôt ceux entre 45 - 75 ans. C'est exceptionnel d'avoir un jeune de moins de 30 ans hospitalisé pour la COVID-19, sauf s'il présente des facteurs de risque.La Belgique peut-elle réellement adopter une stratégie zéro Covid?Il n'y a pas de risque zéro, le virus ne va pas réellement disparaître puisqu'il y a toujours un réservoir humain et animal. Cela pourrait s'atténuer pour quelque temps. Il y aura très peu de contaminations et d'hospitalisations dans les deux ou trois ans qui viennent, mais on ne peut pas se baser sur cette stratégie.Surtout, le risque zéro signifie que l'on continue d'empêcher toute activité sociale, culturelle, et dans l'horeca. À un moment, il faut que la société redémarre en sachant que la grande majorité de la population ne mourra pas de la COVID-19 parce que le taux de mortalité est de 0,3 %.Vous êtes chef du service des soins intensifs. Est-ce que c'est envisageable par rapport à ce que vous voyez sur le terrain dans le quotidien?Aujourd'hui, les soins intensifs atteignent un plateau. Ils ont toujours un retard de deux semaines par rapport aux hospitalisations et ils peuvent maintenir l'occupation pendant plus longtemps. Cependant, au niveau des admissions à l'hôpital, on observe une diminution de cas par rapport il y a un mois. Quant à la courbe des contaminations, elle s'était rompue avant l'introduction de nouvelles mesures.Quelles sont-elles les limites d'un déconfinement?Le risque pourrait être une explosion des cas. Si tel était le cas, on pourrait toujours refermer les secteurs ou les foyers à risque. Les lieux du travail ou les foyers familiaux en font partie. Il faut trouver des solutions pour que ces lieux puissent se réadapter avec de nouvelles règles si par malheur une reprise épidémique devait un jour les justifier. Il faut de toute façon déconfiner, cela ne sert à rien de confiner.Valentina Jaimes