Philippe De Backer (Open Vld) a fait le point aux journalistes sur les travaux des "taskforces" créées dans le cadre de la pandémie dès le 23 mars.
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Philippe De Backer (Open Vld) a fait le point aux journalistes sur les travaux des "taskforces" créées dans le cadre de la pandémie dès le 23 mars.Au niveau des tests (PCR), le pays se classe désormais dans le top 10 mondial si l'on se base sur le nombre de dépistages réalisés par million d'habitants, a rappelé le ministre. En moyenne, 10 à 15.000 tests par jour sont réalisés. "Aujourd'hui, on teste plus en Belgique qu'en Corée du Sud, en Allemagne, ou en France", se targue le ministre. Au début, si les critères de testing étaient très stricts à cause de la pénurie de réactifs, les critères ont été élargis. La Belgique a mené une stratégie très large de testing pour identifier les personnes contaminées, estime le ministre. "Maintenant, le testing est assez bas, mais en septembre/octobre, si on remarque une augmentation des symptômes de grippes, plus de tests seront nécessaires. Nous sommes prêts pour une seconde vague", annonce le ministre qui évalue la capacité maximale disponible par jour de 45.000 tests. De Backer informe que 300.000 tests sérologiques ont déjà été réalisés en Belgique depuis le début de l'épidémie. Même si le débat est vif dans la communauté scientifique sur la durée des anticorps du Covid-19 dans l'organisme, ces tests sérologiques ou "d'immunité" (rapides ou réalisés en laboratoires) restent intéressants pour des études en cours sur l'immunité d'une collectivité donnée. "Les tests ont été sécurisés, un stock stratégique a été constitué", annonce le ministre. Durant l'épidémie, il n'y a jamais eu de problèmes de pénurie de médicaments dans les hôpitaux. "Pendant la pénurie, les stocks étaient très serrés, mais jamais en pénurie ", informe Philippe De Backer. " La liste des médicaments essentiels a été constamment monitorée, le stock a été sécurisé, dans un contexte européen. Des inventaires ont été réalisés jusqu'à la fin de l'année et le début de l'année 2021 en cas de seconde vague." Le ministre ajoute: "Concernant les thérapies d'oxygène, il y a eu un grand débat pendant l'épidémie sur une pénurie mais cela n'a jamais été le cas dans les hôpitaux, bien dans les maisons de repos." Des livraisons en urgence de médicaments sont aussi possibles en prévision d'une seconde vague. "Les achats de médicaments sont faits en fonction d'un 'worst case scenario', on n'est pas optimistes, mais pessimistes dans ce contexte. Des stocks stratégiques sont mis sur pied pour les hôpitaux, toujours dans la prévision d'un second pic épidémique", précise De Backer. La production de médicaments en Belgique a été privilégiée et des restrictions d'exportation de médicaments sont édictées, avec un volume supplémentaire pour le marché belge. Concernant le matériel personnel et médical, le ministre constate que la pénurie de masques, de gants, de blouses... a été flagrante partout dans le monde. Le ministre évoque aussi le problème de la fiabilité des fournisseurs, notamment chinois. La Belgique a dû mettre sur pied un protocole très strict de contrôles des masques et autres matériels de protection. "Nous avons été très transparents sur les contrôles qualité du matériel", estime le ministre qui ne donnera toutefois pas la liste des fournisseurs fiables de masques. Dans un rapport transmis par le ministre, on peut lire: "Les noms des fournisseurs ne sont pas communiqués aussi longtemps que le fonctionnement international du marché est perturbé. Communiquer ces noms pourrait nuire à la position de négociation internationale, parce que ces informations pourraient être utilisées par d'autres acteurs dans le but d'approcher ces fournisseurs. Ce qui pourrait être préjudiciable pour les futures commandes."Philippe De Backer ne voit pas de manque de matériel de protection en vue d'une potentielle recrudescence des contaminations. Le ministre évoque un stock stratégique décentralisé de 87 millions de masques chirurgicaux, plus de 4 millions de tabliers, environ 90.000 protections pour le visage (visières) et plus de 38 millions de gants, pour le personnel soignant. On peut y ajouter le stock fédéral avec environ 200 millions de masques chirurgicaux, plus de 33 millions de FFP2, près de 20 millions de tabliers, un demi-million de visières et près de 2 millions de gants.Par ailleurs, un marché public sera lancé dans les jours à venir pour assurer un stock stratégique de masques produits dans des entreprises belges. Des initiatives ont aussi été lancées ces dernières semaines par des entrepreneurs privés."Nous avons aussi joué le rôle de 'deal maker' et de coordinateur pour les sociétés et les particuliers qui avaient des idées sur la production de matériel". Les masques en textile ne répondant pas aux normes des soins de santé, leur gestion a été laissée aux ministres de la justice Geens et des Affaires Etrangères Goffin, rappelle encore le ministre.