Notre dossier > Cinq pistes pour penser la relance de la Belgique autrement
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Votre entreprise tiendrait-elle le coup, en cas de crise, quelle que soit sa nature? Comment se relèverait-elle ensuite? Pour le savoir, rien de tel qu'un test de résilience qui permettrait aux sociétés, organisations et institutions de vérifier leur résistance aux chocs. Cette piste, évoquée dans le rapport sur la Belgique d'après Covid-19, a retenu l'attention de l'Institut fédéral pour le développement durable, qui a d'ores et déjà commandé une étude de faisabilité à un groupe d'experts coordonné par l'ULB. "Les organes de gestion des entreprises détestent l'incertitude, rappelle Marek Hudon, professeur à la Solvay Brussels School of economics and management de l'ULB et coordonnateur de l'étude sur la Belgique post-Covid. Ils devraient donc être intéressés de connaître les vulnérabilités éventuelles de leur structure et les initiatives à prendre pour les réduire." Notamment via des formations. On sait par exemple qu'une entreprise dans laquelle règne un climat de confiance est davantage à même de traverser une tempête qu'une structure hiérarchisée et autoritaire. Certes, il existe déjà des plans de gestion de crise dans la plupart des grandes entreprises. Mais ces stratégies réactives ne sont pas assez en lien avec ce que l'on appelle les mégatendances, c'est-à-dire les menaces de fond qui planent sur nos sociétés: raréfaction de matières premières, crise financière, changement climatique, migrations dues à la famine, terrorisme, etc. La question de la résilience se pose aussi pour les niveaux de pouvoir: l'économie de telle région va- t-elle mieux résister qu'une autre? Et pourquoi? Ces tests de résilience, dont le contenu n'est pas encore élaboré, devraient permettre aux organisations de se fabriquer un coussin amortisseur de chocs. "Ceux-ci risquent de toute façon de se produire, rappelle Marek Hudon, et l'ignorer, en matière de gestion, serait très dangereux.".