Consensuelles toutes les deux, Madame Bourgeois et Madame Schyns, l'une dans sa question, l'autre dans sa réponse, nous éclairent de leur vision sur les pédagogies actives.

Madame Bourgeois s'appuie sur des témoignages qui convergent vers un constat clair et qui pourrait se résumer par : "c'est génial, mais pas pour tout le monde". Madame la Ministre semble bien d'accord. Elle va même plus loin encore. Dans sa réponse, elle indique que les pédagogies actives, non seulement ne seraient pas faites pour tout le monde, mais seraient davantage invisibles, rendraient la classification des savoirs floue et seul l'enseignement traditionnel serait à même d'être efficace, en particulier avec les enfants en difficultés, du fait de son caractère visible, de sa classification nette des savoirs et du cadrage des interactions. Sur quelles études longitudinales ces vérités s'appuient-elles ? Quelle méthodologie de recherche ? Quel échantillon ? Bref, sur quelle validité scientifique ces hypothèses sont-elles construites ? On l'ignore...

En tant que directrices et directeurs d'école à Pédagogie active, les bras nous en tombent. Non, Madame la Ministre, la classification des savoirs n'est pas floue dans nos écoles. C'est-à-dire qu'elle n'est ni imprécise ni indécise et qu'elle ne manque pas de netteté. Vous allez encore plus loin en évoquant que les interactions entre les élèves font l'objet d'un cadrage faible, renvoyant ainsi à des clichés véhiculés depuis trop d'années sur les pédagogies que nous pratiquons et laissant ainsi l'image d'un joyeux foutoir où les élèves piaillent dans tous les sens tandis que leur professeur, en retrait, les regarde d'un air béat, mais heureux devant l'expression de tant de liberté.

Il serait peut-être temps d'arrêter d'opposer les méthodes, de les réduire à quelques aspects caricaturaux et biaisés... Toute méthode d'enseignement vise à faire apprendre. Les méthodes actives mettent clairement l'accent sur les phases d'apprentissage, de tâtonnements, d'erreurs, d'élaboration. L'évaluation et l'explicitation en font également partie, car elles sont inhérentes à tout apprentissage solidement construit. D'autres méthodes se centrent davantage sur l'évaluation. Dans ces dernières, bien évidemment les phases d'apprentissage sont également présentes. Rien ne sert de les renvoyer continuellement dos à dos.

Nombre de recherches en pédagogie montrent que bien souvent, ce qui fait la différence entre des écoles, c'est le travail collaboratif, la continuité, la cohérence que construisent des équipes pédagogiques. La Communauté française elle-même en a pris acte puisque le travail en équipe est devenu une urgence décrétale. Dans les écoles à pédagogie active que nous dirigeons, ce travail collaboratif, nourri d'échanges, de divergences, de discussions, de prise en compte des cheminements et des

accompagnements singuliers à mettre en place est central. Et réclame du temps, de l'investissement des équipes pédagogiques.

Nous nous réjouissons de voir reconnu cet investissement important de la part des enseignants qui fondent les pédagogies actives... Tout en étant persuadés, une fois de plus, que cet engagement est bel et bien présent également dans des écoles à pédagogie plus transmissives. Nous sommes bien conscients qu'il serait contreproductif de vouloir imposer les pédagogies actives à toute la Fédération Wallonie-Bruxelles, mais nous pensons que ce serait une erreur de ne pas prendre en compte les apports indéniables de nos pédagogies pour la concrétisation des objectifs du Pacte. Pour l'instant, nous restons inquiets.

Madame la Ministre, pour éviter dorénavant les clichés malheureux, nous nous faisons un plaisir de vous inviter dans ces écoles à pédagogie active. Madame Bourgeois, vous êtes la bienvenue également.

Alice Caraël (Ecole en Couleurs), Amandine Tuerlinckx (De l'Autre Côté de l'École), Cédric Pinchart (l'École Active), Charles Sohet (Singelijn Secondaire), Dominique Paquot (Singelijn Primaire), Fabienne Janssens (Nos Enfants), Frédéric Moyson (Ecole hamaïde), Grégoire Louveaux (l'Autre École), Hélène Gutt (École Decroly), Laurence Dufrane (la petite école des Bruyères), Marc Charlier (Ecole Decroly), Marc Guiot (l'École des Bruyères), Nicolas Maron (École Ouverte), Rémy Van de Moosdyk (École Plein Air)

Consensuelles toutes les deux, Madame Bourgeois et Madame Schyns, l'une dans sa question, l'autre dans sa réponse, nous éclairent de leur vision sur les pédagogies actives. Madame Bourgeois s'appuie sur des témoignages qui convergent vers un constat clair et qui pourrait se résumer par : "c'est génial, mais pas pour tout le monde". Madame la Ministre semble bien d'accord. Elle va même plus loin encore. Dans sa réponse, elle indique que les pédagogies actives, non seulement ne seraient pas faites pour tout le monde, mais seraient davantage invisibles, rendraient la classification des savoirs floue et seul l'enseignement traditionnel serait à même d'être efficace, en particulier avec les enfants en difficultés, du fait de son caractère visible, de sa classification nette des savoirs et du cadrage des interactions. Sur quelles études longitudinales ces vérités s'appuient-elles ? Quelle méthodologie de recherche ? Quel échantillon ? Bref, sur quelle validité scientifique ces hypothèses sont-elles construites ? On l'ignore... En tant que directrices et directeurs d'école à Pédagogie active, les bras nous en tombent. Non, Madame la Ministre, la classification des savoirs n'est pas floue dans nos écoles. C'est-à-dire qu'elle n'est ni imprécise ni indécise et qu'elle ne manque pas de netteté. Vous allez encore plus loin en évoquant que les interactions entre les élèves font l'objet d'un cadrage faible, renvoyant ainsi à des clichés véhiculés depuis trop d'années sur les pédagogies que nous pratiquons et laissant ainsi l'image d'un joyeux foutoir où les élèves piaillent dans tous les sens tandis que leur professeur, en retrait, les regarde d'un air béat, mais heureux devant l'expression de tant de liberté. Il serait peut-être temps d'arrêter d'opposer les méthodes, de les réduire à quelques aspects caricaturaux et biaisés... Toute méthode d'enseignement vise à faire apprendre. Les méthodes actives mettent clairement l'accent sur les phases d'apprentissage, de tâtonnements, d'erreurs, d'élaboration. L'évaluation et l'explicitation en font également partie, car elles sont inhérentes à tout apprentissage solidement construit. D'autres méthodes se centrent davantage sur l'évaluation. Dans ces dernières, bien évidemment les phases d'apprentissage sont également présentes. Rien ne sert de les renvoyer continuellement dos à dos. Nombre de recherches en pédagogie montrent que bien souvent, ce qui fait la différence entre des écoles, c'est le travail collaboratif, la continuité, la cohérence que construisent des équipes pédagogiques. La Communauté française elle-même en a pris acte puisque le travail en équipe est devenu une urgence décrétale. Dans les écoles à pédagogie active que nous dirigeons, ce travail collaboratif, nourri d'échanges, de divergences, de discussions, de prise en compte des cheminements et des accompagnements singuliers à mettre en place est central. Et réclame du temps, de l'investissement des équipes pédagogiques. Nous nous réjouissons de voir reconnu cet investissement important de la part des enseignants qui fondent les pédagogies actives... Tout en étant persuadés, une fois de plus, que cet engagement est bel et bien présent également dans des écoles à pédagogie plus transmissives. Nous sommes bien conscients qu'il serait contreproductif de vouloir imposer les pédagogies actives à toute la Fédération Wallonie-Bruxelles, mais nous pensons que ce serait une erreur de ne pas prendre en compte les apports indéniables de nos pédagogies pour la concrétisation des objectifs du Pacte. Pour l'instant, nous restons inquiets. Madame la Ministre, pour éviter dorénavant les clichés malheureux, nous nous faisons un plaisir de vous inviter dans ces écoles à pédagogie active. Madame Bourgeois, vous êtes la bienvenue également. Alice Caraël (Ecole en Couleurs), Amandine Tuerlinckx (De l'Autre Côté de l'École), Cédric Pinchart (l'École Active), Charles Sohet (Singelijn Secondaire), Dominique Paquot (Singelijn Primaire), Fabienne Janssens (Nos Enfants), Frédéric Moyson (Ecole hamaïde), Grégoire Louveaux (l'Autre École), Hélène Gutt (École Decroly), Laurence Dufrane (la petite école des Bruyères), Marc Charlier (Ecole Decroly), Marc Guiot (l'École des Bruyères), Nicolas Maron (École Ouverte), Rémy Van de Moosdyk (École Plein Air)