Le gouvernement néerlandais du libéral Mark Rutte a remsi sa démission ce vendredi. Peu de citoyens hollandais étaient pourtant favorables à cette idée en plein crise sanitaire de la Covid: 8% d'entre eux seulement, selon un sondage, le souhaitaient. Et ce n'est d'ailleurs pas la gestion de ladite crise sanitaire qui a contraint la majoirité à jeter l'éponge, deux mois avant les élections législatives.
...

Le gouvernement néerlandais du libéral Mark Rutte a remsi sa démission ce vendredi. Peu de citoyens hollandais étaient pourtant favorables à cette idée en plein crise sanitaire de la Covid: 8% d'entre eux seulement, selon un sondage, le souhaitaient. Et ce n'est d'ailleurs pas la gestion de ladite crise sanitaire qui a contraint la majoirité à jeter l'éponge, deux mois avant les élections législatives.Cette décision fait suite à l'affaire dite des allocations ("toeslagenaffaire"), qui a fragilisé la majorité. Plusieurs milliers de familles ont été accusées à tort de fraude aux allocations, familiales notamment, entre 2013 et 2019 au moins. Selon le rapport d'une commission d'enquête parlementaire publié en décembre, des fonctionnaires ont mis fin à ces allocations, avant de les contraindre à restituer de façon rétroactive celles perçues sur plusieurs années, soit dans certains cas des dizaines de milliers d'euros. Pour y arriver, l'administration n'avait pas hésité à cibler en priorité les familles ayant la double nationalité. Un "profilage ethnique" inacceptable.C'est le second gouvernement européen à connaître une semaine agitée. En Italie, l'équipe gouvernementale de Giuseppe Conte a lui aussi été traversé par des convulsions en raison du comportement de l'ancien Premier ministre Matteo Renzi, qui a menacé de tirer la prise avec son désormais petit parti Italia Viva (3% des intentions de vote) . Il a présenté la démission de ses deux ministres et accusé de façon virulente son partenaire, l'accusant d'immobilisme ou d'avoir l'inention de pendre les pleins pouvoirs. Depuis, la péninsule regarde avec incrédulité ces tractations politiques en pleine pandémie: un Italien sur deux, selon un sondage, ne comprend pas cette tempête politique. Les éditorialistes, eux, rappellent les records d'instabilité connus dans la péninsule.Bientôt, et sans que l'épidémie n'en soit la cause mais peut-être un symptôme, d'autres pays pourraient connaître des secousses, dont les deux principaux pays qui constituent le moteur de l'Union. En Allemagne, la succession d'Angela Merkel s'annonce périlleuse, tant le poids de la chancelière est important dans le pays et sur le continent. Son parti, la CDU, se réunit ce week-end en congrès pour baliser l'après-Merkel: trois candidats se présentent, tous des hommes, tous originaires de l'Ouest. Fort de la bonne gestion de la pandémie, jusqu'ici, la CDU devrait remporter haut la main les législatives de la fin de l'année, mais le contexte sanitaire est plus délicat et l'absence de la chancelière pourrait peser lourd.En France, on ne parle des élections présidentielles que d'ici mai 2022, mais La République en marche d'Emmanuel Macron s'essoufle et le président français a déjà laissé entendre qu'il pourrait ne pas se présenter. Du bluff, sans doute, mais les tensions politiques sont fortes chez nos voisins et l'éclatement des forces en présence important, le tout sous la menance permanente de l'extrême droite.A ce rythme, on finirait presque par se réjouir de la stabilité de la Vivaldi en Belgique, dont le fleuve tranquille n'est secoué que par quelques incartades du MR, de temps à autre...