Dans son numéro du 25 août, Le Vif/L'Express révélait que le juge Michel Claise s'intéresse désormais à la piste du blanchiment dans le dossier Kubla. L'ancien bourgmestre de Waterloo, déjà poursuivi pour corruption d'un ancien ministre congolais avec les dirigeants du groupe Duferco, a été une nouvelle fois interrogé, fin juin dernier. En cause, des informations provenant du Luxembourg et de Suisse sur un compte ouvert auprès d'une banque genevoise. Un compte que Serge Kubla aurait vidé en 2013, en effectuant plusieurs retraits d'argent liquide.
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Dans son numéro du 25 août, Le Vif/L'Express révélait que le juge Michel Claise s'intéresse désormais à la piste du blanchiment dans le dossier Kubla. L'ancien bourgmestre de Waterloo, déjà poursuivi pour corruption d'un ancien ministre congolais avec les dirigeants du groupe Duferco, a été une nouvelle fois interrogé, fin juin dernier. En cause, des informations provenant du Luxembourg et de Suisse sur un compte ouvert auprès d'une banque genevoise. Un compte que Serge Kubla aurait vidé en 2013, en effectuant plusieurs retraits d'argent liquide. Ce qui intrigue, c'est la date à laquelle ce compte a été ouvert : 1997. Jusqu'ici, l'ancien ministre libéral a reconnu avoir été payé par Duferco, via une société maltaise, pour un travail de consultant en Afrique entre 2009 et 2015. Mais avant cela ? A-t-il touché d'autres émoluments de Duferco pour d'autres services rendus ? On sait qu'il a été ministre wallon de l'Economie de juillet 1999 à juillet 2004. On sait également que c'est en 1997 que le sidérurgiste italien a débarqué en Wallonie pour assurer la reconversion de plusieurs sites industriels. Mais, en 1997, Serge Kubla, lui, n'est politiquement " rien " ou presque. Il siège au parlement wallon, dans l'opposition libérale à un exécutif PS-PSC. Il n'exerce aucune responsabilité pouvant intéresser un géant comme Duferco et rien ne laisse présager que les libéraux seront au gouvernement deux ans plus tard. Par contre, en 1997, Kubla est bourgmestre de Waterloo et voisin de Patokh Chodiev, à l'avenue du Manoir. Le 16 mai de cette année-là, il écrit une lettre de recommandation insistante au président de la commission de naturalisation de la Chambre, Claude Eerdekens (PS), en faveur du milliardaire kazakh, qui veut à tout prix devenir belge. La commission donnera un avis favorable, dix jours plus tard. Kubla réécrira à Eerdekens pour l'épouse de Chodiev, qui bénéficiera par ailleurs d'un rapport de police favorable rédigé de la main même - c'est exceptionnel - du commissaire en chef de Waterloo, contredisant un premier rapport signé par un agent de quartier. On sait que Kubla a obtenu gratuitement de son voisin une servitude de passage entre leurs deux maisons, actée devant notaire fin 1996. Et c'est justement en 1997 que le compte suisse est ouvert. Coïncidence ? Dans le dossier judiciaire Tractebel, nous avons découvert un document de la Sûreté de l'Etat (A6/R199.00907/381), datant du 7 juillet 1999, dont la source est l'ancienne gendarmerie (BSR) de Bruxelles qui enquêtait déjà sur le trio kazakh. " Il nous a été dit que les autorités kazakhes posséderaient des preuves de versements de fonds de Monsieur Chodiev en faveur de Monsieur Kubla, le bourgmestre de Waterloo ", lit-on dans ce document qui évoque Tractebel et le Kazakhstan. Devant la commission d'enquête parlementaire sur le Kazakhgate, en mars dernier, Kubla a affirmé n'avoir jamais rien reçu de Chodiev, sauf une bouteille de champagne au Nouvel An. Son actuel avocat, Denis Bosquet, nous déclare ne rien connaître de ces éléments qui, de toute façon, ne font actuellement pas partie de l'instruction judiciaire. Mais l'enquête n'est pas terminée.