Choses promise, chose due. Le 17 mars dernier, au moment de recevoir la confiance de neuf partis pour gérer la crise du coronavirus, la Premier ministre, Sophie Wilmès (MR), avait promis de revenir six mois plus tard redemander la confiance, si aucun gouvernement de plein exercice n'était mis en place à cette date. Le 17 septembre, donc... Elle se présentera bel et bien ce jeudi après-midi en séance plénière.
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Choses promise, chose due. Le 17 mars dernier, au moment de recevoir la confiance de neuf partis pour gérer la crise du coronavirus, la Premier ministre, Sophie Wilmès (MR), avait promis de revenir six mois plus tard redemander la confiance, si aucun gouvernement de plein exercice n'était mis en place à cette date. Le 17 septembre, donc... Elle se présentera bel et bien ce jeudi après-midi en séance plénière. Il n'y a pas de gouvernement, mais les partis de la future Vivaldi (socialistes, libéraux, écologistes et CD&V) prolongeront son équipe minoritaire jusqu'au 1er octobre. "Le Parlement décidera à une majorité de ses députés s'il partage cette volonté", disait-elle. Vu qu'une majorité parlementaire négocie un futur gouvernement majoritaire, il n'y aura pas de suspens.Ce moment symbolique risque toutefois de faire du bruit dans l'hémicycle, surtout en néerlandais.La séance plénière de ce jeudi sera une étape de montagne symbolique pour la Première ministre, Sophie Wilmès, ou une (dernière ?) occasion de montrer sa combativité. Les députés Barbara Pas (Vlaams Belang), Peter De Roover (N-VA), Catherine Fonck (CDH) et Raoul Hedebouw (PTB) interviendront à tour de rôle pour interpeller la libérale au sujet de "la promesse de la première ministre de demander la confiance de La Chambre". Leurs arguments? Quoi qu'elle en dise, Sophie Wilmès foule du pied l'engagement qu'elle avait pris de redemander la confiance au parlement. Si elle est accordée pour deux semaines supplémentaires par les futurs partenaires de la Vivaldi, ce sera une pantalonnade de plus, selon ces partis. Pour eux, l'issue aurait dû être toute autre: une démission de la libérale, un passage par le palais et des élections anticipées..L'opposition flamande devrait en outre donner une idée de la tonalité qui sera celle des débats parlementaires de la future législature en dénonçant un gouvernement "non démocratique" car ne respectant pas le souhait des électeurs flamands, qui ont voté à droit et nationaliste. Les partis du gouvernement fédéral rétorqueront qu'ils prennent leurs responsabilités, eux, et qu'ils entendent donner un avenir au pays.Le scenario est connu, mais il risqué de faire du bruit. La pression sera en outre plus intense sur un parti comme le CD&V, qui reste divisé sur sa participation à la Vivaldi. La N-VA présente les sociaux-chrétiens comme "la cinquième roue du carrosse Vivaldi". "C'est toujours dangereux d'aller dans un gouvernement dans lequel on n'est pas nécessaire, soulignait Theo Francken ce matin sur Bel RTL. Ce sera un gouvernement belgicain est de gauche. Alors que le CD&V veut un gouvernement de droite et flamand. Il y a beaucoup de membres qui CD&V qui ont des doutes ou qui sont contre."L'argument porte. Pieter De Crem, actuel ministre de l'Intérieur, affirme à la presse flamande: "Si les partis violets-verts souhaitent partir seuls, ils le peuvent. Nous sommes mathématiquement superflus. Mon expérience m'a appris que cela signifie que nous n'allons jouer aucun rôle." Et de regretter: "Si nous rejoignons la Vivaldi, l'opposition sera majoritaire." Il ajoute encore que son parti n'a reçu aucune garantie et que la note des préformateurs ressemble à une note... d'Ecolo-Groen. Ambiance au sein des futurs partenaires. Bien sûr, Pieter De Crem a déjà annoncé lui-même qu'il ne serait plus ministre, mais il représente une tendance de fond au sein du parti social-chrétien flamand, incarnée par ses bourgmestres et son aile droite. Wouter Beke, ancien président et ministre flamand, souligne pour sa part que le CD&V est précisément là pour empêcher un arc-en-ciel trop à gauche: "Le but n'est pas de monter dans un projet concocté par les six autres partis".Et si le CD&V éclatait en deux?Pour désamorcer la bombe, les sept négociateurs se sont finalement entendus pour renvoyer le dossier de la réforme de l'IVG en commission justice de la Chambre. L'information, révélée mercredi par LN24, confirme que ce point extrêmement sensible pour le CD&V sera géré par les présidents de la Vivaldi, même si le travail sera officiellement mené au parlement. Suffisant pour rassurer un CD&V extrêmement fébrile?On connaît le déroulement depuis la mi-mars et la promesse faite par Sophie Wilmès devant la Chambre: la terrible épidémie et son bilan proche des dix mille décès, la gestion sérieuse et laborieuse du double duo experts-politiques fédéral-Régions. Pendant ce temps, le dialogue N-VA / PS a enfin vu le jour avant d'être laminé par un communiqué commun signé par les libéraux et es écologistes, inquiets pour l'avenir du pays. Jusqu'à cette négociation dantesque d'une Vivaldi déjà essayée à l'automne dernier, avec des discussions laborieuses freinées dans la dernière ligne droite par la contamination de l'un des préformateurs, Egbert Lachaert (Open VLD), au coronavirus.Le duo de préformateurs Lachaert - Rousseau (SP.A) doit rendre son rapport final lundi 21 septembre, pour céder la main à un formateur.trice. Il subsiste encore bien des points de blocage et un désaccord majeur sur le nom du ou de la future Premier.ère. Pour tenter de s'accorder à ce sujet, les sept présidents de parti doivent reprendre leur rencontre en présentiel ce vendredi 18 septembre. C'est un contre-la-montre décisif, digne du Tour de France.En attendant, la Chambre va se transformer en cirque le temps d'un après-midi.