Nous insistons depuis les premiers jours, dès le lendemain du meurtre, pour que les responsabilités politiques d'abord, judicaires ensuite ne soient pas escamotées lors du procès en désignant de faux coupables, boucs émissaires tout trouvés. Le journaliste Michel Bouffioux a de son côté largement restitué les zones d'ombres du dossier, les mensonges de certains policiers relayés par le parquet, les diverses coalitions de fonctionnaires ainsi que les opérations de filatures transfrontalières dans lesquelles cette terrible course-poursuite s'est inscrite dans la nuit du 16 au 17 mai 2018.

Nous avons suivi les différentes audiences de ce procès éclaté entre Liège et Mons et serons présent-e-s ce vendredi 12 février pour entendre le rendu du jugement à Mons.

Nous pouvons déjà dire que :

1) le "meurtre par dol éventuel" contre le policier semble avoir été suffisamment établi lors des audiences ; et ce même si un procès en Assises aurait permis d'établir davantage les différentes responsabilités dans les faits qui se sont déroulés cette nuit-là ;

2) les avocats des deux jeunes kurdes irakiens - poursuivis à Liège comme à Mons comme co-auteurs du meurtre - ont clairement montré qu'il n'existait pas de charges suffisantes permettant de les inculper, ni en tant que "trafiquants d'êtres humains" ni en tant qu'auteurs du meurtre de Mawda. Ils devraient donc logiquement être acquittés. Les périodes de détention préventive subies indûment pour un motif inexistant constitueraient alors un préjudice qu'il faudra réparer.

Ni à Liège (volet "trafic des êtres humains") ni à Mons (volet "incident de tir") n'a pu être instruite la cascade des responsabilités politiques et judicaires ayant conduit et tenté de couvrir ce meurtre d'Etat. Ni les responsables des opérations de filature transfrontalière (Opération Hermès/Pêche-Melba), ni les responsables des opérations Medusa, ni les responsables (policiers, magistrats, responsables hiérarchiques, procureurs, etc.) des entraves à l'établissement de la vérité judicaire n'ont été entendus. En cause, entre Mons et Liège, deux procès aux responsabilités diluées, menés sur base d'instructions qui se sont exclusivement limitées, de la part du Parquet et des juges d'instruction, à n'inculper, du côté de l'Etat, que le dernier acteur d'une chaîne de traque aux migrants, à savoir le policier qui de fait a commis le geste fatal à Mawda.

A l'issue du procès, tant les responsabilités politiques des différents ministres de l'Intérieur qui ont mis en place, conduit et renforcé ces opérations de chasse aux migrants, que celles des instigateurs des opérations de démantèlement de "filières" menées par les parquets de Gand et de Dunkerque (et dans lesquels trop de migrants trouvent la mort), et du parquet de Mons resteront (encore) à établir. Or le ministère public, les avocats des parties civiles, du policier et des kurdes irakiens n'ont cessé tout au long des audiences, à Mons comme à Liège, de pointer ces différentes responsabilités comme ayant été la cause principale de ce drame. Comme cela a été fait lors de l'assassinat de Semira Adamu, il est temps pour le Parlement de prendre ses responsabilités en mettant, enfin, en place une commission d'enquête.

Nous appelons les citoyen-ne-s interpellé-e-s par les conséquences criminelles des politiques de chasse aux migrants menées par nos gouvernements à nous rejoindre, ce vendredi 12 février à 12h, devant les marches du palais de Justice de Mons (rue de Nimy, 35), dans le respect des mesures sanitaires en vigueur.

D'ici là, n'hésitez pas à signer et partager la pétition pour une commission d'enquête parlementaire .

FGTB Wallonne, Groupe Montois de Soutien aux Sans-Papiers, Comité Mawda - Justice et Vérité, JOC Mons Borinage, Le Théâtre des Rues, Le Village du Monde, Gauche Anticapitaliste, Nouvelle Voie Anti-coloniale, Campagne Stop Répression, JOC, Bruxelles Panthères, Cepag

Nous insistons depuis les premiers jours, dès le lendemain du meurtre, pour que les responsabilités politiques d'abord, judicaires ensuite ne soient pas escamotées lors du procès en désignant de faux coupables, boucs émissaires tout trouvés. Le journaliste Michel Bouffioux a de son côté largement restitué les zones d'ombres du dossier, les mensonges de certains policiers relayés par le parquet, les diverses coalitions de fonctionnaires ainsi que les opérations de filatures transfrontalières dans lesquelles cette terrible course-poursuite s'est inscrite dans la nuit du 16 au 17 mai 2018. Nous avons suivi les différentes audiences de ce procès éclaté entre Liège et Mons et serons présent-e-s ce vendredi 12 février pour entendre le rendu du jugement à Mons.Nous pouvons déjà dire que :1) le "meurtre par dol éventuel" contre le policier semble avoir été suffisamment établi lors des audiences ; et ce même si un procès en Assises aurait permis d'établir davantage les différentes responsabilités dans les faits qui se sont déroulés cette nuit-là ; 2) les avocats des deux jeunes kurdes irakiens - poursuivis à Liège comme à Mons comme co-auteurs du meurtre - ont clairement montré qu'il n'existait pas de charges suffisantes permettant de les inculper, ni en tant que "trafiquants d'êtres humains" ni en tant qu'auteurs du meurtre de Mawda. Ils devraient donc logiquement être acquittés. Les périodes de détention préventive subies indûment pour un motif inexistant constitueraient alors un préjudice qu'il faudra réparer.Ni à Liège (volet "trafic des êtres humains") ni à Mons (volet "incident de tir") n'a pu être instruite la cascade des responsabilités politiques et judicaires ayant conduit et tenté de couvrir ce meurtre d'Etat. Ni les responsables des opérations de filature transfrontalière (Opération Hermès/Pêche-Melba), ni les responsables des opérations Medusa, ni les responsables (policiers, magistrats, responsables hiérarchiques, procureurs, etc.) des entraves à l'établissement de la vérité judicaire n'ont été entendus. En cause, entre Mons et Liège, deux procès aux responsabilités diluées, menés sur base d'instructions qui se sont exclusivement limitées, de la part du Parquet et des juges d'instruction, à n'inculper, du côté de l'Etat, que le dernier acteur d'une chaîne de traque aux migrants, à savoir le policier qui de fait a commis le geste fatal à Mawda.A l'issue du procès, tant les responsabilités politiques des différents ministres de l'Intérieur qui ont mis en place, conduit et renforcé ces opérations de chasse aux migrants, que celles des instigateurs des opérations de démantèlement de "filières" menées par les parquets de Gand et de Dunkerque (et dans lesquels trop de migrants trouvent la mort), et du parquet de Mons resteront (encore) à établir. Or le ministère public, les avocats des parties civiles, du policier et des kurdes irakiens n'ont cessé tout au long des audiences, à Mons comme à Liège, de pointer ces différentes responsabilités comme ayant été la cause principale de ce drame. Comme cela a été fait lors de l'assassinat de Semira Adamu, il est temps pour le Parlement de prendre ses responsabilités en mettant, enfin, en place une commission d'enquête. Nous appelons les citoyen-ne-s interpellé-e-s par les conséquences criminelles des politiques de chasse aux migrants menées par nos gouvernements à nous rejoindre, ce vendredi 12 février à 12h, devant les marches du palais de Justice de Mons (rue de Nimy, 35), dans le respect des mesures sanitaires en vigueur.D'ici là, n'hésitez pas à signer et partager la pétition pour une commission d'enquête parlementaire .FGTB Wallonne, Groupe Montois de Soutien aux Sans-Papiers, Comité Mawda - Justice et Vérité, JOC Mons Borinage, Le Théâtre des Rues, Le Village du Monde, Gauche Anticapitaliste, Nouvelle Voie Anti-coloniale, Campagne Stop Répression, JOC, Bruxelles Panthères, Cepag