"Parler vrai", "dire la vérité", voilà des expressions qu'on entend souvent dans la bouche des politiques, surtout pendant la campagne, pour s'attirer la confiance des électeurs. Cette promesse de vérité, contre la langue de bois, ne date pas d'aujourd'hui. "Parler vrai" était déjà le titre célèbre d'un livre de Michel Rocard, en France, pendant la campagne de Mitterrand en 1981. Pour le leader socialiste, il fallait dire "la vérité aux Français !".

Le soir des élections, le "parler vrai" n'est souvent plus de mise. Cela s'est vérifié ce 26 mai, particulièrement chez les leaders francophones. Premier à faire une déclaration devant ses troupes, le président de la N-VA Bart De Wever avait pourtant montré un bel exemple de sincérité en reconnaissant d'emblée sa défaite et félicitant le Vlaams Belang pour son score. Il est vrai que les nationalistes flamands ont perdu 8 sièges au Parlement fédéral et autant dans l'hémicycle flamand. De Wever s'est réjoui, ensuite, de voir son parti conserver, malgré tout, la première place dans les deux assemblées.

Côté francophone, le principal constat du scrutin de dimanche est le lourd tassement des partis traditionnels. Mais aucun président de ces partis n'a reconnu sa défaite. "Les résultats indiquent un réel succès du PS", s'est presque étranglé Elio Di Rupo, devant le parterre rouge de ses militants. Avant d'ajouter : "Le succès du parti socialiste témoigne du désir de changement d'une large part de la population." Le changement s'est traduit en une perte importante de siège dans les différentes assemblées du pays : le PS en a perdu 3 à la Chambre, 4 à Bruxelles et 7 en Wallonie. Pour le président Di Rupo, c'est néanmoins un triomphe...

Même aveuglement côté MR, dont le président Charles Michel, entouré de ses principaux ténors, s'est réjoui des résultats de son parti en Wallonie et à Bruxelles. "Nous sommes un parti responsable, solide et robuste, nous l'avons démontré ce soir", a-t-il jovialement scandé, sans la moindre nuance, avant de souligner : "Nous avons fait face à une opposition rude. Cinq années plus tard, les électeurs nous renouvellent leur confiance". Une confiance qui s'est traduite par la perte de 5 siège à Bruxelles, 5 en Wallonie et 6 à la Chambre. Beau succès !

Au CDH, Maxime Prevot a, lui aussi, adopté la méthode Coué. Largement dépassé par le PTB partout, il perd 4 sièges à la Chambre, 3 au parlement wallon et 3 (soit la moitié) au parlement bruxellois. Un échec ? "Je ne suis pas déçu des résultats du CDH qui sont meilleurs qu'annoncés dans les sondages", a souri le président des humanistes, sans faire de mea culpa. Certes, le CDH n'a pas (encore) disparu du paysage parlementaire. Mais de là à se montrer satisfait sans reconnaître ses torts...

Bref, Bart De Wever aura, ce dimanche soir, donné une belle leçon de "parler vrai" aux ténors des partis francophones traditionnels. Il a bien compris que cette attente des citoyens-électeurs est plus prégnante que jamais. De manière générale, le "parler vrai" en politique n'est peut-être qu'une illusion de renouvellement du discours, mais ce 26 mai, les présidents francophones ont manqué une fameuse occasion d'en profiter, en gardant leur vieux réflexe de langue de bois qui passe de plus en plus mal auprès de l'opinion. Un vrai échec.

"Parler vrai", "dire la vérité", voilà des expressions qu'on entend souvent dans la bouche des politiques, surtout pendant la campagne, pour s'attirer la confiance des électeurs. Cette promesse de vérité, contre la langue de bois, ne date pas d'aujourd'hui. "Parler vrai" était déjà le titre célèbre d'un livre de Michel Rocard, en France, pendant la campagne de Mitterrand en 1981. Pour le leader socialiste, il fallait dire "la vérité aux Français !". Le soir des élections, le "parler vrai" n'est souvent plus de mise. Cela s'est vérifié ce 26 mai, particulièrement chez les leaders francophones. Premier à faire une déclaration devant ses troupes, le président de la N-VA Bart De Wever avait pourtant montré un bel exemple de sincérité en reconnaissant d'emblée sa défaite et félicitant le Vlaams Belang pour son score. Il est vrai que les nationalistes flamands ont perdu 8 sièges au Parlement fédéral et autant dans l'hémicycle flamand. De Wever s'est réjoui, ensuite, de voir son parti conserver, malgré tout, la première place dans les deux assemblées. Côté francophone, le principal constat du scrutin de dimanche est le lourd tassement des partis traditionnels. Mais aucun président de ces partis n'a reconnu sa défaite. "Les résultats indiquent un réel succès du PS", s'est presque étranglé Elio Di Rupo, devant le parterre rouge de ses militants. Avant d'ajouter : "Le succès du parti socialiste témoigne du désir de changement d'une large part de la population." Le changement s'est traduit en une perte importante de siège dans les différentes assemblées du pays : le PS en a perdu 3 à la Chambre, 4 à Bruxelles et 7 en Wallonie. Pour le président Di Rupo, c'est néanmoins un triomphe...Même aveuglement côté MR, dont le président Charles Michel, entouré de ses principaux ténors, s'est réjoui des résultats de son parti en Wallonie et à Bruxelles. "Nous sommes un parti responsable, solide et robuste, nous l'avons démontré ce soir", a-t-il jovialement scandé, sans la moindre nuance, avant de souligner : "Nous avons fait face à une opposition rude. Cinq années plus tard, les électeurs nous renouvellent leur confiance". Une confiance qui s'est traduite par la perte de 5 siège à Bruxelles, 5 en Wallonie et 6 à la Chambre. Beau succès !Au CDH, Maxime Prevot a, lui aussi, adopté la méthode Coué. Largement dépassé par le PTB partout, il perd 4 sièges à la Chambre, 3 au parlement wallon et 3 (soit la moitié) au parlement bruxellois. Un échec ? "Je ne suis pas déçu des résultats du CDH qui sont meilleurs qu'annoncés dans les sondages", a souri le président des humanistes, sans faire de mea culpa. Certes, le CDH n'a pas (encore) disparu du paysage parlementaire. Mais de là à se montrer satisfait sans reconnaître ses torts... Bref, Bart De Wever aura, ce dimanche soir, donné une belle leçon de "parler vrai" aux ténors des partis francophones traditionnels. Il a bien compris que cette attente des citoyens-électeurs est plus prégnante que jamais. De manière générale, le "parler vrai" en politique n'est peut-être qu'une illusion de renouvellement du discours, mais ce 26 mai, les présidents francophones ont manqué une fameuse occasion d'en profiter, en gardant leur vieux réflexe de langue de bois qui passe de plus en plus mal auprès de l'opinion. Un vrai échec.