Il aurait bien voulu venir en maillot comme il avait inauguré la piscine du Grand Large à Mons il y a tout juste 10 ans, mais c'est en costume papillon que le ministre-président wallon Elio Di Rupo (PS) a inauguré, ce mercredi 9 juin, le nouveau complexe sportif et récréatif aquatique Plopsaqua Hannut-Landen, aux côtés de son homologue flamand Jan Jambon.
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Il aurait bien voulu venir en maillot comme il avait inauguré la piscine du Grand Large à Mons il y a tout juste 10 ans, mais c'est en costume papillon que le ministre-président wallon Elio Di Rupo (PS) a inauguré, ce mercredi 9 juin, le nouveau complexe sportif et récréatif aquatique Plopsaqua Hannut-Landen, aux côtés de son homologue flamand Jan Jambon. L'inauguration a été repoussée de plus de 6 mois à cause des mesures sanitaires. Le complexe ouvre ses portes au grand public en ce jour de déconfinement. Jusqu'à présent, seule la partie sportive était réservée aux habitants des communes de Hannut et de Landen.A l'origine de cette collaboration inédite entre une commune wallonne, Hannut en Province de Liège, et flamande, Landen en Brabant flamand: deux piscines municipales qui ont fait leur temps. Vient alors l'idée de la part des deux bourgmestres de chaque côté de la frontière linguistique, Emmanuel Douette (Hannut) et Giro Debroux (Landen), de solliciter un acteur privé - le groupe flamand Plopsa - pour construire ensemble une toute nouvelle piscine publique qui sera construite à cheval sur les deux Régions. Une situation originale 100% belge que n'a pas manqué de souligner le ministre-président flamand Jan Jambon (N-VA): le début du parking, coupé en deux par la frontière linguistique, est situé en Région Flamande, le bâtiment est en Région Wallonne. Les bourgmestres des deux communes ont tenu, pour leur part, à souligner leur "collaboration fructueuse".Le complexe aquatique de près de 5.000 mètres carrés est 1,5 fois plus grand que celui de Plopaqua à La Panne, c'est le plus grand du Benelux. Il peut accueillir 1.200 personnes en pleine capacité. A cause des règles Covid actuelles, l'accès est uniquement sur réservation avec des shifts d'environ 500 personnes à la fois. Dans quelques semaines, il pourrait y avoir trois fois plus de visiteurs simultanément.Erigé en à peine deux ans avec pas moins de 25 millions d'euros injectés par Plopsa Group, le parc aquatique a la particularité d'être divisé en deux parties. L'une, récréative construite autour des personnages populaires de Studio100 (Bumba, Maya L'Abeille,...) , ravira petits et plus grands avec bassin à vagues, toboggans, rivière sauvage, canons à eau...s'ajoutent à cela un sauna de 20 personnes, une piscine et un solarium extérieur, ou encore, des bains bulles.Une autre partie purement sportive comprenant deux bassins, l'un de 25 mètres avec 8 couloirs de nage, l'autre d'apprentissage de 4 couloirs, accueille les clubs et les écoles ainsi que les nageurs individuels. "Nous participons à hauteur de 400.000 euros pour pouvoir occuper des bassins sportifs et d'apprentissage que nous avons imposés dans le complexe. On table sur plus de 120.000 élèves ici annuellement pour les communes d'Hannut et Landen", explique Emmanuel Douette.Le complexe se veut écologique en se dotant de technologies qui visent à optimaliser la qualité de l'eau. Il a sa propre station d'épuration d'eau. Des panneaux solaires ont aussi été installés.On regrettera toutefois le peu de transparence de l'offre tarifaire proposée par le groupe Plopsa. Si une entrée très avantageuse a été négociée dès le début du projet par les autorités communales pour les habitants, les clubs sportifs et les écoliers de Hannut et de Landen (3 euros par habitant, 1,5 euro par écolier), des riverains des communes limitrophes - dont les piscines sont désormais condamnées - déplorent le trop grand écart entre ce tarif préférentiel et le prix grand public de 22,50 euros l'entrée unique. "Payer plus de 20 euros et 10 euros de parking pour faire une heure de longueurs, c'est cher !", commente une internaute sur la page Facebook du complexe aquatique. Le bourgmestre de Hannut, Emmanuel Douette, répond aux critiques : " Nous avons calculé le nombre de personnes extérieures à notre commune qui venaient nager dans notre ancienne piscine. Nous nous sommes rendu compte qu'elles prenaient généralement un abonnement annuel. Cette formule a été calculée à Plopsaqua Hannut-Landen pour offrir des prix équivalents à ceux pratiqués dans les anciennes piscines communales (NDLR: 135 euros pour l'accès illimité et le parking)". Les nageurs réguliers qui ne désirent pas profiter de la partie récréative devraient donc s'y retrouver financièrement. Reste à voir si le côté assez bruyant du bassin à vagues (avec simulation visuelle et sonore de tonnerres et d'éclairs) et des autres joyeusetés aquatiques situées à quelques mètres du bassin sportif, sans séparation, ne dérangera pas trop les nageurs qui avaient l'habitude de faire leurs longueurs dans le calme. Interrogée avant de faire trempette, une nageuse hannutoise témoigne : "C'est la première fois que je viens alors que la partie récréative est ouverte, je ne peux donc pas vous dire si cela sera bruyant ou pas mais j'ai bien peur que oui". Elle ajoute : "On doit encore trouver nos repères, on ne sait pas trop quelle sera notre place entre les plages horaires des clubs sportifs et des écoles." Un autre nageur nous confie qu'il aurait préféré que les deux espaces, récréatif et sportif, soit davantage séparés.Inutile, au contraire, de demander leur avis aux visiteurs qui s'ébrouent dans la partie "fun", leurs cris de joie et leurs larges sourires parlent d'eux-mêmes. Cette formule de piscine émanant d'un partenariat privé-public séduit d'autres villes wallonnes. Ainsi, elle pourrait bien voir le jour à Namur également, révèle ce mercredi Sud Info. Le projet, qui n'en est qu'à ses balbutiements, intéresse en effet à la fois le groupe Plopsa et la Ville de Namur.A Hannut, le directeur général de Plopsaqua, Steve Vandekerkof, se montre confiant sur la rayonnement touristique du complexe situé à quelques centaines de mètres de la sortie de l'E40 et à proximité du Ravel pour la mobilité lente: "Au début, notre plan était d'avoir 325.000 visiteurs par an. Mais je suis sûr qu'on peut aller jusqu'à 450.000."