Aujourd'hui, les députés, exceptés ceux de la NVA, du VB et du PTB ont accordé leur confiance et des pouvoirs spéciaux à un exécutif minoritaire afin de gérer cette crise exceptionnelle. Il le fallait, par sens des responsabilités, pour répondre à cette crise d'une gravité aiguë.

Le gouvernement peut donc, doté de ces pleins pouvoirs, s'atteler à la tâche pour gérer la crise tant sur ses plans sanitaire qu'économique. En cette période particulière, il est du devoir des élus d'accompagner les Ministres dans leurs prises de décisions, en relayant les préoccupations des citoyens du pays.

Accompagner ce gouvernement d'Etat d'urgence doit être complété par une réflexion plus large sur la situation. Il faut une évaluation approfondie de la crise et plus largement de la politique des soins de santé mise en place ces dernières années dans notre pays.

On entend beaucoup parler ces derniers temps de relocalisation de nos activités. Il est certain que cette crise sera l'occasion de réfléchir à cette option et à la manière dont on peut y arriver. Mais si relocaliser notre production de masque ou de médicament est un sujet à fortiori d'actualité, ne soyons pas dupe, cette relocalisation ne nous protégera en rien de nouvelles épidémies.

La véritable question à se poser est de savoir comment éviter l'apparition de foyers épidémiques hautement contagieux comme on en connait de plus en plus ces dernières années (Sras, grippe A H1N1,...).

Aujourd'hui, l'Homme se tourne de plus en plus vers des systèmes agricoles et d'élevages ultra productifs, déconnectés de la terre et niant totalement la nécessité d'une vie harmonieuse et équilibrée avec le monde animal et la planète. A coup de "révolutions génétiques" et "d'innovations agronomiques", les animaux sont devenus des machines vivantes - suivant les règles de la chimie et de la physique - surtout soumises aux lois de l'économie. Cette évolution considérée comme du progrès au nom du sacro-saint productivisme des industries agro-alimentaires n'est pas sans conséquences sur la biodiversité, sur l'environnement et même sur notre santé.

Des chercheurs anglais estiment, par exemple, à 22,7 milliards le nombre de poulets d'élevage dans le monde, dont la très grande majorité sont élevés de manière intensive, enfermés en bâtiment dans une promiscuité extrême et où l'usage d'antibiotique est systématique.

Ce type d'élevage industriel, destructeur de notre environnement et de notre biodiversité, est une niche écologique rêvée pour les pathogènes. Dans la plupart des cas, l'animal domestique intervient comme un vecteur intermédiaire d'une maladie infectieuse entre un animal sauvage et l'être humain.

Le gigantisme de ces exploitations d'élevage où les animaux sont exportés en quelques heures aux quatre coins du monde est une véritable bombe à retardement pour l'incubation et la mutation de nouveaux virus. Cela nous promet immanquablement de nouvelles crises à venir et nous aurions tort de penser que cela ne peut arriver que dans un pays comme la Chine...

Le système économique qui vise le gigantisme oublie que l'économie doit être au service de l'être humain et non l'inverse. Alors comme acteur économique conscient, relocalisons et n'attendons pas de grandes décisions politiques. Dès demain, soyons toutes et tous acteurs de notre consommation. Privilégions dans nos achats quotidiens des produits issus d'agriculture et d'élevage proches de chez nous et respectueux de l'environnement, du producteur et du consommateur. Devenons consom'acteurs !

Jonathan de Patoul, Docteur vétérinaire, Député DéFI au parlement bruxellois

Aujourd'hui, les députés, exceptés ceux de la NVA, du VB et du PTB ont accordé leur confiance et des pouvoirs spéciaux à un exécutif minoritaire afin de gérer cette crise exceptionnelle. Il le fallait, par sens des responsabilités, pour répondre à cette crise d'une gravité aiguë.Le gouvernement peut donc, doté de ces pleins pouvoirs, s'atteler à la tâche pour gérer la crise tant sur ses plans sanitaire qu'économique. En cette période particulière, il est du devoir des élus d'accompagner les Ministres dans leurs prises de décisions, en relayant les préoccupations des citoyens du pays.Accompagner ce gouvernement d'Etat d'urgence doit être complété par une réflexion plus large sur la situation. Il faut une évaluation approfondie de la crise et plus largement de la politique des soins de santé mise en place ces dernières années dans notre pays.On entend beaucoup parler ces derniers temps de relocalisation de nos activités. Il est certain que cette crise sera l'occasion de réfléchir à cette option et à la manière dont on peut y arriver. Mais si relocaliser notre production de masque ou de médicament est un sujet à fortiori d'actualité, ne soyons pas dupe, cette relocalisation ne nous protégera en rien de nouvelles épidémies. La véritable question à se poser est de savoir comment éviter l'apparition de foyers épidémiques hautement contagieux comme on en connait de plus en plus ces dernières années (Sras, grippe A H1N1,...).Aujourd'hui, l'Homme se tourne de plus en plus vers des systèmes agricoles et d'élevages ultra productifs, déconnectés de la terre et niant totalement la nécessité d'une vie harmonieuse et équilibrée avec le monde animal et la planète. A coup de "révolutions génétiques" et "d'innovations agronomiques", les animaux sont devenus des machines vivantes - suivant les règles de la chimie et de la physique - surtout soumises aux lois de l'économie. Cette évolution considérée comme du progrès au nom du sacro-saint productivisme des industries agro-alimentaires n'est pas sans conséquences sur la biodiversité, sur l'environnement et même sur notre santé.Des chercheurs anglais estiment, par exemple, à 22,7 milliards le nombre de poulets d'élevage dans le monde, dont la très grande majorité sont élevés de manière intensive, enfermés en bâtiment dans une promiscuité extrême et où l'usage d'antibiotique est systématique.Ce type d'élevage industriel, destructeur de notre environnement et de notre biodiversité, est une niche écologique rêvée pour les pathogènes. Dans la plupart des cas, l'animal domestique intervient comme un vecteur intermédiaire d'une maladie infectieuse entre un animal sauvage et l'être humain.Le gigantisme de ces exploitations d'élevage où les animaux sont exportés en quelques heures aux quatre coins du monde est une véritable bombe à retardement pour l'incubation et la mutation de nouveaux virus. Cela nous promet immanquablement de nouvelles crises à venir et nous aurions tort de penser que cela ne peut arriver que dans un pays comme la Chine...Le système économique qui vise le gigantisme oublie que l'économie doit être au service de l'être humain et non l'inverse. Alors comme acteur économique conscient, relocalisons et n'attendons pas de grandes décisions politiques. Dès demain, soyons toutes et tous acteurs de notre consommation. Privilégions dans nos achats quotidiens des produits issus d'agriculture et d'élevage proches de chez nous et respectueux de l'environnement, du producteur et du consommateur. Devenons consom'acteurs !Jonathan de Patoul, Docteur vétérinaire, Député DéFI au parlement bruxellois