Depuis quelques mois, le gouvernement Wilmès planche sur un plan d'action stratégique afin de mieux gérer les futures recrudescences du coronavirus. On estime l'impact budgétaire du plan d'action stratégique à 35 millions en 2020, 45 millions en 2021 et ensuite 42 millions par an sur une base structurelle. Il engloberait le recrutement de personnel supplémentaire pour l'assurance maladie, l'institut scientifique Sciensano et le SPF Santé publique. Des secteurs parfois en sous-effectif, comme par exemple, au sein du département des urgences de santé publique, qui doit notamment surveiller les épidémies internationales. Au début de la crise, ce service était limité à une seule personne en raison des départs et des retraites. Toutefois, du personnel supplémentaire est également recherché pour le service de communicati...

Depuis quelques mois, le gouvernement Wilmès planche sur un plan d'action stratégique afin de mieux gérer les futures recrudescences du coronavirus. On estime l'impact budgétaire du plan d'action stratégique à 35 millions en 2020, 45 millions en 2021 et ensuite 42 millions par an sur une base structurelle. Il engloberait le recrutement de personnel supplémentaire pour l'assurance maladie, l'institut scientifique Sciensano et le SPF Santé publique. Des secteurs parfois en sous-effectif, comme par exemple, au sein du département des urgences de santé publique, qui doit notamment surveiller les épidémies internationales. Au début de la crise, ce service était limité à une seule personne en raison des départs et des retraites. Toutefois, du personnel supplémentaire est également recherché pour le service de communication et la recherche des contacts. En plus du personnel, un budget important est également prévu pour les coûts des TIC et les campagnes de communication.Le but est surtout d'éviter de commettre les mêmes erreurs que lors de la première vague. Par exemple, en palliant à un manque d'unité de commandement. Un sujet qui avait été pointé du doigt par Pedro Facon, haut responsable du SPF Santé publique, mais aussi par les experts Erika Vlieghe (UZA) et Marc Van Ranst (KUL) qui ont répété à plusieurs reprises comment la structure compliquée de l'État belge rend la lutte contre le Corona difficile. Des critiques qui sont toujours de mise puisque pas plus tard que mardi Marc Noppen, directeur de l'UZ Brussel, s'est encore plaint sur Radio 1 du manque de communication. "Il est nécessaire d'avoir des messages politiques cohérents, transparents et fiables."Pour répondre à ces critiques et pallier à la complexité de la structure étatique, le gouvernement Wilmès avait prévu la nomination d'un "commissaire Corona". Véritable clé de voute du plan, il serait en charge de coordonner la lutte contre le virus à l'échelle nationale. Il en serait aussi l'unique visage. Il lui reviendrait la difficile mission de rationaliser la communication envers le grand public et assurer la nécessaire coordination des politiques interfédérales. La communication au grand public doit en effet être plus claire, mais elle doit l'être entre les autorités elles-mêmes. En effet, depuis l'été, le gouvernement n'est plus dans une optique uniquement fédérale. Les régions et les communautés ont désormais aussi leur mot à dire. En d'autres termes : neuf ministres décident ensemble d'une chaîne de commandement claire. Ça fait beaucoup de monde. D'où l'idée de tout centraliser dans le giron d'un seul commissaire Corona. Une méthode de travail qui a déjà fait ses preuves dans le passé, puisqu'en 2007 Marc Van Ranst a été nommé commissaire interministériel "influenza" pour faire face à la grippe aviaire. Et comme dans le passé, il semble que cette fois aussi on fasse appel à un fonctionnaire ou un expert plutôt qu'à un politicien. Si, pris de court par la deuxième vague de l'été, le gouvernement a dû accélérer la mise en place de certaines mesures comme une nouvelle stratégie autour des tests et l'introduction d'un stock tournant d'équipements de protection, la divulgation du plan stratégique et le nom du commissaire Corona se fait encore attendre.Selon le magazine Knack, l'achèvement du plan stratégique rédigé à l'initiative de la ministre de la Santé Maggie De Block (Open Vld) en concertation avec de nombreux experts était à l'ordre du jour de la conférence interministérielle des ministres de la Santé ce mercredi. Mais en raison d'un désaccord entre certaines personnes présentes, le plan n'est pas encore en mesure d'être présenté. De quoi provoquer quelques ressentiments. "Le virus ne nous attend pas", dit ainsi une personne proche dossier.Ce blocage pourrait avoir tout à voir avec les négociations gouvernementales. Normalement, la coalition Vivaldi des socialistes, des libéraux, des verts et du CD&V doit prendre forme définitivement d'ici le 1er octobre. Pour certaines personnes c'est à la nouvelle équipe gouvernementale d'annoncer le plan Corona. Ce qui explique que le sujet reste au frigo.