"On ouvre le 1er mai", le message en forme d'ultimatum est lancé au monde politique par une trentaine de petits et grands restaurateurs belges, dont de nombreux étoilés dans une vidéo largement partagée sur les réseaux sociaux. L'initiative vient de la Ligue Wallonne pour l'Horeca.
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"On ouvre le 1er mai", le message en forme d'ultimatum est lancé au monde politique par une trentaine de petits et grands restaurateurs belges, dont de nombreux étoilés dans une vidéo largement partagée sur les réseaux sociaux. L'initiative vient de la Ligue Wallonne pour l'Horeca. Le 1er mai n'est pas une date prise au hasard, c'est celle qui a été fixée par le gouvernement dans un agenda de déconfinement qui devient de plus en plus incertain. Qu'à cela ne tienne, pour ces restaurateurs, la coupe est pleine. Ils le clament haut et fort: ils rouvriront les portes de leur établissement et cela, "pour leurs clients, leur famille et leurs fournisseurs". Et aussi, disent-ils, pour tenter d'éviter les faillites en cascade qui menacent le secteur. Parmi tous ces restaurateurs, on trouve treize chefs étoilés de la gastronomie wallonne et bruxelloise, ainsi que des personnalités du secteur B2B, des membres des collectifs et la Fédération Horeca wallonne.Thierry Meyens, président de la Fédération Horeca Wallonie, nuance un tantinet le message. "Nous ne sommes pas dans la désobéissance civile. Nous ne voulons pas d'une ouverture non cadrée et anarchique. Nous désirons rouvrir sur base d'un protocole sûr pour nos clients, nos collaborateurs et nos fournisseurs et sur base d'un plan de relance clair discuté avec le gouvernement. Le but premier est de mettre la pression sur nos décideurs et de rester visibles dans l'opinion publique. Nous voulons faire valider rapidement un protocole d'ouverture par le GEMS. Il faut aussi une harmonisation du couvre-feu, en Wallonie et à Bruxelles". Il ajoute : "L'année dernière, à la même époque, nous étions prêts pour la réouverture avec un protocole sûr. Le petit plus cette fois, ce sera de faire attention aux aérosols avec des marqueurs de C02 afin de pouvoir aérer quand c'est nécessaire. On est prêts !"Le président de la Fédération Horeca Wallonie dénonce également les trop grandes disparités entre la Flandre, la Wallonie et Bruxelles dans les aides accordées au secteur. "Nous sommes acculés, dos au mur. Les échéances pour le paiement des assurances vont tomber en juin, comment encore les payer ?". Il évoque, par ailleurs, la difficulté pour de nombreux fournisseurs de devoir anticiper dans le flou la réouverture des restaurants. "Ils ont besoin d'une certaine marge de manoeuvre et d'une logistique pour les produits à livrer", explique-t-il. "Nous envoyons un message aux politiques pour qu'ils soutiennent le secteur. Nous continuons à perdre chaque jour un peu plus d'argent. Il faudra des années pour rattraper toutes ces pertes. Au final, si aucune ouverture n'est annoncée rapidement, de nombreux fleurons belges vont disparaître ou être rachetés par des groupes étrangers", conclut le président de la Fédération Horeca Wallonie. La campagne de communication des restaurateurs se poursuivra dans les jours à venir sur les réseaux sociaux, nous informe Thierry Meyens, avec un ancrage plus régional de témoignages de cafetiers, restaurateurs, traiteurs et hôteliers wallons.