La séquence ayant mené à un reconfinement pour quatre semaines à partir de ce vendredi soir laisse pantois. Deux Comités de concertation, un imbroglio sur les écoles et un comportement défiant de l'un des partenaires de la majorité, le MR. Catherine Fonck, cheffe de file CDH à la Chambre, est très critique.
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La séquence ayant mené à un reconfinement pour quatre semaines à partir de ce vendredi soir laisse pantois. Deux Comités de concertation, un imbroglio sur les écoles et un comportement défiant de l'un des partenaires de la majorité, le MR. Catherine Fonck, cheffe de file CDH à la Chambre, est très critique.Cette séquence de gestion de la crise est délicate et perturbante, non?Perturbante, oui, et à mes yeux très inquiétante. Quand on se trouve dans une situtation sanitaire aussi grave que celle que l'on connaît depuis un an, avec pour le moment une nouvelle évolution défavorable, je trouve regrettable que les gouvernements, qui ont des majorités pratiquement symétriques, ne parviennent pas à se fédérer autour d'une même position. On attendrait d'eux une ligne commune et pas des décisions qui apparaissent finalement comme la somme de mesures décidées en fonction d'intérêts particuliers et de leurs électorast. Cela mine la cohérence d'ensemble, la rapidité des décisions et l'adhésion de la population.Vous regrettez que deux Comités de concertation aient été nécessaires?J'ai eu l'occasion de le dire à la Chambre, ce Comité de concertation est devenu le Comité de contestation. Avant, ils se tapent dessus pour faire pression et exiger ce qu'ils veulent. Le nombre de fausses promesses qui ont été faites... Mais maintenant, en plus, ils se tapent dessus après. Comment voulez-vous que les gens adhèrent alors que ceux-là même qui ont pris les décisions parlent de "triple échec" ou de "gestion erratique"? Ce qui est très grave, c'est que cela risque de faire perdre tout le monde: on risque de ne pas contrôler l'épidémie et, si elle dure plus longtemps, on va fragiliser davantage encore des secteurs qui le sont déjà lourdement. Je trouve que ce qui se passe est irresponsable et pathétique.Vous comprenez ce reconfinement?Quand le Premier ministre dit que 'la pandémie a changé de visage avec les variants', il a raison. Mais ce qui me fait mal aux tripes, c'est qu'on sait depuis le mois de janvier que ces variants vont devenir dominants. Depuis janvier, on sait que c'est une course contre la montre pour la vaccination. Si l'on avait mis davantage de moyens pour vacciner rapidement les personnes les plus âgées et les plus fragiles, on aurait pu rendre des mesures moins lourdes. Le problème, c'est que lorsque le Premier ministre a présenté les modèles mathématiques au sujet des perspectives liées aux variants, des partis au sein de la majorité ont continué à avoir des expressions publiques réclamant des assouplissements. On a pratiquement pris les scientifique pour des cons. En attendant, ces faux espoirs créent le désespoir.On aurait pu mieux faire en matière de vaccination?Les gouvernement ne cessent de dire que l'on n'a pas assez de doses, mais on aurait pu mieux faire avec les deux millions de doses qui ont été administrées, oui. J'ai moi-même plaidé pour l'espacement de temps entre l'administration des deux doses, on m'a critiquée dans tous les sens, pour finalement faire valider cette idée: que de temps perdu et la décision n'est pas encore complètement effective. Pour le vaccin Pfizer, il reste encore 500000 doses dans les frigos et le délai entre la livraison et l'administration continue à augmenter. En ce qui concerne les patients Covid positifs, j'ai dis qu'il serait judicieux de ne prévoir qu'un dose, là aussi on m'a critiquée et j'apprends maintenant que l'on va demander un avis du Conseil supérieur de la santé: là ecore ,que de temps perdu.Vous avez posté un message cette semaine, suite aux critiques contre Georges-Louis Bouchez, dans lequel vous dites: "Quand on fait du fond pur et dur et que du fond, on se fait flinguer tout autant. La particratie dans toute sa splendeur. Et c'est terriblement désespérant pour l'avenir de la démocratie."J'ai entendu plusieur fois le Premier ministre dire qu'il souhaitait travailler avec l'opposition. En pratique, ce n'est absolument pas le cas. Pourtant, l'opposition est même plus responsable que certains partis de la majorité, mais on balaie nos propositions d'un revers de la main. En matière de vaccination, j'ai parfois demandé des avis ou des évolutions deux mois avant que le gouvernement ne se décide à le faire, c'est assez effrayant. Tant mieux, bien sûr, si cela fait finalement bouger les lignes, mais là encore, on perd du temps.Oui, je suis inquiète pour l'avenir de la démocratie si certains adoptent uniquement des attitudes électoralistes alors que la situation sanitaire est gravissime. Vous savez, nous sommes dans l'opposition et nous avons tout fait pour éviter cette course à l'échalotte de ceux qui demandent des assouplissements. Cela aurait peut-être été plus sexy, mais c'est irresponsable.Vous visez souvent le MR?Que le MR soit déçu parce que l'on referme les commerces et les métiers de contact, je vais vous le dire, moi aussi. Mais qui a décidé de les fermer? Le MR! Ils sont dans tous les gouvernements, quand même? Ce qui me désespère, en outre, c'est l'impact de ces déclarations pour l'adhésion des gens.Certains souhaient que vous remplaciez le MR dans la majorité...Je ne suis pas à la recherche d'un titre, il y a déjà assez de ministres de la Santé comme ça, et nous ne cherchons pas à rentrer dans un gouvernement pour une quelconque raison stratégique. Mon message consiste à dire que dans le contexte gravissime que nous connaissons, on a un besoin urgent d'un sursaut des gouvernements en matière d'efficacité, de gouvernnce et de comportement politique.