Le gouvernement français a annoncé plusieurs mesures de lutte contre le coronavirus qui verrouillent un peu plus l'Hexagone. Les voyages en dehors de l'UE seront interdits sauf motif impérieux. Et les résidents de l'Union européenne qui désirent s'y rendre devront fournir un test PCR à partir de dimanche, à l'exception des travailleurs frontaliers.

Ces derniers, qu'ils soient Belges ou Français, n'ont jamais été empêchés d'aller travailler de l'autre côté de la frontière, même lors du premier confinement de mars. Selon des chiffres de l'Inami, un peu moins de 38.000 Français travaillaient en Belgique en 2020, contre à peine 8.300 Belges. Les nouvelles mesures françaises ainsi que les mesures prises par les autorités belges ne changent donc rien à la donne: les travailleurs frontaliers sont toujours autorisés à franchir les frontières.

Pour les autres catégories de frontaliers, habitués à passer la frontière pour voir de la famille, faire des achats ou autres, la situation se compliquera dimanche. Dans des villes comme Mouscron ou Comines, où les rues des deux pays s'enchevêtrent, faudra-t-il passer un test PCR pour franchir l'autre côté de la chaussée ? Plus concrètement, les habitudes des frontaliers belges risquent d'être bousculées car il sera impossible d'aller en France sans test PCR, au risque de recevoir une forte amende.

Si, depuis le 27 janvier dernier, la Belgique a interdit les voyages non-essentiels à l'exception de motifs familiaux, médicaux ou professionnels, il était toujours possible pour les Belges habitant dans une zone de 20km autour de la frontière de se rendre en France et poursuivre leurs habitudes d'achats de base. Cette possibilité était reprise dans l'attestation sur l'honneur que chacun doit remplir avant de quitter le pays et avoir sur lui avant de rentrer.

Cette tolérance s'applique aussi aux Français qui souhaitent venir en Belgique. Désormais, en toute logique, seuls les Français pourraient venir en Belgique, munis de leur attestation belge. Encore faudrait-il qu'ils ne doivent pas fournir un test PCR au retour de Belgique. Les frontaliers français peuvent aussi venir pour une courte durée en Belgique pour motifs familiaux, médicaux ou impérieux, munis de l'attestation belge, mais encore une fois, la question du test PCR se pose pour le retour en France.

Se donner "encore une chance d'éviter le confinement"

Le Premier ministre français a donc annoncé vendredi de nouvelles restrictions face à l'épidémie du Covid, dont la fermeture des frontières aux pays hors UE, mais a renvoyé toute nouvelle décision radicale aux "prochains jours", jugés "déterminants".

Lors d'une prise de parole inattendue à l'issue d'un Conseil de défense autour du président Emmanuel Macron, le chef du gouvernement, Jean Castex, a souligné que "la question d'un confinement se pose légitimement". Mais, a-t-il ajouté "nous en connaissons l'impact très lourd sur tous les plans". Pas de troisième confinement dans l'immédiat donc. Mais une série de restrictions, aussitôt jugées trop faibles par certains dans l'opposition.

Jean Castex, BELGAIMAGE
Jean Castex © BELGAIMAGE

En plus de fermer ses frontières aux pays extérieurs à l'Union européenne, le Premier ministre a également stipulé que les centres commerciaux non-alimentaires de plus de 20.000 m2, "c'est-à-dire ceux qui favorisent le plus de brassage", seront fermés dès ce dimanche. Et, à partir de lundi, les jauges de fréquentation "seront renforcées dans toutes les grandes surfaces".

Le Premier ministre a par ailleurs annoncé un renforcement des contrôles du couvre-feu, contre les fêtes clandestines et "l'ouverture illégale" des restaurants. Une "consigne de particulière fermeté sera appliquée pour ceux qui fraudent les règles en vigueur", a-t-il ajouté.

L'exécutif avait réuni vendredi un Conseil de défense sanitaire jugé crucial, après plusieurs jours d'incertitudes quant à la mise en place d'un nouveau confinement, et deux jours de consultation du gouvernement avec les groupes politiques au Parlement, associations d'élus et syndicats, au moment où la campagne de vaccination risque de ralentir à cause d'une baisse des livraisons des laboratoires.

Sur le front de la propagation de l'épidémie, le chef du gouvernement a estimé que la situation était "préoccupante" même si elle "reste mieux maîtrisée en France que chez beaucoup de nos voisins". Avec près de 23.000 nouvelles contaminations et un niveau élevé d'entrées à l'hôpital et en réanimation, la pression reste forte.

La crainte porte d'abord sur les variants qui se sont diffusés au Royaume-Uni et en Afrique du Sud et qui représenteraient désormais un dixième des cas en France.

- "Hésitation" -

Alors que les débits de boisson, restaurants, lieux culturels et universités sont fermés depuis la fin octobre, les voix politiques et scientifiques se sont multupliées ces derniers jours pour redemander aux commerces de baisser le rideau, voire fermer les écoles.

Le gouvernement avait temporisé, à la recherche d'un compromis entre les restrictions et le maintien d'une vie économique et sociale, sur fond de ras-le-bol de la population.

La situation est particulièrement difficile dans certaines régions, comme en Provence-Alpes-Côte-d'Azur, où des transferts de malades ont eu lieu cette semaine vers d'autres territoires pour soulager les hôpitaux.

Le rythme des décès ne décroît pas, avec 356 morts à l'hôpital vendredi, portant à 75.620 le bilan total depuis le début de l'épidémie.

Comme les autres pays européens, la France doit aussi faire face à une baisse des livraisons espérées de vaccins, aussi bien de la part de Pfizer/BioNTech que de Moderna ou d'AstraZeneca.

Résultat, le gouvernement prévoit qu'en février seulement un million de personnes recevront la première des deux injections nécessaires, après plus d'1,4 million en janvier.

Cette prévision est très inférieure au chiffre de 4 millions de personnes vaccinées fin février, récemment évoqué par le ministre de la Santé.

Alors que la vaccination est ouverte notamment dans les Ehpad (maisons de retraite), pour les professionnels de santé de plus de 50 ans ou fragiles, et à cinq millions de plus de 75 ans, plusieurs régions ont dû reporter des milliers de rendez-vous pour une première injection, à cause de baisses d'approvisionnement.

Le gouvernement français a annoncé plusieurs mesures de lutte contre le coronavirus qui verrouillent un peu plus l'Hexagone. Les voyages en dehors de l'UE seront interdits sauf motif impérieux. Et les résidents de l'Union européenne qui désirent s'y rendre devront fournir un test PCR à partir de dimanche, à l'exception des travailleurs frontaliers.Ces derniers, qu'ils soient Belges ou Français, n'ont jamais été empêchés d'aller travailler de l'autre côté de la frontière, même lors du premier confinement de mars. Selon des chiffres de l'Inami, un peu moins de 38.000 Français travaillaient en Belgique en 2020, contre à peine 8.300 Belges. Les nouvelles mesures françaises ainsi que les mesures prises par les autorités belges ne changent donc rien à la donne: les travailleurs frontaliers sont toujours autorisés à franchir les frontières. Pour les autres catégories de frontaliers, habitués à passer la frontière pour voir de la famille, faire des achats ou autres, la situation se compliquera dimanche. Dans des villes comme Mouscron ou Comines, où les rues des deux pays s'enchevêtrent, faudra-t-il passer un test PCR pour franchir l'autre côté de la chaussée ? Plus concrètement, les habitudes des frontaliers belges risquent d'être bousculées car il sera impossible d'aller en France sans test PCR, au risque de recevoir une forte amende. Si, depuis le 27 janvier dernier, la Belgique a interdit les voyages non-essentiels à l'exception de motifs familiaux, médicaux ou professionnels, il était toujours possible pour les Belges habitant dans une zone de 20km autour de la frontière de se rendre en France et poursuivre leurs habitudes d'achats de base. Cette possibilité était reprise dans l'attestation sur l'honneur que chacun doit remplir avant de quitter le pays et avoir sur lui avant de rentrer. Cette tolérance s'applique aussi aux Français qui souhaitent venir en Belgique. Désormais, en toute logique, seuls les Français pourraient venir en Belgique, munis de leur attestation belge. Encore faudrait-il qu'ils ne doivent pas fournir un test PCR au retour de Belgique. Les frontaliers français peuvent aussi venir pour une courte durée en Belgique pour motifs familiaux, médicaux ou impérieux, munis de l'attestation belge, mais encore une fois, la question du test PCR se pose pour le retour en France.Le Premier ministre français a donc annoncé vendredi de nouvelles restrictions face à l'épidémie du Covid, dont la fermeture des frontières aux pays hors UE, mais a renvoyé toute nouvelle décision radicale aux "prochains jours", jugés "déterminants".Lors d'une prise de parole inattendue à l'issue d'un Conseil de défense autour du président Emmanuel Macron, le chef du gouvernement, Jean Castex, a souligné que "la question d'un confinement se pose légitimement". Mais, a-t-il ajouté "nous en connaissons l'impact très lourd sur tous les plans". Pas de troisième confinement dans l'immédiat donc. Mais une série de restrictions, aussitôt jugées trop faibles par certains dans l'opposition.En plus de fermer ses frontières aux pays extérieurs à l'Union européenne, le Premier ministre a également stipulé que les centres commerciaux non-alimentaires de plus de 20.000 m2, "c'est-à-dire ceux qui favorisent le plus de brassage", seront fermés dès ce dimanche. Et, à partir de lundi, les jauges de fréquentation "seront renforcées dans toutes les grandes surfaces".Le Premier ministre a par ailleurs annoncé un renforcement des contrôles du couvre-feu, contre les fêtes clandestines et "l'ouverture illégale" des restaurants. Une "consigne de particulière fermeté sera appliquée pour ceux qui fraudent les règles en vigueur", a-t-il ajouté.L'exécutif avait réuni vendredi un Conseil de défense sanitaire jugé crucial, après plusieurs jours d'incertitudes quant à la mise en place d'un nouveau confinement, et deux jours de consultation du gouvernement avec les groupes politiques au Parlement, associations d'élus et syndicats, au moment où la campagne de vaccination risque de ralentir à cause d'une baisse des livraisons des laboratoires.Sur le front de la propagation de l'épidémie, le chef du gouvernement a estimé que la situation était "préoccupante" même si elle "reste mieux maîtrisée en France que chez beaucoup de nos voisins". Avec près de 23.000 nouvelles contaminations et un niveau élevé d'entrées à l'hôpital et en réanimation, la pression reste forte.La crainte porte d'abord sur les variants qui se sont diffusés au Royaume-Uni et en Afrique du Sud et qui représenteraient désormais un dixième des cas en France.Alors que les débits de boisson, restaurants, lieux culturels et universités sont fermés depuis la fin octobre, les voix politiques et scientifiques se sont multupliées ces derniers jours pour redemander aux commerces de baisser le rideau, voire fermer les écoles. Le gouvernement avait temporisé, à la recherche d'un compromis entre les restrictions et le maintien d'une vie économique et sociale, sur fond de ras-le-bol de la population.La situation est particulièrement difficile dans certaines régions, comme en Provence-Alpes-Côte-d'Azur, où des transferts de malades ont eu lieu cette semaine vers d'autres territoires pour soulager les hôpitaux.Le rythme des décès ne décroît pas, avec 356 morts à l'hôpital vendredi, portant à 75.620 le bilan total depuis le début de l'épidémie.Comme les autres pays européens, la France doit aussi faire face à une baisse des livraisons espérées de vaccins, aussi bien de la part de Pfizer/BioNTech que de Moderna ou d'AstraZeneca.Résultat, le gouvernement prévoit qu'en février seulement un million de personnes recevront la première des deux injections nécessaires, après plus d'1,4 million en janvier.Cette prévision est très inférieure au chiffre de 4 millions de personnes vaccinées fin février, récemment évoqué par le ministre de la Santé.Alors que la vaccination est ouverte notamment dans les Ehpad (maisons de retraite), pour les professionnels de santé de plus de 50 ans ou fragiles, et à cinq millions de plus de 75 ans, plusieurs régions ont dû reporter des milliers de rendez-vous pour une première injection, à cause de baisses d'approvisionnement.