Quelle absurdité !

Permettez-moi, chers décideurs politiques, de vous décrire ce qu?il se passe

depuis presque deux ans sur le terrain de la médecine de première ligne. Cela fait des semaines qu?en plus d?essayer de soigner des patients, nous sommes noyés sous les appels incessants d?une population dont le bon sens

s?est évaporé à cause de votre communication axée sur le "catastrophisme".

On appelle maintenant le médecin en panique le dimanche à 23 heures parce que le test de son enfant est positif et qu?il faut tout de suite un certificat de dix jours et les demandes de tests pour toute la famille ...

Nous sommes le tampon de vos décisions absurdes. Cela fait des semaines que nous constatons les mêmes regards emplis de désolation sur le visage épuisé de nos infirmiers, aide-soignants, accueillants, aide-logistiques, kinésithérapeutes. Ils se débattent, en effectif restreint au chevet des patients et tentent d?insuffler le reste d?humanité dans les soinsqu?ils prodiguent.

Cela fait des semaines que nous distribuons des milliards de jours de certificats à des patients qui n?en ont pas besoin, avec l?écoeurement de constater que certains ont compris que pour allonger leur congé payé, il suffisait de jouer lacarte du testing à répétition ...

Nous assistons à la fermeture de classes dont l?entièreté des élèves n?a pas le

moindre symptôme. Chaque élève privé d?école génère une quantité de charge administrative pour le médecin de famille, et favorise la circulation du virus auprès de la population qui est le plus à risque: les grands-parents ...

Cela fait des semaines que nous entendons qu?une partie de nos unités hospitalières doivent fermer par manque de personnels soignants disponibles : nous avons donc actuellement moins de possibilité d?accueil des patients qu?en début de crise! Le constat est amer.

Cela fait des semaines que nous observons la population se cliver sous la pression de discours stigmatisants les uns puis les autres ... Permettez-moi donc, chers décideurs politiques, face à tant d?absurdité , de poser la question suivante: "Qui nous dirige ? Que cherchez-vous ?" D?un point de vue de soignant épuisé, c?est à ne plus rien comprendre.

La décision de fermer les lieux culturels est donc une fois de plus, complètement inadéquate , et démontre votre irrespect pour le secteur concerné mais également pour les soignants qui se débattent.

Aujourd?hui le recul est suffisant pour instaurer des mesures empathiques, non clivantes, qui pourraient réconcilier la population et restaurer un respect général. La première, indispensable et urgente, est de soutenir vos soins de santé qui s?épuisent. Si vous voulez sauver des vies, revalorisez la fonction de soignants et soulagez les effectifs sur le terrain. Cela permettrait d?augmenter la capacité d?accueil des patients.

Si cette mesure ne s?applique pas rapidement le système de soin va s?écrouleret votre "saturation hospitalière" tant martelée aura été provoquée par votre inertie aveugle et non par les infections liées au coronavirus. Cessons le testing de masse, il coûte cher, plonge la société dans un marasme économique, et dénue de bon sens toute prise en charge médicale. A l?aide d?outils de communication clairs, sensibilisez la population plutôt que de la diviser.

Par exemple: "Si vous êtes malades, ( il s?agit le plus souvent de symptômes mineurs )

consultez votre médecin traitant, des traitements et des principes de vigilance existent pour diminuer le risque de complication lié à l?infection." Malheureusement il va falloir apprendre à vivre avec ce virus. C?est possible en misant sur le bon sens. Libérez les écoles du poids de vos décisions, les enfants n?ont pas à endosser la culpabilité de l?épidémie. Les écoles doivent tourner, les parents doivent aller travailler.

Et de grâce, ouvrez les secteurs qui ont trop longtemps soufferts de décisions arbitraires. Pourquoi un théâtre où chacun peut être masqué serait plus dangereux que la rue Neuve en cette veille de Noël ? Je crois aux gestes barrières, je crois en la vaccination , je crois aussi dans la liberté de chacun, mais je ne crois plus en votre gestion.

Chaque citoyen est doté d?un civisme et d?un respect de l?autre qu?il vous suffit de cultiver. La culture pourrait être un endroit de sensibilisation, de réflexion, d?ouverture à l?autre. La médecine peut encore être humaine. Les décisions politiques peuvent encore être sensées, cela devient urgent.

Guillaume Fraiteur, médecin généraliste

Quelle absurdité !Permettez-moi, chers décideurs politiques, de vous décrire ce qu?il se passedepuis presque deux ans sur le terrain de la médecine de première ligne. Cela fait des semaines qu?en plus d?essayer de soigner des patients, nous sommes noyés sous les appels incessants d?une population dont le bon senss?est évaporé à cause de votre communication axée sur le "catastrophisme".On appelle maintenant le médecin en panique le dimanche à 23 heures parce que le test de son enfant est positif et qu?il faut tout de suite un certificat de dix jours et les demandes de tests pour toute la famille ...Nous sommes le tampon de vos décisions absurdes. Cela fait des semaines que nous constatons les mêmes regards emplis de désolation sur le visage épuisé de nos infirmiers, aide-soignants, accueillants, aide-logistiques, kinésithérapeutes. Ils se débattent, en effectif restreint au chevet des patients et tentent d?insuffler le reste d?humanité dans les soinsqu?ils prodiguent.Cela fait des semaines que nous distribuons des milliards de jours de certificats à des patients qui n?en ont pas besoin, avec l?écoeurement de constater que certains ont compris que pour allonger leur congé payé, il suffisait de jouer lacarte du testing à répétition ...Nous assistons à la fermeture de classes dont l?entièreté des élèves n?a pas lemoindre symptôme. Chaque élève privé d?école génère une quantité de charge administrative pour le médecin de famille, et favorise la circulation du virus auprès de la population qui est le plus à risque: les grands-parents ...Cela fait des semaines que nous entendons qu?une partie de nos unités hospitalières doivent fermer par manque de personnels soignants disponibles : nous avons donc actuellement moins de possibilité d?accueil des patients qu?en début de crise! Le constat est amer.Cela fait des semaines que nous observons la population se cliver sous la pression de discours stigmatisants les uns puis les autres ... Permettez-moi donc, chers décideurs politiques, face à tant d?absurdité , de poser la question suivante: "Qui nous dirige ? Que cherchez-vous ?" D?un point de vue de soignant épuisé, c?est à ne plus rien comprendre.La décision de fermer les lieux culturels est donc une fois de plus, complètement inadéquate , et démontre votre irrespect pour le secteur concerné mais également pour les soignants qui se débattent.Aujourd?hui le recul est suffisant pour instaurer des mesures empathiques, non clivantes, qui pourraient réconcilier la population et restaurer un respect général. La première, indispensable et urgente, est de soutenir vos soins de santé qui s?épuisent. Si vous voulez sauver des vies, revalorisez la fonction de soignants et soulagez les effectifs sur le terrain. Cela permettrait d?augmenter la capacité d?accueil des patients.Si cette mesure ne s?applique pas rapidement le système de soin va s?écrouleret votre "saturation hospitalière" tant martelée aura été provoquée par votre inertie aveugle et non par les infections liées au coronavirus. Cessons le testing de masse, il coûte cher, plonge la société dans un marasme économique, et dénue de bon sens toute prise en charge médicale. A l?aide d?outils de communication clairs, sensibilisez la population plutôt que de la diviser.Par exemple: "Si vous êtes malades, ( il s?agit le plus souvent de symptômes mineurs )consultez votre médecin traitant, des traitements et des principes de vigilance existent pour diminuer le risque de complication lié à l?infection." Malheureusement il va falloir apprendre à vivre avec ce virus. C?est possible en misant sur le bon sens. Libérez les écoles du poids de vos décisions, les enfants n?ont pas à endosser la culpabilité de l?épidémie. Les écoles doivent tourner, les parents doivent aller travailler.Et de grâce, ouvrez les secteurs qui ont trop longtemps soufferts de décisions arbitraires. Pourquoi un théâtre où chacun peut être masqué serait plus dangereux que la rue Neuve en cette veille de Noël ? Je crois aux gestes barrières, je crois en la vaccination , je crois aussi dans la liberté de chacun, mais je ne crois plus en votre gestion.Chaque citoyen est doté d?un civisme et d?un respect de l?autre qu?il vous suffit de cultiver. La culture pourrait être un endroit de sensibilisation, de réflexion, d?ouverture à l?autre. La médecine peut encore être humaine. Les décisions politiques peuvent encore être sensées, cela devient urgent.Guillaume Fraiteur, médecin généraliste