Le reconfinement de l'Europe a débuté. L'Irlande et le Pays de Galle ont tous deux pris des mesures drastiques pour tenter de limiter la diffusion du Covid, en début de semaine. Il y est question d'un reconfinement pur et simple, avec des modalités certes nuancées: les écoles restent ouvertes, mais les commerces non essentiels sont fermés et les déplacements fortement limités. Partout ailleurs sur le continent, les pays serrent davantage la vis en espérant éviter une seconde vague aussi forte, voire davantage, que la première de mars-avril. Chez nous, à ce rythme, la perspective d'un reconfinement n'est qu'une question de temps.
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Le reconfinement de l'Europe a débuté. L'Irlande et le Pays de Galle ont tous deux pris des mesures drastiques pour tenter de limiter la diffusion du Covid, en début de semaine. Il y est question d'un reconfinement pur et simple, avec des modalités certes nuancées: les écoles restent ouvertes, mais les commerces non essentiels sont fermés et les déplacements fortement limités. Partout ailleurs sur le continent, les pays serrent davantage la vis en espérant éviter une seconde vague aussi forte, voire davantage, que la première de mars-avril. Chez nous, à ce rythme, la perspective d'un reconfinement n'est qu'une question de temps. "Aujourd'hui, on doit parler de reconfinement, confirmait mercredi midi le microbiologiste Emmanuel André (KUL), ancien porte-parole interfédéral, à la RTBF. C'est le seul outil qu'on a devant nous." "Pas un reconfinement pur et dur comme en mars mais au moins fermer les activités commerciales et industrielles non essentielles ainsi que les activités sportives et culturelles, prolonge-t-il. On a cru qu'on sauverait l'économie de notre pays en laissant circuler le virus. On a juste gagné quelques jours. Si on ne tape pas un bon coup maintenant et si les citoyens n'adoptent pas une attitude rigoureuse, on va rester dans des eaux dangereuses pour très longtemps. On a laissé aller le virus trop loin, on n'a plus le choix !"La perspective de mesures plus fortes se trouve sur la table du Comité de concertation. Il était question de présenter le baromètre de gestion de la crise et d'ajuster les protocoles dans certains secteurs, mais l'augmentation continue des contaminations incite les responsables politiques à envisager de nouvelles restrictions. Georges-Louis Bouchez, président du MR, appellait d'ailleurs mercredi matin à prendre des mesures "plus larges". "Il faut des mesures plus sévères, plus restrictives", a confirmé le ministre-président wallon Elio Di Rupo, mercredi après-midi.Annelies Verlinden (CD&V), ministre de l'Intérieur, précisait quant à elle ce jeudi matin: "Aujourd'hui c'est encore trop tôt pour mesurer l'impact des mesures prises lundi dernier. On essaie d'éviter un reconfinement... mais on verra." Et d'ajouter: Il faut vraiment suivre les mesures et les règles. Il y aura des sanctions à chaque fois que les gens ne respectent pas les règles. Les policiers sont sur le terrain. J'espère qu'on réalise tous qu'on a une responsabilité de respecter les règles. Il faut être très ferme."Après la fermeture des bars et des restaurants, l'évaluation devait avoir lieu dans les quinze jours, mais de nouvelles mesuresont annoncées cette semaine encore dans le domaine du sport et de la culture, notamment. La ProLeague a annoncé d'une forte réduction de la présence dans les stades pour le week-end prochain: maximum 200 septacteurs par secteur, sans boisson ni nourriture. Au vu de l'évolution exponentielle des contaminations, singulièrement à Bruxelles et dans certaines provinces wallonnes où le nombre d'hospitalisations rejoint déjà le pic du printemps, il n'est d'ailleurs pas exclu que l'on tranche plus vite, plus fort. "Si la courbe des contaminations, et donc des hospitalisations, n'évolue pas favorablement, il faudra sans doute envisager des mesures encore plus restrictives, qui pourraient s'apparenter à un lockdown comme celui imposé en mars et avril", confirmait Yves Van Laethem, porte-parole interfédéral, dans un entretien à la Dernière Heure mardi matin.Bruxelles et la Wallonie sont en rouge vifs sur la carte de l'Europe et le risque d'un reconfinement a déjà été évoqué par le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke. En coulisse, les politiques évoquent bel et bien cette perspective, mais n'ont pas encore tranché. "Plusieurs politiques me disaient qu'annoncer un confinement la semaine passée aurait été suicidaire,confirmait mardi matin Bertrand Henne, chroniqueur politique à la RTBF, que la population rongée par les marchands de déni ne l'aurait pas accepté, qu'il n'y a pas assez de morts pour justifier le confinement. Aveu terrible du décrochage entre les responsables politiques et la population." Le risque serait réel que la Wallonie devienne "la Lombardie de la deuxième vague".La question n'est sans doute pas de savoir si l'on va rebasculer dans un confinement quasiment intégral, mais bien de se demander quand ce couperet va tomber. Avec un triple objectif : éviter la saturation des hôpitaux, préserver le système de santé et sauver des vies, bien sûr, mais aussi épargner autant que possible le duo écoles/économie et permettre la perspective de fêtes de Noël familiales.La question est aussi de savoir si l'on touchera ne fut-ce que partiellement aux écoles. Pour des raisons de continuité de l'enseignement et de bien-être psychologique des enfants, la volonté est de ne pas les refermer. Mais certains mettent en avant le foyer potentiel de contamination qu'elles représentent, singulièrement dans les dernières années du secondaire et dans le supérieur (déjà passé en code orange, avec un présentiel limité à 25%). Dans un message publié lundi, la députée Groen, parti faisant partie de la majorité fédérale mais pas flamande, laissait entendre qu'il serait judicieux de prendre des mesures à ce niveau au vu de la répartition des contaminations par classes d'âges.Toutes les écoles flamandes vont d'ailleurs passer en code orange d'ici les vacances de Toussaint. "L'enseignement physique à temps plein reste la règle pour tous les élèves de l'enseignement primaire et secondaire, précise Ben Weyts (N-VA), ministre flamand de l'Enseignement. Les écoles ont la possibilité toutefois de prévoir un enseignement à distance si nécessaire pour les 2e et 3e cycles, à condition que tous les élèves puissent s'y joindre effectivement." La Fédération Wallonie-Bruxelles suit le mouvement: il a été annoncé ce mercredi que les écoles passent en code orange.Dans l'enseignement supérieur, des fermetures complètes devraient être annoncées. La VUB a annoncé mercredi qu'elle passait en code rouge, avant que d'autres ne suivent plus que vraisemblablement.