La présidente du GEMS, le groupe d'experts qui conseille le gouvernement, ne nie pas que la crise sanitaire et les mesures qui l'accompagnent pèsent lourdement sur la population mais, à ses yeux, se plaindre sans cesse ne va pas aider à se sentir mieux.
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La présidente du GEMS, le groupe d'experts qui conseille le gouvernement, ne nie pas que la crise sanitaire et les mesures qui l'accompagnent pèsent lourdement sur la population mais, à ses yeux, se plaindre sans cesse ne va pas aider à se sentir mieux."Si on ne cesse de se répéter entre nous: c'est horrible et on n'en peut plus, alors c'est sûr que l'on n'en pourra plus. Je ne veux en aucune manière nier à quel point c'est très lourd pour tout le monde et certainement pour toute une série de groupes, comme beaucoup de gens à risque ou nos jeunes, c'est incontestable. Mais, à l'inverse, je pense, je l'ai déjà dit et maintenant je vais le mettre sur mon pull, que nous devons arrêter de râler", a-t-elle déclaré sur le plateau de "De Zevende Dag" (VRT). L'infectiologue met en avant les progrès réalisés par rapport à l'an passé. "Il y a exactement un an nous avions le premier patient corona et nous avions bricolé des unités de test dans des containers devant les hôpitaux. Nous étions pris dans la tempête des gens qui revenaient d'Italie. Nous ne pouvions réaliser que quelques dizaines de tests par jour, maintenant on peut en faire des dizaines de milliers", a-t-elle rappelé. "Nous avons toute une stratégie de vaccination. Elle va trop lentement à notre sens mais on a pu vacciner tous les centres de soin résidentiels. La mortalité y a chuté et nous voyons beaucoup moins de foyers. C'est un progrès énorme dont on ne parle pas assez. Mais c'est un réel progrès", a-t-elle ajouté. La déclaration a suscité des réactions, notamment dans les rangs politiques, singulièrement dans les rangs libéraux. Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, a tweeté: "Râler est une des dernières libertés qui n'a pas été réduite. C'est légitime dans une démocratie. On doit savoir l'entendre. Demain, j'imprime un pull 'ensemble, accélérons la vaccination!' ce sera plus utile".David Clarinval, ministre MR des Classes moyennes, des Indépendants et des PME n'est pas en reste. "Les citoyens ne râlent pas par plaisir, souligne-t-il. Ils souffrent psychologiquement, par manque de contacts sociaux ou par ce qu'ils ont des revenus financiers en berne (indépendants, chomeurs "temporaires"...). Cette déclaration illustre le décalage de certains "experts" avec la réalité."Est-ce de la prétention ou de l'incompétence?", se demande Hendrik Vuye, ancien député nationaliste. De nombreux commentaires mettent en avant le caractères obstiné des experts, virologes et épidémiologistes, arc-boutés sur la simple dimension sanitaire de la crise, en négligeant les autres conséquencesn en matière de santé mentale ou de dégâts économiques.Alors qu'un nouveau Comité de concertation est programmé le 5 mars, dans un contexte épidémiologique délicat, le caractère "insoutenable" de certaines mesures, dont la bulle sociale, continue à faire débat. Après ses déclarations poémiques de la semaine passée - il avait reconnu ne pas respecter la "bulle sociale de un" en intérieur - le coprésident Jean-Marc Nollet ne renie rien. Il l'a répété dans plusieurs entretiens télévisés et dans la presse écrite."Mon option est de participer intelligemment au débat public, explique-t-il ce lundi matin dans Le Soir. Pas en tweetant tous les quarts d'heure ou en faisant le buzz à chaque sortie en radio. Mais un débat me paraît essentiel. Pour expliquer notamment que s'il y a toujours une bulle à un aujourd'hui, c'est parce qu'on n'est pas majoritaire au gouvernement. Si on ne s'exprime plus les gens ignorent qu'il y a débat et compromis sur la question. Mais si on renonce à avoir cette expression publique, cela vaut aussi pour les virologues. Sinon, les politiques sont remplacés par les experts et le risque est alors que l'on ne prenne plus compte que l'avis des virologues."