Infections, hospitalisations, taux d'incidence, campagne de vaccination... La situation dans la province liégeoise interpelle et inquiète. Va-t-elle rejoindre Bruxelles sur le banc des mauvais élèves? Dans tous les cas, le gouverneur s'est montré ferme: pas question de laisser tomber les dernières mesures encore en vigueur. Les assouplissements prévus par le Comité de concertation seront donc réservés aux "lauréats" belges de la lutte contre le covid. À savoir la Flandre, qui présente le taux de vaccination le plus élevé du pays.
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Infections, hospitalisations, taux d'incidence, campagne de vaccination... La situation dans la province liégeoise interpelle et inquiète. Va-t-elle rejoindre Bruxelles sur le banc des mauvais élèves? Dans tous les cas, le gouverneur s'est montré ferme: pas question de laisser tomber les dernières mesures encore en vigueur. Les assouplissements prévus par le Comité de concertation seront donc réservés aux "lauréats" belges de la lutte contre le covid. À savoir la Flandre, qui présente le taux de vaccination le plus élevé du pays.Se dirige-t-on vers une approche régionale, voire provinciale ou même communale des mesures covid? Une question qui divise les autorités et les experts alors que les données épidémiologiques varient parfois fortement d'une ville à l'autre.Le taux de vaccination est l'un des indices phares permettant d'évaluer l'avancée de notre pays dans la lutte contre le covid. Une donnée qui évolue dans le temps, mais aussi selon les Régions. C'est en effet en Flandre que la campagne de vaccination semble aujourd'hui la plus efficace, avec un taux de 78% de la population complètement vaccinée, soit 5,2 millions de citoyens. En Wallonie, on atteint un pourcentage de 67 % de vaccinés contre 51 % à Bruxelles.Le taux d'incidence a également toute son importance, puisque c'est lui qui indique le nombre de tests positifs pour 100.000 habitants. Là encore, c'est en Wallonie et à Bruxelles qu'on déplore le plus de cas. Si l'on observe les données reprenant l'incidence commune par commune, deux zones se distinguent nettement : la Région bruxelloise et la région de Liège. La province de Liège présentait en effet une incidence de 167 nouveaux tests positifs (pour 100.000 habitants) la semaine dernière, contre 163 à Bruxelles. La situation dans la province de Liège est donc loin d'être idéale. Ces derniers jours, une hausse des contaminations et des cas positifs a été enregistrée dans plusieurs communes. Une hausse particulièrement marquée dans les communes avec un plus faible taux de vaccination. À Waimes notamment, l'incidence était de 2332 la semaine dernière, soit une hausse de 344%. Waimes compte 55,4% de personnes complètement vaccinées sur son territoire, soit une donnée en deçà de la moyenne en Wallonie (67%). Même constat à Malmedy (incidence de 892, soit +75 %) ou encore à Oupeye (incidence de 698, soit +108%).Au niveau des hospitalisations, même problème: alors que la tendance est à la baisse dans l'ensemble du pays, la situation dans la province de Liège reste défavorable. Le nombre de personnes hospitalisées continue d'augmenter. La ville de Liège connaîtrait même un boom des hospitalisations, prévient le porte-parole du CHR Citadelle de Liège, interrogé par RTL. "Ça remonte depuis un certain temps, explique Antoine Gruselin. "Depuis le 1er septembre, on est repassé en phase 1A. On était le premier hôpital à le faire puisqu'on commençait à coincer au niveau des soins intensifs." La province est même officiellement entrée en niveau d'alerte 4, tout comme la capitale. Preuve que la situation est loin d'être rose... Dès lors, il y a lieu de se demander si l'on se dirige vers des mesures plus strictes localement. À l'heure où le Codeco annonce plusieurs allègements des mesures et le retour de certaines libertés, le gouverneur de la province de Liège prend le contre-pied. Hervé Jamar a en effet pris un arrêté de police qui maintient les différentes mesures covid actuellement en vigueur et ce, sur l'ensemble du territoire provincial. Les principales mesures concernent le respect de la distanciation sociale et du port du masque dans toutes les zones et événements fréquentés par un public nombreux, mais aussi dans les commerces, l'HoReCa et autres lieux. Et pour tenter de contrer l'aggravation de l'épidémie, la cellule de crise va même se réunir aujourd'hui pour décider d'un éventuel durcissement de ces mesures. Par exemple, le retour obligatoire du télétravail, la possibilité de limiter ou d'interdire certains rassemblements et événements ou une utilisation plus large du Covid safe ticket, comme à Bruxelles par exemple. Et il n'y a pas que Liège qui est concernée par ce potentiel durcissement des mesures. La situation est également problématique dans la province de Charleroi, où le taux de population vaccinée n'est clairement pas meilleur. À Charleroi, il y a 71% de vaccinés pour les plus de 18 ans, 58 % seulement pour la population globale, soit moins que Liège... " On a donc décidé, avec Nicolas Tzanetatos, de déposer un point en urgence au conseil communal de Charleroi ce lundi ", a déclaré Denis Ducarme dans des propos repris par Sudpresse. "On va voir s'ils l'acceptent ou non. Si pas, on reviendra avec ça. Notre intention est de faire un certain nombre de propositions pour rattraper le retard ". L'extension du Covid Safe Ticket à certains secteurs "extrêmement ciblés" pourrait même s'avérer nécessaire en Wallonie, a convenu ce samedi le vice-ministre président du gouvernement wallon, Willy Borsus. Le gouvernement wallon (PS-MR-Ecolo) a demandé jeudi un avis au Risk Assessment Group (RAG, Groupe d'évaluation des risques), ainsi qu'à la Fédération Wallonie-Bruxelles (notamment pour l'aspect concerts, culture). Quoi qu'il en soit, pas question de relâcher notre vigilance, estime Willy Borsus. Selon lui, les mesures de distanciation doivent donc être maintenues au sud du pays, y compris le port du masque.