L'ONG Plan international a sorti lundi les résultats de son enquête Safer Cities sur le harcèlement de rue. L'enquête, réalisée en 2019, a été réalisée dans trois villes, Bruxelles, Charleroi et Anvers. Elle se base sur une étude menée auprès de 700 jeunes âgés de 15 à 24 ans. Les résultats sont accablants, ce sont neuf jeunes filles et femmes sur 10 qui sont victimes de harcèlement de rue. Les types de harcèlement les plus fréquents sont les sifflements (82%), les regards insistants (79%) ou encore les remarques sur l'apparence (62%). Les tentatives d'approche trop flirteuses et les attouchements non souhaités représentent quant à elles respectivement 59 % et 36% des types de harcèlement. L'étude, réalisée avec l'institut de sondage Dedicated démontre cependant que ce sont 91 % des filles et jeunes femmes, et tout de même 28 % des garçons ou jeunes hommes interrogés qui ont été victimes de ce phénomène. Mais le rapport apporte aussi des solutions à ce problème social. La plateforme Safer Cities, quand à elle, a pour objectif d'identifier les lieux qui posent problème. C'est aux jeunes internautes de pointer ces lieux en question et pour le moment la plateforme a déjà enregistré environ 3 000 signalements.

Un problème qui perdure

En 2012, le documentaire Femmes dans la rue avait déjà tiré la sonnette d'alarme face au harcèlement sexuel. Dans ce court métrage en caméra cachée, la réalisatrice Sofie Peeters se promène dans les rues de Bruxelles et montre au téléspectateur du harcèlement qu'elle subit. Elle se fait siffler et insulter à plusieurs reprises, quotidien de beaucoup d'autres jeunes femmes en Belgique. Après avoir beaucoup fait parler de lui dans les médias et les réseaux sociaux, le document a finalement fait bouger les choses. En 2014 la ministre de l'Intérieur en charge de l'Egalité des Chances de l'époque, Joëlle Milquet avait fait adopter la loi visant à lutter contre le sexisme dans l'espace public. Elle punit d'une amende de pouvant aller jusqu'à 1 000 euros ou d'une peine d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à un an toute personne qui exprime "un mépris à l'égard d'une personne, en raison de son appartenance sexuelle, ou [la considère] comme inférieure ou comme réduite essentiellement à sa dimension sexuelle [entraînant] une atteinte grave à sa dignité". Cependant cette initiative qui semble louable a aussi été critiquée pour ces failles. En effet, le harcèlement de rue est compliqué à estimer car il faut agir très vite. Même si la loi de mai 2014 était une initiative qui a permis à d'autres pays européens de prendre le même chemin législatif, le problème reste apparemment bien présent.

Quelles solutions ?

En mars 2021, la brigade anti harcèlement de rue à Liège s'est fait connaître sur les réseaux sociaux. Une femme policière, discrètement suivie par trois de ses collègues se promène dans le centre de Liège et verbalise les hommes trop insistants ou insultants. La brigade a accumulé jusqu'à une dizaine de verbalisations par journée d'intervention, et c'était ensuite à la justice de faire son travail. Pour les villes qui ne sont pas équipées d'une telle brigade, le rapport de Plan international propose d'autres solutions face à ce fléau, dont la participation des passants. L'étude met en avant le fait que beaucoup n'interviennent pas (46%) car ils ne savent pas comment réagir. Le rapport propose donc les "4 D" pour réagir en tant que témoins qui sont :

Agir directement, en indiquant clairement que son comportement n'est pas acceptable. Distraire, en coupant la conversation entre la victime et le(s) harceleur(s). Déléguer, ne pas agir pas seul.e et demander de l'aide. Donner du soutien en accompagnant et soutenant la victime.

La plateforme Safer Cities a aussi organisé le 9 février 2021, une rencontre de 500 jeunes d'Anvers, Bruxelles, Charleroi, Barcelone, Madrid et Séville pour trouver des solutions contre le harcèlement de rue. Lors de ce rassemblement, ils ont voté pour cinq solutions pour lutter contre le harcèlement sexuel qui sont la participation des jeunes, la sensibilisation, l'éducation ainsi qu'une amélioration des espaces et des transports publics. Ces actions permettront peut être une plus grande sureté des villes pour les jeunes femmes, en espérant que les chiffres du prochain rapport soient moins accablants.

Angèle Bilégué.

L'ONG Plan international a sorti lundi les résultats de son enquête Safer Cities sur le harcèlement de rue. L'enquête, réalisée en 2019, a été réalisée dans trois villes, Bruxelles, Charleroi et Anvers. Elle se base sur une étude menée auprès de 700 jeunes âgés de 15 à 24 ans. Les résultats sont accablants, ce sont neuf jeunes filles et femmes sur 10 qui sont victimes de harcèlement de rue. Les types de harcèlement les plus fréquents sont les sifflements (82%), les regards insistants (79%) ou encore les remarques sur l'apparence (62%). Les tentatives d'approche trop flirteuses et les attouchements non souhaités représentent quant à elles respectivement 59 % et 36% des types de harcèlement. L'étude, réalisée avec l'institut de sondage Dedicated démontre cependant que ce sont 91 % des filles et jeunes femmes, et tout de même 28 % des garçons ou jeunes hommes interrogés qui ont été victimes de ce phénomène. Mais le rapport apporte aussi des solutions à ce problème social. La plateforme Safer Cities, quand à elle, a pour objectif d'identifier les lieux qui posent problème. C'est aux jeunes internautes de pointer ces lieux en question et pour le moment la plateforme a déjà enregistré environ 3 000 signalements. Un problème qui perdureEn 2012, le documentaire Femmes dans la rue avait déjà tiré la sonnette d'alarme face au harcèlement sexuel. Dans ce court métrage en caméra cachée, la réalisatrice Sofie Peeters se promène dans les rues de Bruxelles et montre au téléspectateur du harcèlement qu'elle subit. Elle se fait siffler et insulter à plusieurs reprises, quotidien de beaucoup d'autres jeunes femmes en Belgique. Après avoir beaucoup fait parler de lui dans les médias et les réseaux sociaux, le document a finalement fait bouger les choses. En 2014 la ministre de l'Intérieur en charge de l'Egalité des Chances de l'époque, Joëlle Milquet avait fait adopter la loi visant à lutter contre le sexisme dans l'espace public. Elle punit d'une amende de pouvant aller jusqu'à 1 000 euros ou d'une peine d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à un an toute personne qui exprime "un mépris à l'égard d'une personne, en raison de son appartenance sexuelle, ou [la considère] comme inférieure ou comme réduite essentiellement à sa dimension sexuelle [entraînant] une atteinte grave à sa dignité". Cependant cette initiative qui semble louable a aussi été critiquée pour ces failles. En effet, le harcèlement de rue est compliqué à estimer car il faut agir très vite. Même si la loi de mai 2014 était une initiative qui a permis à d'autres pays européens de prendre le même chemin législatif, le problème reste apparemment bien présent.Quelles solutions ? En mars 2021, la brigade anti harcèlement de rue à Liège s'est fait connaître sur les réseaux sociaux. Une femme policière, discrètement suivie par trois de ses collègues se promène dans le centre de Liège et verbalise les hommes trop insistants ou insultants. La brigade a accumulé jusqu'à une dizaine de verbalisations par journée d'intervention, et c'était ensuite à la justice de faire son travail. Pour les villes qui ne sont pas équipées d'une telle brigade, le rapport de Plan international propose d'autres solutions face à ce fléau, dont la participation des passants. L'étude met en avant le fait que beaucoup n'interviennent pas (46%) car ils ne savent pas comment réagir. Le rapport propose donc les "4 D" pour réagir en tant que témoins qui sont : Agir directement, en indiquant clairement que son comportement n'est pas acceptable. Distraire, en coupant la conversation entre la victime et le(s) harceleur(s). Déléguer, ne pas agir pas seul.e et demander de l'aide. Donner du soutien en accompagnant et soutenant la victime. La plateforme Safer Cities a aussi organisé le 9 février 2021, une rencontre de 500 jeunes d'Anvers, Bruxelles, Charleroi, Barcelone, Madrid et Séville pour trouver des solutions contre le harcèlement de rue. Lors de ce rassemblement, ils ont voté pour cinq solutions pour lutter contre le harcèlement sexuel qui sont la participation des jeunes, la sensibilisation, l'éducation ainsi qu'une amélioration des espaces et des transports publics. Ces actions permettront peut être une plus grande sureté des villes pour les jeunes femmes, en espérant que les chiffres du prochain rapport soient moins accablants. Angèle Bilégué.