Le rapport final de la mission des informateurs royaux Johan Vande Lanotte et Didier Reynders doit être livré lundi à 16h30 lors d'une audience avec le roi Philippe, a-t-on appris à bonne source. Une conférence de presse devrait être convoquée dans la foulée.
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Le rapport final de la mission des informateurs royaux Johan Vande Lanotte et Didier Reynders doit être livré lundi à 16h30 lors d'une audience avec le roi Philippe, a-t-on appris à bonne source. Une conférence de presse devrait être convoquée dans la foulée. Cela fait plus de quatre mois maintenant que les deux hommes débroussaillent le terrain et tentent, pour l'instant, toujours en vain d'ouvrir la voie à un gouvernement jaune-violet. La piste privilégiée par les informateurs a toujours été un accord entre les deux plus importantes formations de chacune des deux plus grandes communautés du pays, la N-VA et le PS. Mais on en est loin. Huit partis avaient été invités au début de la mission d'information royale. Mais avant la première réunion, Ecolo a annoncé qu'il ne s'y rendrait pas parce qu'il ne souhaitait pas s'asseoir à la même table que la N-VA. Groen, qui liait son destin fédéral à celui d'Ecolo, a dû quitter la table début septembre, laissant autour de celle-ci la N-VA, le PS, le MR, l'Open Vld, le CD&V et le sp.a.Début septembre, Reynders (MR) et Vande Lanotte (sp.a) avaient annoncé qu'ils espéraient pouvoir venir, au terme de cette mission d'information prévu en ce début d'octobre, avec une proposition de formation. Rien n'indique que ce souhait soit exaucé malgré une mission au long cours. Le duo Vande Lanotte-Reynders est la plus longue mission de l'histoire belge et leur bail renouvelé à plusieurs reprises. Et si jusqu'ici, les deux informateurs se montraient plutôt confiants, leur mission ne pourra être renouvelée une nouvelle fois après plus de 133 jours. Pour commencer parce que Didier Reynders s'en va vers d'autres cieux. Il doit en effet prendre sa nouvelle fonction de commissaire européen à partir de novembre. Ensuite, parce que le temps n'est plus à la temporisation. Maintenant que tous les gouvernements fédéraux sont formés, ce n'est plus le temps de la tergiversation. Pour le roi, le moment est venu de passer les rênes à la N-VA et au PS pour qu'ils tentent d'eux-mêmes d'explorer davantage la piste jaune-violet. Le mardi, ou au plus tard le mercredi, il donnera donc une nouvelle mission à un duo inédit dit le Standaard. L'intention est de leur donner le titre de "préformateur", bien que le terme puisse encore être trop sensible, dit encore le quotidien, et qu'il est beaucoup trop tôt que pour parler de formateurs. C'est aussi pour cela que De Wever et Magnette ne vont pas personnellement déjà monter au front. A cela s'ajoute que le premier ne veut pas griller ses cartouches et que le second n'est pas encore officiellement investi comme nouveau président. On devrait donc envoyer des politiques de deuxièmes lignes. On parle de Geert Bourgeois, Peter De Roover croit savoir De Standaard. Du côté du PS on annonce Jean-Claude Marcourt, puisque Laurette Onkelinx serait jugée trop controversée, bien qu'elle ait annoncé qu'elle participerait aux négociations fédérales. Theo Francken ne devrait, pour cette même raison, pas non plus être désigné. Pourtant les relations entre les deux partis ne se sont pas assouplies au cours des mois écoulés. Il y aurait eu une réunion secrète jeudi dernier entre, Bart De Wever (N-VA), Theo Francken (N-VA), Elio Di Rupo (PS) et Paul Magnette (PS) selon De Morgen. Il y aurait été convenu qu'il était encore trop tôt pour sortir " les plus grosses armes . "Pour l'instant on n'a fait que se renifler" a précisé une source au Morgen. Les nationalistes flamands craindraient particulièrement le fait que les élections présidentielles au boulevard de l'empereur, ne provoquent des retards supplémentaires. "Tant que le nouveau président ne sera pas fermement en selle, il sera aussi flexible qu'un pied-de-biche", prédit un homme de N-VA. "C'est pourquoi il est encore trop tôt pour envoyer les généraux de chaque parti, car que se passera-t-il s'ils échouent ?" Ainsi malgré le fait que les deux partis se sont revus plusieurs fois ces dernières semaines en toute discrétion, par la moindre fumée blanche à l'horizon. La N-VA veut mettre sur la table le confédéralisme si elle doit passer un accord avec le PS. De son côté, l'unique candidat à la présidence du PS, Paul Magnette, a répété vendredi encore que malgré les contacts nombreux, "on n'est nulle part et d'accord sur rien". Dans le Soir, Onkelinx a par ailleurs vertement exprimé son aversion pour Francken. "Le bruit des bottes est devenu assourdissant ", a-t-elle dit en faisant référence à l'Allemagne nazie. Et à la N-VA on n'est pas plus tendre. Si en façade on se dit ouvert aux discussions, en coulisses on canonne sec. Autant de sorties qui pourraient faire croire que toute tentative de rapprochement tiendrait plus de la mascarade.