La Seconde Guerre mondiale n'est pas oubliée, son assimilation est encore en cours. Mais aujourd'hui, ce sont leurs enfants et petits-enfants qui cherchent à rassembler les faits et les souvenirs, afin de comprendre le contexte dans lequel a vécu leur famille à l'époque.

KOEN AERTS : "Dernièrement, lors d'une de mes conférences, des gens m'ont montré une photo héritée de leur grand-père. Il porte un uniforme qui les dérange. Les questions se bousculent dans leur esprit. Ils sont à la recherche d'informations pour construire leur récit. Dans l'espoir d'aider de telles personnes, avec quelques confrères, nous avons rédigé un guide, intitulé Papy était-il un nazi ? (1), pour explorer l'histoire de la collaboration et de la répression. Un autre livre, Papy était-il un héros ?, de mon collègue historien Fabrice Maerten (2), a pour but d'aiguiller le public dans le monde de la Résistance. Ces ouvrages sont des premiers outils pour entamer le travail."

Les membres de la famille concluent parfois que leur parent a été concerné à tort. La réalité est davantage sous la surface

Comment débuter concrètement ?

"Tout d'abord, s'adresser aux Archives générales du Royaume sur la base des données dont vous disposez : nom complet, date de naissance et, le cas échéant, adresse du parent en question à l'époque. Si vous envoyez un mail avec ces renseignements aux Archives, ils regarderont si un dossier judiciaire a été établi (dans le cas où vous soupçonnez ce parent d'avoir collaboré). S'il s'agit de la Résistance, il faut prendre contact avec le Service des victimes de la guerre ou au Cegesoma (3)."

Si on trouve un dossier judiciaire, que faire ?

"Je conseille toujours de se documenter. L'expérience m'a appris que la recherche dans les archives devait aller de pair avec des lectures plus générales. Quand vous avez pour la première fois un tel dossier sous les yeux, vous avez affaire à un jargon difficile. Si vous n'êtes pas un habitué de l'instrumentaire juridique, vous risquez de vous retrouver démuni. Par exemple, il existe une série d'articles de droit spécifiques qui sanctionnent quatre formes de collaboration. Papy était-il un nazi ? a précisément été écrit pour expliquer ces articles et comment lire ce genre de documents. Bien entendu, il faut garder le contexte historique à l'esprit pour interpréter correctement ce qu'on découvre. Il y avait une foule d'organisations, de mouvements et de partis dans lesquels on pouvait s'engager. Pour bien les cerner, pour comprendre le rôle du parent, vous devez savoir ce qu'ils défendaient, comment la société était organisée à l'époque, à quelle tendance ils appartenaient... C'est la seule façon de mesurer leur importance."

"C'est souvent l'étape la plus difficile. Les gens obtiennent ces fichiers et y voient d'abord ce qu'ils ont envie de voir. Le langage juridique crée une sorte de filtre, si bien qu'ils ne comprennent pas toujours bien la valeur des propos, de l'argumentation ou de l'accusation. Par exemple, ils constatent qu'il y a un dossier judiciaire, mais pas de condamnation. Qu'est-ce que cela signifie ? Quelqu'un qui n'a pas été condamné n'est pas automatiquement "innocent" ; il y avait d'autres sanctions et mesures punitives en dehors des tribunaux. Celles-ci étaient précisément mises en oeuvre pour éviter de les engorger. Pour cela, on choisissait de sanctionner d'une autre manière les actes de collaboration sans gravité, comme la simple adhésion à une association, sans recourir à une poursuite devant le tribunal."

"Les membres de la famille concluent parfois que leur parent a été concerné à tort. La réalité est davantage sous la surface. Nous nous sommes livrés via la recherche historique à une étude de la répression qui permet d'évaluer l'attitude du grand-père ou de la grand-mère par rapport à la société en général, de prendre en compte tous les faits de collaboration et d'en faire une sorte de bilan quantitatif. Certaines demandent par exemple : "Grand-père a été condamné à cinq ans, qu'est-ce que cela veut dire ? Cela signifie-t-il qu'il a vraiment purgé cette peine dans sa totalité ?" D'une manière générale, les gens n'ont que rarement exécuté toute leur peine. En effet, le dossier judiciaire n'est qu'une première étape. S'il y a une condamnation, de nombreux autres dossiers, émanant de toutes sortes d'instances suivent le parcours pénal de la personne. En cas de sanction avec privation de liberté, ces organismes établissent des rapports réguliers pour évaluer l'attitude et la moralité de la personne visée. Leur but est de décider si une mesure de grâce est ou non opportune et si la libération est envisageable."

Sur le front de l'Est, dans une forêt russe enneigée, des soldats transportent un seau d'eau.

Le dossier judiciaire est-il la seule façon d'en savoir plus ?

"Beaucoup de descendants considèrent le dossier judiciaire comme le Graal. Or, il n'en est rien. Je conseille de chercher plus loin et plus large. Si vous connaissez la personne, ce dossier n'est rien de plus qu'une base pour la reconstitution personnelle de tout le récit. C'est important. D'autant que nous constatons qu'au fil de la gestion du dossier, on devient, lentement mais sûrement, plus indulgent. L'accès à ces dossiers, dont le collège des procureurs généraux décide en dernière instance, n'est pas toujours garanti pour les descendants. Il faut en général recevoir l'approbation des autres descendants du premier degré. Que se passet-il alors ? Dans certaines familles, un oncle, un enfant ou un petit-enfant souhaite obtenir des informations sur le grand-père, la grand-mère ou un autre parent. Suite à une rupture, à une querelle ou au refus d'un descendant d'ouvrir ce qui pourrait devenir une boîte de Pandore, cette autorisation collective n'est pas donnée. Donc problème. Dans ce cas, je conseille de commencer par adresser une demande au collège des procureurs généraux."

"Si cela ne marche pas, d'autres dossiers peuvent éventuellement fournir des informations. Encore faut-il pouvoir les trouver. C'est pourquoi il y a quatre ans, j'ai contacté un certain nombre de collègues afin de compiler toutes les demandes d'information éparses qui nous étaient envoyées et de concevoir ainsi une sorte de "moteur de recherche" susceptible d'aider ces personnes. Ce travail a débouché sur la publication de notre ouvrage, Papy était-il un nazi ?. Cette boussole permet, sur la base des maigres éléments réunis dans le cercle familial, de s'orienter vers les archives susceptibles de contenir les sources recherchées. Si la toute première collecte d'informations a montré que votre grand-père ou votre grand-mère a un jour purgé une peine de prison, vous possédez une pièce intéressante. Vous pouvez tout de suite vous tourner vers les dossiers de détention. Ce sont autant de documents qui peuvent fournir quelques jalons utiles. Une fois à l'intérieur d'un dossier, en tant que particulier, vous pouvez progresser de manière presque organique. Vous trouvez une piste, et c'est parti. Si vous n'avez rien de plus qu'une suspicion que ce parent a été impliqué dans la collaboration, vous avez d'office sept sources potentielles à consulter sur base de cette seule information sommaire. Si vous savez que la personne concernée a été emprisonnée, deux sources s'y ajoutent. Les pistes de recherche sont donc multiples.

La recherche est-elle beaucoup plus complexe si on pense que le parent était dans la Résistance ?

"La Résistance est par définition une activité cachée. Il existe une quantité de sources. Ce qui rend la recherche nettement plus ardue. Concernant la collaboration, nous possédons des études et des analyses relatives à la très vaste opération légale d'après-guerre, qui donnent accès à ce fragment du passé. Pour la Résistance, nous avons certes les statuts et les distinctions officiels, mais certains activistes n'ont jamais reçu de distinction ou n'en ont jamais fait la demande. C'est un cas de figure, dans lequel certaines informations restent inaccessibles. Un fait encore renforcé par la dimension clandestine de la Résistance. Elle n'a évidemment pas été documentée en détail."

"Les sources, hormis les statuts et reconnaissances nationaux, sont, dans le cas de la Résistance, souvent très dispersées. Il existe d'innombrables archives privées. Cela vaut aussi pour la collaboration, mais dans ce cas, nous avons une opération bien plus massive menée par les autorités, qui a laissé de nombreux documents. Dans ce cas, Papy était-il un héros ? peut aider à chercher plus efficacement."

(1) Papy était-il un nazi ?, Koen Aerts et col., Racine. 2017.

(2) Papy était-il un héros ?, Fabrice Maerten, Racine, 2020. Un guide pour enquêter dans les archives nationales et internationales sur le passé de parents qui étaient dans la Résistance durant la Seconde Guerre mondiale.

(3) Centre d'étude guerre et société, www.cegesoma.be

Par où commencer ?

Vous enquêtez sur le passé d'un parent durant la Seconde Guerre mondiale... Comment procéder ?

INTERROGEZ Une photo, une histoire... Le point de départ d'une recherche peut être vague. Que savez-vous ? Connaissez-vous le nom, la date de naissance, éventuellement le domicile du membre de la famille concerné ? Essayez d'en savoir le plus possible, afin d'affiner votre demande.

CHERCHEZ Avec les données concrètes dont vous disposez, vous pouvez entamer une recherche. Où commencer ? Dans l'ouvrage Papy était-il un nazi ?, vous trouverez un manuel pratique à consulter si vous supposez que votre parent a été impliqué dans la collaboration, tandis que Papy était-il un héros ?, propose des clés pour trouver davantage d'information si votre parent était dans la Résistance.

LISEZ Ce que l'on trouve dans les archives n'est pas toujours facile à décrypter. Tout a son contexte. Il est donc important d'élargir vos lectures afin d'en bien comprendre la teneur. Que représentent toutes ces organisations ou associations ? Quelle était leur place dans la société d'alors ? Comment la répression a-t-elle été organisée après le conflit ? Comment interpréter les dossiers judiciaires ? Connaître les faits n'est pas suffisant, il faut aussi les resituer dans leur époque.

Besoin d'aide ?

Où vous adresser dans votre enquête sur le passé d'un parent durant la Seconde Guerre mondiale ?

ARCHIVES GÉNÉRALES DU ROYAUME

La recherche sur l'histoire familiale débute souvent aux Archives générales du royaume. Vous pouvez aussi envoyer un mail avec votre demande au Service Archives des victimes de la guerre (aos_avg@arch.be). Cette section des Archives générales gère les archives de guerre touchant à l'histoire de la Résistance, aux déportations et aux persécutions. La collection comprend 550 000 dossiers individuels de civils impliqués en Belgique ou dans les zones occupées dans les événements liés à la Seconde Guerre mondiale. On y trouve aussi de la documentation générale sur le travail obligatoire et volontaire, les bureaux de mise au travail, les camps de concentration en Allemagne et dans les régions occupées, les prisons belges, la résistance, la persécution des Juifs de Belgique, l'administration militaire allemande, le rapatriement, la recherche des disparus, les procès d'après-guerre, ainsi que des fonds sur la déportation et la persécution des Juifs et des Tziganes, avec plus de 75 000 dossiers ou fiches numérisées.

search.arch.be

CEGESOMA

Le Cegesoma est le centre d'expertise belge pour l'histoire des conflits du XXe siècle. Par le biais d'un simple courriel, vous pouvez non seulement réserver des pièces d'archives, des livres, des thèses, des manuscrits, des coupures de presse, des annuaires et des archives iconographiques et sonores (demander et réserver en ligne est d'ailleurs obligatoire), mais aussi signaler que vous avez besoin d'aide pour des questions spécifiques. Auquel cas un spécialiste pourra vous aider sur place.

www.cegesoma.be

Une plateforme digitale où l'on trouve des informations pertinentes et scientifiques sur la Belgique pendant la Seconde Guerre mondiale.

www.belgiumwwii.be

Pour consulter des centaines de journaux écrits, imprimés et diffusés clandestinement durant les deux guerres mondiales.

warpress.cegesoma.be

La Seconde Guerre mondiale n'est pas oubliée, son assimilation est encore en cours. Mais aujourd'hui, ce sont leurs enfants et petits-enfants qui cherchent à rassembler les faits et les souvenirs, afin de comprendre le contexte dans lequel a vécu leur famille à l'époque.KOEN AERTS : "Dernièrement, lors d'une de mes conférences, des gens m'ont montré une photo héritée de leur grand-père. Il porte un uniforme qui les dérange. Les questions se bousculent dans leur esprit. Ils sont à la recherche d'informations pour construire leur récit. Dans l'espoir d'aider de telles personnes, avec quelques confrères, nous avons rédigé un guide, intitulé Papy était-il un nazi ? (1), pour explorer l'histoire de la collaboration et de la répression. Un autre livre, Papy était-il un héros ?, de mon collègue historien Fabrice Maerten (2), a pour but d'aiguiller le public dans le monde de la Résistance. Ces ouvrages sont des premiers outils pour entamer le travail."Comment débuter concrètement ?"Tout d'abord, s'adresser aux Archives générales du Royaume sur la base des données dont vous disposez : nom complet, date de naissance et, le cas échéant, adresse du parent en question à l'époque. Si vous envoyez un mail avec ces renseignements aux Archives, ils regarderont si un dossier judiciaire a été établi (dans le cas où vous soupçonnez ce parent d'avoir collaboré). S'il s'agit de la Résistance, il faut prendre contact avec le Service des victimes de la guerre ou au Cegesoma (3)."Si on trouve un dossier judiciaire, que faire ?"Je conseille toujours de se documenter. L'expérience m'a appris que la recherche dans les archives devait aller de pair avec des lectures plus générales. Quand vous avez pour la première fois un tel dossier sous les yeux, vous avez affaire à un jargon difficile. Si vous n'êtes pas un habitué de l'instrumentaire juridique, vous risquez de vous retrouver démuni. Par exemple, il existe une série d'articles de droit spécifiques qui sanctionnent quatre formes de collaboration. Papy était-il un nazi ? a précisément été écrit pour expliquer ces articles et comment lire ce genre de documents. Bien entendu, il faut garder le contexte historique à l'esprit pour interpréter correctement ce qu'on découvre. Il y avait une foule d'organisations, de mouvements et de partis dans lesquels on pouvait s'engager. Pour bien les cerner, pour comprendre le rôle du parent, vous devez savoir ce qu'ils défendaient, comment la société était organisée à l'époque, à quelle tendance ils appartenaient... C'est la seule façon de mesurer leur importance.""C'est souvent l'étape la plus difficile. Les gens obtiennent ces fichiers et y voient d'abord ce qu'ils ont envie de voir. Le langage juridique crée une sorte de filtre, si bien qu'ils ne comprennent pas toujours bien la valeur des propos, de l'argumentation ou de l'accusation. Par exemple, ils constatent qu'il y a un dossier judiciaire, mais pas de condamnation. Qu'est-ce que cela signifie ? Quelqu'un qui n'a pas été condamné n'est pas automatiquement "innocent" ; il y avait d'autres sanctions et mesures punitives en dehors des tribunaux. Celles-ci étaient précisément mises en oeuvre pour éviter de les engorger. Pour cela, on choisissait de sanctionner d'une autre manière les actes de collaboration sans gravité, comme la simple adhésion à une association, sans recourir à une poursuite devant le tribunal.""Les membres de la famille concluent parfois que leur parent a été concerné à tort. La réalité est davantage sous la surface. Nous nous sommes livrés via la recherche historique à une étude de la répression qui permet d'évaluer l'attitude du grand-père ou de la grand-mère par rapport à la société en général, de prendre en compte tous les faits de collaboration et d'en faire une sorte de bilan quantitatif. Certaines demandent par exemple : "Grand-père a été condamné à cinq ans, qu'est-ce que cela veut dire ? Cela signifie-t-il qu'il a vraiment purgé cette peine dans sa totalité ?" D'une manière générale, les gens n'ont que rarement exécuté toute leur peine. En effet, le dossier judiciaire n'est qu'une première étape. S'il y a une condamnation, de nombreux autres dossiers, émanant de toutes sortes d'instances suivent le parcours pénal de la personne. En cas de sanction avec privation de liberté, ces organismes établissent des rapports réguliers pour évaluer l'attitude et la moralité de la personne visée. Leur but est de décider si une mesure de grâce est ou non opportune et si la libération est envisageable."Le dossier judiciaire est-il la seule façon d'en savoir plus ?"Beaucoup de descendants considèrent le dossier judiciaire comme le Graal. Or, il n'en est rien. Je conseille de chercher plus loin et plus large. Si vous connaissez la personne, ce dossier n'est rien de plus qu'une base pour la reconstitution personnelle de tout le récit. C'est important. D'autant que nous constatons qu'au fil de la gestion du dossier, on devient, lentement mais sûrement, plus indulgent. L'accès à ces dossiers, dont le collège des procureurs généraux décide en dernière instance, n'est pas toujours garanti pour les descendants. Il faut en général recevoir l'approbation des autres descendants du premier degré. Que se passet-il alors ? Dans certaines familles, un oncle, un enfant ou un petit-enfant souhaite obtenir des informations sur le grand-père, la grand-mère ou un autre parent. Suite à une rupture, à une querelle ou au refus d'un descendant d'ouvrir ce qui pourrait devenir une boîte de Pandore, cette autorisation collective n'est pas donnée. Donc problème. Dans ce cas, je conseille de commencer par adresser une demande au collège des procureurs généraux.""Si cela ne marche pas, d'autres dossiers peuvent éventuellement fournir des informations. Encore faut-il pouvoir les trouver. C'est pourquoi il y a quatre ans, j'ai contacté un certain nombre de collègues afin de compiler toutes les demandes d'information éparses qui nous étaient envoyées et de concevoir ainsi une sorte de "moteur de recherche" susceptible d'aider ces personnes. Ce travail a débouché sur la publication de notre ouvrage, Papy était-il un nazi ?. Cette boussole permet, sur la base des maigres éléments réunis dans le cercle familial, de s'orienter vers les archives susceptibles de contenir les sources recherchées. Si la toute première collecte d'informations a montré que votre grand-père ou votre grand-mère a un jour purgé une peine de prison, vous possédez une pièce intéressante. Vous pouvez tout de suite vous tourner vers les dossiers de détention. Ce sont autant de documents qui peuvent fournir quelques jalons utiles. Une fois à l'intérieur d'un dossier, en tant que particulier, vous pouvez progresser de manière presque organique. Vous trouvez une piste, et c'est parti. Si vous n'avez rien de plus qu'une suspicion que ce parent a été impliqué dans la collaboration, vous avez d'office sept sources potentielles à consulter sur base de cette seule information sommaire. Si vous savez que la personne concernée a été emprisonnée, deux sources s'y ajoutent. Les pistes de recherche sont donc multiples.La recherche est-elle beaucoup plus complexe si on pense que le parent était dans la Résistance ?"La Résistance est par définition une activité cachée. Il existe une quantité de sources. Ce qui rend la recherche nettement plus ardue. Concernant la collaboration, nous possédons des études et des analyses relatives à la très vaste opération légale d'après-guerre, qui donnent accès à ce fragment du passé. Pour la Résistance, nous avons certes les statuts et les distinctions officiels, mais certains activistes n'ont jamais reçu de distinction ou n'en ont jamais fait la demande. C'est un cas de figure, dans lequel certaines informations restent inaccessibles. Un fait encore renforcé par la dimension clandestine de la Résistance. Elle n'a évidemment pas été documentée en détail.""Les sources, hormis les statuts et reconnaissances nationaux, sont, dans le cas de la Résistance, souvent très dispersées. Il existe d'innombrables archives privées. Cela vaut aussi pour la collaboration, mais dans ce cas, nous avons une opération bien plus massive menée par les autorités, qui a laissé de nombreux documents. Dans ce cas, Papy était-il un héros ? peut aider à chercher plus efficacement."