Migrants: "Nous ne suivrons jamais le modèle australien en Europe"

05/06/18 à 19:58 - Mise à jour à 19:58

Source: Belga

L'approche australienne de l'immigration, qui consiste à refouler de manière radicale toute personne non pourvue d'un visa en bonne et due forme, ne sera "jamais suivie en Europe", a affirmé mardi le commissaire européen en charge de la Migration, Dimitris Avramopoulos, en réaction à des propos de Theo Francken (N-VA).

Migrants: "Nous ne suivrons jamais le modèle australien en Europe"

Dimitris Avramopoulos © AFP

A son arrivée à cette réunion, le secrétaire d'Etat belge avait affirmé qu'il plaiderait auprès de ses homologues pour la méthode adoptée par l'Australie en matière de migration.

M. Francken avait également évoqué la possibilité de nouer un traité avec la Tunisie pour y renvoyer les personnes fuyant de Libye, insistant au passage pour que l'Europe puisse à nouveau réaliser des refoulements (push-backs) de bateaux de migrants.

Lors d'une interview, le secrétaire d'État avait d'ailleurs déclaré vouloir contourner l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme (CEDH) pour rendre possible de tels refoulements, avant de nuancer ses propos quelques heures plus tard.

Theo Francken "n'a pas voulu dire que l'article 3 de la CEDH devait être contourné, mais bien l'interprétation large qu'en a donnée la Cour européenne des droits de l'homme", avait précisé son cabinet dans un communiqué.

Quoi qu'il en soit, le commissaire Avramopoulos ne partage absolument pas l'approche défendue par le nationaliste flamand. "La politique migratoire de l'UE se fonde sur le principe de respect des droits humains et fondamentaux ainsi que sur celui de non-refoulement, qui est inscrit dans la convention de Genève. Cette dernière représente l'évangile de la politique migratoire de l'Union", a-t-il rappelé à l'issue du Conseil.

Les personnes qui n'ont pas besoin de protection internationale doivent pouvoir être renvoyées, mais les refoulements systématiques ne sont pas une option, a-t-il insisté. "Nous menons toutes nos politiques dans le plein respect des droits humains et du droit international, donc pas de push-backs", a conclu le commissaire européen.

Belga

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