La déclaration d'amour de Georges-Louis Bouchez à la "Belgique unitaire" et son plaidoyer pour une refédéralisation de compétences, faite dans le dernier numéro de Wilfried, suscite comme attendu une avalanche de réactions. Il y a ceux, comme les jeunes libéraux ou la présidente de l'Open VLD, qui se félicitent de cet "idéal n'étant pas une position de négociation". Il y a les autres, comme la N-VA ou les socialistes francophones, qui tombent de leur chaise et dénoncent un retour "à la Belgique du 19e siècle". Ceux-là crient à un oubli coupable de l'évolution fédérale ayant permis de pacifier le pays. Et il y a enfin ceux, comme son co-informateur Joachim Coens (CD&V) qui se félicitent de voir le débat sur l'avenir du pays placé de la sorte à l'agenda.

En tout état de cause, cette interview accordée alors que Georges-Louis Bouchez était déjà informateur et président de parti fait bouger les lignes en vue de la fin de la mission royale, mardi 28 janvier. On verra dans quel sens.

Ceci dit, la position actuelle des présidents des deux premiers partis francophones à l'égard de la Belgique et de son avenir a de quoi laisser pantois. Tant au niveau de la forme que du contenu.

Georges-Louis Bouchez fuse de toutes parts comme la nouvelle génération sait le faire et se fait un nom à la vitesse grand V. Ce faisant, il use des méthodes des politiques les plus rusés, y compris Bart De Wever. Mais en plaidant pour la Belgique unitaire, il étonne et brise effectivement la ligne de son parti. Son prédécesseur, Charles Michel, avait fait le choix risqué de s'allier à la N-VA pour préserver le pays, en intégrant la dynamique flamande en matière économique ou sécuritaire (sans débat communautaire en tant que tel, c'est vrai). Des régionalistes comme Willy Borsus (version pragmatique) ou Jean-Luc Crucke (version affective) ont quant à eux plaidé pour une Belgique à quatre, en insistant sur la régionalisation.

En outre Georges-Louis Bouchez joue sur l'imaginaire belge, présente ses voeux pour 2020 avec un tee-shirt belge et des allusions à Tintin, mais sa connaissance du néerlandais reste lacunaire. Il fallait le voir échapper aux caméras de la télévision flamande dans les couloirs du Sénat après l'affaire Khattabi, ne répondant qu'en français, sans même un "geen kommentaar". C'est un paradoxe bien francophone : aimer le pays, mais ne pas parler sa première langue.

Faut-il rappeler l'effet désastreux du néerlandais pour le moins "comique" d'Elio Di Rupo lorsqu'il était Premier ministre ? L'homme avait certes des circonstances atténuantes (des acouphènes) expliquant sa difficulté d'apprentissage, mais quand même...

Son successeur, Paul Magnette, parle au contraire un néerlandais d'un très bon niveau. Il n'a aucune peine à débattre à la télévision du Nord ou à s'exprimer devant un public flamand. C'est un signal fort, mais... ce politologue réputé, grand analyste des évolutions européennes, a tendance à ignorer la dynamique flamande ou à la considérer selon son propre prisme, idéologique, marqué à gauche, effrayé à la perspective de voir Ecolo et le PTB grignoter encore des parts de marché au PS.

Bien sûr, il y a des arguments à dire que le vote N-VA ou Vlaams Belang ne signifie pas forcément un appétit séparatiste ou indique des volontés d'avancées sociales. Mais en niant délibérément les deux premiers partis flamands (le Vlaams Belang, c'est normal et fidèle au cordon sanitaire) lors des longs mois de recherche d'un compromis fédéral, le président du PS n'a pas forcément contribué à trouver une solution belge. Les quelques voix s'exprimant en faveur d'une réforme de l'Etat au sein du parti (le Bruxellois Charles Picqué très vite, le Montois Eric Thiébaut cette semaine) ont notamment reçu peu d'échos., y compris en interne

Tout cela indique peut-être que l'on pourrait évoluer prochainement vers une coalition Vivaldi (socialistes, libéraux, écologistes et CD&V). Ce serait enfin choisir et les francophones rendraient à la N-VA la monnaie de sa pièce de 2019. Mais si cela s'avérait, l'avenir de la Belgique risque bien, à terme, en 2024, de poursuivre sa course folle vers une séparation de plus en plus grande. Le dialogue N-VA / PS avec le MR comme intermédiaire semble, lui, bien compris.

La Belgique unitaire est bien loin.

La déclaration d'amour de Georges-Louis Bouchez à la "Belgique unitaire" et son plaidoyer pour une refédéralisation de compétences, faite dans le dernier numéro de Wilfried, suscite comme attendu une avalanche de réactions. Il y a ceux, comme les jeunes libéraux ou la présidente de l'Open VLD, qui se félicitent de cet "idéal n'étant pas une position de négociation". Il y a les autres, comme la N-VA ou les socialistes francophones, qui tombent de leur chaise et dénoncent un retour "à la Belgique du 19e siècle". Ceux-là crient à un oubli coupable de l'évolution fédérale ayant permis de pacifier le pays. Et il y a enfin ceux, comme son co-informateur Joachim Coens (CD&V) qui se félicitent de voir le débat sur l'avenir du pays placé de la sorte à l'agenda.En tout état de cause, cette interview accordée alors que Georges-Louis Bouchez était déjà informateur et président de parti fait bouger les lignes en vue de la fin de la mission royale, mardi 28 janvier. On verra dans quel sens.Ceci dit, la position actuelle des présidents des deux premiers partis francophones à l'égard de la Belgique et de son avenir a de quoi laisser pantois. Tant au niveau de la forme que du contenu.Georges-Louis Bouchez fuse de toutes parts comme la nouvelle génération sait le faire et se fait un nom à la vitesse grand V. Ce faisant, il use des méthodes des politiques les plus rusés, y compris Bart De Wever. Mais en plaidant pour la Belgique unitaire, il étonne et brise effectivement la ligne de son parti. Son prédécesseur, Charles Michel, avait fait le choix risqué de s'allier à la N-VA pour préserver le pays, en intégrant la dynamique flamande en matière économique ou sécuritaire (sans débat communautaire en tant que tel, c'est vrai). Des régionalistes comme Willy Borsus (version pragmatique) ou Jean-Luc Crucke (version affective) ont quant à eux plaidé pour une Belgique à quatre, en insistant sur la régionalisation.En outre Georges-Louis Bouchez joue sur l'imaginaire belge, présente ses voeux pour 2020 avec un tee-shirt belge et des allusions à Tintin, mais sa connaissance du néerlandais reste lacunaire. Il fallait le voir échapper aux caméras de la télévision flamande dans les couloirs du Sénat après l'affaire Khattabi, ne répondant qu'en français, sans même un "geen kommentaar". C'est un paradoxe bien francophone : aimer le pays, mais ne pas parler sa première langue.Faut-il rappeler l'effet désastreux du néerlandais pour le moins "comique" d'Elio Di Rupo lorsqu'il était Premier ministre ? L'homme avait certes des circonstances atténuantes (des acouphènes) expliquant sa difficulté d'apprentissage, mais quand même...Son successeur, Paul Magnette, parle au contraire un néerlandais d'un très bon niveau. Il n'a aucune peine à débattre à la télévision du Nord ou à s'exprimer devant un public flamand. C'est un signal fort, mais... ce politologue réputé, grand analyste des évolutions européennes, a tendance à ignorer la dynamique flamande ou à la considérer selon son propre prisme, idéologique, marqué à gauche, effrayé à la perspective de voir Ecolo et le PTB grignoter encore des parts de marché au PS.Bien sûr, il y a des arguments à dire que le vote N-VA ou Vlaams Belang ne signifie pas forcément un appétit séparatiste ou indique des volontés d'avancées sociales. Mais en niant délibérément les deux premiers partis flamands (le Vlaams Belang, c'est normal et fidèle au cordon sanitaire) lors des longs mois de recherche d'un compromis fédéral, le président du PS n'a pas forcément contribué à trouver une solution belge. Les quelques voix s'exprimant en faveur d'une réforme de l'Etat au sein du parti (le Bruxellois Charles Picqué très vite, le Montois Eric Thiébaut cette semaine) ont notamment reçu peu d'échos., y compris en interneTout cela indique peut-être que l'on pourrait évoluer prochainement vers une coalition Vivaldi (socialistes, libéraux, écologistes et CD&V). Ce serait enfin choisir et les francophones rendraient à la N-VA la monnaie de sa pièce de 2019. Mais si cela s'avérait, l'avenir de la Belgique risque bien, à terme, en 2024, de poursuivre sa course folle vers une séparation de plus en plus grande. Le dialogue N-VA / PS avec le MR comme intermédiaire semble, lui, bien compris.La Belgique unitaire est bien loin.