On lui parle d'un ami blessé auquel son médecin avait recommandé de chanter en marchant et qui a beaucoup pratiqué le répertoire de Jacques Brel et de Georges Brassens dans les bois. Melanie De Biasio est saisie. " C'est beau ! Je veux rencontrer ce médecin ! " La chanteuse jazzy aux racines italiennes connaît l'art du souffle et le sentiment de communion avec la nature. Après sa tournée au Québec et en Islande, le festival Esperanzah (5 août) et le Jazz Middelheim (10 août), elle s'envolera pour Montereale Valcellina (Frioul). Au programme : des promenades avec son zio, avec les anciens et les enfants du village de ses grands-p...

On lui parle d'un ami blessé auquel son médecin avait recommandé de chanter en marchant et qui a beaucoup pratiqué le répertoire de Jacques Brel et de Georges Brassens dans les bois. Melanie De Biasio est saisie. " C'est beau ! Je veux rencontrer ce médecin ! " La chanteuse jazzy aux racines italiennes connaît l'art du souffle et le sentiment de communion avec la nature. Après sa tournée au Québec et en Islande, le festival Esperanzah (5 août) et le Jazz Middelheim (10 août), elle s'envolera pour Montereale Valcellina (Frioul). Au programme : des promenades avec son zio, avec les anciens et les enfants du village de ses grands-parents, dans le souvenir d'une nonna toujours en mouvement qui n'est pas sans rappeler le culte qu'elle voue au héros de Forrest Gump. " Cours, Forrest, cours ! " " Dire "je vais aller dans les bois" est très différent du mot "marcher", un peu rigide. " Il faut imaginer l'auteure de Lilies en baskets, sa clé de voiture attachée à un lacet, sans sac, ses " épaules libérées de tout ", qui " sautillonne comme un gosse " dans le bois du Noir Chien. Sautillonner : le mot figure au dictionnaire. Le Noir Chien, lui, se trouve au sud de Charleroi. " Comme les Vietnamiens et les Japonais, je balance mes bras, car ce mouvement réveille la cage thoracique et stimule le flux sanguin. Je nage tous les matins, ça fait partie de ma routine de travail mais, en fin de journée, quand le temps le permet, je ressens l'urgence d'aller dans les bois. La beauté de la nature me lave les yeux et les oreilles. J'aime bien toucher les arbres, leur peau me fait penser à celle des éléphants. Quelque chose de très enfantin se réveille en moi. " Elle organise des réunions-balades : " Porter un même regard sur un même horizon, ne pas se regarder l'un l'autre, laisser les silences s'installer, se permettre d'être poreuse, trouver le juste mot... C'est bien mieux que dans une salle de réunion. " Melanie De Biasio est aussi une marcheuse urbaine, à commencer par Charleroi, sa ville natale où elle a implanté une résidence d'artistes. De jour comme de nuit, elle y fait " des rencontres insolites et surréalistes, à son image ". Les villes qu'elle ne connaît pas, elle s'y aventure sans carte, " sinon, on passe à côté de l'expérience. "