"La construction de la prison de Haren est résolument sur les rails", s'est empressé de commenter le ministre de la Justice Koen Geens (CD&V), sur twitter. Deux recours en annulation avaient été introduits contre le permis d'urbanisme et le permis d'environnement délivrés par la Région bruxelloise.

Dans une première phase, le Conseil d'Etat avait refusé la suspension des permis. Conséquence: le consortium Cafasso, partenaire privé de l'Etat fédéral dans le projet, chargé de la conception, de la construction, du financement et de l'entretien de l'établissement pénitentiaire, avait entamé, à la fin du mois de janvier dernier, les travaux de préparation du terrain de construction. Il avait détruit ce faisant 18 hectares du terrain du Keelbeek, un espace vert auquel tiennent plusieurs associations car il préserve, selon elles, une certaine biodiversité dans la zone.

Dans la future prison, 1.190 personnes pourront être détenues. L'établissement est appelé à remplacer à terme les prisons de Saint-Gilles, de Forest et de Berkendael, dont l'état de vétusté est régulièrement dénoncé. Outre le problème écologique que le projet engendre, il est aussi considéré par divers opposants comme une mauvaise réponse à la surpopulation carcérale, par sa taille, et par l'accroissement de l'isolement des détenus de leurs familles et de leurs proches, en raison de son éloignement du centre de la capitale.

Ceux-ci pointent en outre les problèmes de mobilité que le type d'infrastructure choisi et son implantation ne manqueront pas d'engendrer en raison de nombreux déplacements de détenus, de proches et de professionnels de la Justice. Par ailleurs, il coûte extrêmement cher et risque donc d'encore grever le budget de la justice déjà extrêmement limite, font-ils encore valoir, depuis plusieurs années.

En décembre dernier, le patron de la Régie des Bâtiment, Laurent Vrijdags avait affirmé que le partenariat public-privé mis en place dans le cadre du projet de la méga-prison de Haren coûterait à l'Etat 40,2 millions par an pendant 25 ans, soit un total d'un milliard d'euros. La méga-prison devrait être opérationnelle au printemps 2022.

Koen Geens et la Régie des bâtiments soulagés de pouvoir poursuivre la réalisation du projet

Le ministre de la Justice Koen Geens (CD&V) et l'administrateur général de la Régie des Bâtiments Laurent Vrijdaghs n'ont pas caché leur satisfaction, jeudi, à l'annonce du rejet par le Conseil d'État des derniers recours contre les permis d'urbanisme et d'environnement accordés pour le projet de construction et d'exploitation de la nouvelle prison à Haren.

Cette nouvelle infrastructure pénitentiaire sera en mesure d'accueillir 1.190 détenus, répartis sur plusieurs entités, à partir de 2022. "La Régie des Bâtiments, qui agit en tant que maître de l'ouvrage, et le consortium Cafasso, qui exécute le marché DBFM (ndlr: public-privé de construction et d'exploitation), peuvent donc poursuivre les travaux", ont-ils souligné, dans un communiqué commun.

"Je suis satisfait que la situation se clarifie enfin pour la population carcérale à Bruxelles. Il y a un besoin urgent de nouvelles infrastructures. La mise en service de la prison de Haren était prévue pour 2016. Le retard a notamment causé la fermeture de la moitié de la prison de Forest pour des raisons de sécurité, de sorte qu'une partie de cette population a dû être transférée vers Saint-Gilles...

Ce parcours du combattant peut prendre fin et la construction peut se poursuivre", a commenté Koen Geens, ministre également chargé de la Régie des Bâtiments. Pour l'administrateur général de la Régie des Bâtiments, les arrêts sont "la confirmation que nous avons géré correctement ce dossier depuis le début. Nous travaillons d'arrache-pied depuis plusieurs années pour pouvoir créer des bonnes conditions de détention pour les détenus à Bruxelles, et des conditions de travail modernes et sûres pour les gardiens", a-t-il ajouté, remerciant "tous les collaborateurs et les partenaires, qui, malgré de nombreuses années de procédures, sont restés engagés et ont continué à travailler avec confiance dans ce dossier".

Selon MM. Geens et Vrijdaghs, les permis pour la construction de la prison avaient été délivrés fin 2016 et début 2017. Le début des travaux avait toutefois été retardé en raison de plusieurs procédures de suspension intentées. Après le rejet de ces procédures dans le courant de 2017 et 2018, les travaux préparatoires ont pu commencer à l'été 2018. Vu la nécessité urgente d'une nouvelle prison, tout a été mis en oeuvre pour que les travaux se déroulent dans les meilleures conditions possibles. Dans un premier temps, il a fallu dévier le chemin du Keelbeek, un sentier de promenade qui se trouvait sur le terrain. Des travaux de terrassement et d'assainissement ont également été nécessaires vu la présence de 467 tonnes de déchets sur le terrain, dont de l'amiante. Les travaux de fondation ont démarré au début de cette année.