A la veille d'un comité de concertation (Codeco) consacré à la gestion de la crise sanitaire et rassemblant le fédéral et les entités fédérées, plusieurs sujets semblent cristalliser les tensions.
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A la veille d'un comité de concertation (Codeco) consacré à la gestion de la crise sanitaire et rassemblant le fédéral et les entités fédérées, plusieurs sujets semblent cristalliser les tensions. Il pourrait être instauré à partir du 1er octobre à Bruxelles, si du moins cette décision est validée par les ministres bruxellois siégeant au sein du Collège réuni de la Commission communautaire commune (Cocom). Une décision saluée par Le ministre de la Santé publique, Frank Vandenbroucke (Vooruit) puisque cette Région est particulièrement à la traîne dans son taux de vaccination. "Je crois que c'est une bonne décision. Le Covid Safe Ticket (CST) est un instrument qui peut d'abord sécuriser les libertés que l'on a acquises malgré le virus. Et c'est aussi un incitant" pour que la population se fasse vacciner, a-t-il ajouté. Il est de vigueur dans tous les pays voisins" (Allemagne, Luxembourg, France, Pays-Bas), demandé pour accéder dans les établissements de l'horeca, les théâtres, les cinémas... Ce ne sont pas des dictatures, ce sont des pays intelligents", a déclaré Frank Vandenbroucke. Si le covid save ticket pour Bruxelles semble globalement accepté, l'imposer dans les autres régions suscite par contre nettement moins d'enthousiasme. Dimanche, le Premier ministre Alexander De Croo (Open VLD) a encore dit qu'il croyait au pass sanitaire, "même si je ne suis pas fan", mais surtout pour Bruxelles. Il estime que son extension était ainsi logique pour Bruxelles, mais " inutile " en Flandre. Frank Vandenbroucke a lui tout de même évoqué la possibilité de réclamer un CST à l'entrée des hôpitaux et des maisons de repos en raison de "la circulation importante du virus, aussi en Flandre, chez les jeunes". "Oui, c'est une possibilité et j'encourage le gouvernement flamand à prendre cette décision", a-t-il fait valoir.Les avis semblent moins tranchés de l'autre côté de la barrière linguistique, puisque, si l'on en croit le coprésident d'Ecolo Jean-Marc Nollet sur RTL-TVI, du côté francophone c'est surtout le MR qui serait contre. Selon-lui "Il n'y a plus qu'une personne à encore refuser son utilisation élargie et c'est Bouchez." "Ce (l'obligation du port du masque) sera un débat important" au cours des prochains jours, a admis M. Vandenbroucke, en appelant à des décisions basées sur la situation sanitaire pour "protéger la population". Le ministre fédéral de la Santé se dit opposé à la levée de l'obligation du port du masque buccal dans certains secteurs, réclamée par de nombreux responsables flamands. "C'est prématuré. Je crois aussi qu'en Flandre il y a une circulation importante du virus. Il y a encore des villes où le taux de vaccination est nettement insuffisant, comme Anvers. Je crois que le port du masque reste quand même une protection plutôt facile" (contre les contaminations). Dans les transports en commun cela s'impose", a-t-il poursuivi, tout en se disant prêt à envisager une différenciation selon les secteurs ou les Régions.Le Premier ministre, Alexander De Croo a été le premier à évoquer d'éventuels assouplissements pour le port du masque. Il y est personnellement favorable: "Il y a plein d'endroits, les entreprises, des lieux publics, où le masque n'est plus vraiment nécessaire." Un avis qui n'est pas partagé par Erika Vlieghe. Pour la présidente du GEMS, groupe d'experts qui conseille le gouvernement, il est trop tôt pour abroger complètement l'obligation de porter un masque, voire c'est irresponsable. Du côté flamand, et surtout depuis la N-VA, on pousse par contre clairement pour ces assouplissements. Son président Bart De Wever a ainsi donné une mission claire à Jan Jambon (N-VA) pour le codeco de vendredi. "La N-VA doit défendre une Flandre prudente et sûre, mais surtout libre", a-t-il déclaré lors du family day de son parti le week-end dernier. S'il n'est pas favorable à la suppression de toutes les mesures, à ses yeux, le masque doit progressivement disparaître. Le CD&V se montrait lui plus prudent quant à l'abolition des masques buccaux obligatoires. Pour lui, dans les endroits très fréquentés, comme les transports publics, nous devrons évidemment les porter pendant un certain temps.Si le sujet a provoqué des remous les dernières semaines, il y a peu de chance que le sujet soit tranché demain. En effet comme le précisait Alexander De Croo (Open VLD) encore samedi, la vaccination obligatoire est un débat théorique. Le Premier ministre croit davantage au "travail de fourmi" pour convaincre. L'obligation vaccinale pour le personnel soignant ne sera pas non plus tranchée, puisqu'on aurait pas encore trouvé le moyen (légal) de l'implémenter.Interrogé sur l'éventuelle décision de mettre fin à la phase fédérale de la crise, M. Vandenbroucke s'est montré prudent."Je crois que la date est moins importante que la question d'être bien préparée pour faire basculer les responsabilités (du fédéral) vers les Régions", a-t-il souligné. Il a expliqué que ce basculement, inéluctable "à un certain moment" à ses yeux, entraînerait un transfert de tâches et de responsabilités aux Régions. 'Il faut bien définir les responsabilités, et elles seront importantes, des Régions et comment continuer à coordonner tous les efforts en termes de vaccination, testing, tracing... Pour moi ce qui est important c'est de ne pas basculer de façon précoce sans que les digues de protection au niveau des Régions sont bien organisées", a-t-il dit.Les seuls à vouloir mettre fin à la phase fédérale viennent de Flandre. En Wallonie, on est encore trop occupé à régler les conséquences des intempéries et à Bruxelles on est trop en retard sur la vaccination pour tout gérer seul. Actuellement, la crise resterait donc toujours être gérée au niveau fédéral bien que les Régions seront de plus en plus appelées à reprendre la main tout en gardant un minimum de concertation. On devrait donc voir apparaître des politiques différenciées entre les Régions. Un bel exemple pourrait être l'imposition du Covid Safe Ticket .Quarantaine dans les écolesLe ministre flamand de l'Enseignement Ben Weyts (N-VA) souhaite assouplir les règles de quarantaine dans les écoles. Du côté francophone, Pierre-Yves Jeholet suggère plutôt d'attendre "quand même encore 15 jours et "les chiffres des contaminations suite aux rentrées dans l'obligatoire et le supérieur. Un avis des experts devrait être rendu sur la question le 20 septembre. Soit après le codeco de vendredi. Sur ce sujet aussi on ne devrait donc rien annoncer de spectaculaire. Plusieurs mesures de soutien socio-économique arrivent à échéance le 30 septembre. Par exemple le droit passerelle covid, le chômage temporaire covid ou encore le gel de la dégressivité des allocations de chômage. Ces mesures de soutien seront-elles prolongées après septembre et si oui jusqu'à quand ? Leur prolongation aurait déjà dû être décidée, mais il semble que cela coince. Les partis francophones sont plutôt pour, les partis flamands guère enthousiastes.