"Je ne suis ministre de l'Enseignement que depuis un an, mais j'en ai un peu marre que nous devions à tout moment, et sans connaitre la capacité prévue par l'enseignement francophone, faire en sorte d'avoir de la place pour tous." C'est ainsi que la ministre flamande de l'Enseignement, Hilde Crevits (CD&V), s'est fâchée.

Le motif de sa sortie? J'avais expliqué que les Bruxellois souhaitent que chaque enfant trouve une place dans une bonne école. J'ai donc demandé comment le gouvernement flamand comptait-il régler cette situation? Ce n'est pas le problème des parents à la recherche d'une école. Ils souhaitent des résultats et il n'y en a pas. L'année dernière, il y a eu plus de 1000 élèves qui n'ont pas trouvé de place dans nos écoles néerlandophones. Cette année, il y aurait même encore plus d'enfants. C'est un véritable scandale, indigne d'un pays comme le nôtre.

Je sais: il y a une grande partie de ces élèves qui ne parlent pas néerlandais chez eux (souvent, ils ne parlent pas français non plus, d'ailleurs). Eh oui, il y a un certain nombre d'entre eux qui choisissent l'enseignement néerlandophone parce qu'ils pensent qu'il est de meilleure qualité que l'enseignement francophone. On peut en être fier et on doit voir chaque enfant qui choisit l'enseignement néerlandophone comme une chance. Ils seront tous des adultes ouverts à la culture néerlandophone.

Mais en fait, tout ça ne change rien à l'affaire. On peut facilement résumer la discussion : la loi stipule que les parents peuvent choisir librement dans quel réseau d'enseignement ils inscrivent leurs enfants. L'état doit faire en sorte qu'il y ait suffisamment de places. Ni plus, ni moins.

La communauté flamande n'a pas envie d'investir encore davantage à Bruxelles, même s'il y a des centaines d'enfants qui ne trouvent pas de place dans l'école néerlandophone où ils souhaitent aller

Cependant, la communauté flamande n'a pas envie d'investir encore davantage à Bruxelles, même s'il y a des centaines d'enfants qui ne trouvent pas de place dans l'école néerlandophone où ils souhaitent aller. Singulièrement, la ministre s'est fâchée et a essayé de renvoyer la balle "à la flamande". Si la communauté flamande doit investir autant d'argent, c'est peut-être parce que la communauté francophone ne prend pas ses responsabilités. C'est du moins ce qu'elle laisse entendre. C'est un discours qu'on entend surtout dans les milieux N-VA, mais la ministre Crevits semble également contaminée.

Pourtant, ce n'est pas exact. La communauté française fournit bel et bien les mêmes efforts que la communauté flamande. Et la ministre est au courant, car il y a quelques mois, elle nous a fourni elle-même les chiffres objectifs.

Il est vrai que le nombre de jeunes bruxellois a fortement augmenté. En 2005-2006, il y avait 220 489 élèves inscrits dans l'enseignement maternel, primaire et secondaire. L'année scolaire 2012-2013 il y en avait déjà 20 000 de plus. Il y avait 240.988 filles et garçons dans les écoles bruxelloises.

Les institutions néerlandophones en ont accueilli 42 109, soit 17,47 %. C'est en effet un peu plus que les 17,07% de 2005, mais dire que le baby-boom bruxellois est accueilli uniquement par la communauté flamande est tout simplement inexact. En outre, il est plus facile de construire une nouvelle école en sept ans pour 4474 enfants (soit 640 par an) que pour les 16 025 élèves (soit 2290 par an) dont la communauté française a dû s'occuper.

N'oubliez pas, non plus, que le gouvernement flamand a déclaré dans son accord gouvernemental qu'il considérait 30% de la population bruxelloise comme son groupe cible. Pour atteindre son objectif, il faudrait que 72 296 enfants et jeunes bruxellois soient inscrits dans une école néerlandophone, soit 30 187 de plus qu'aujourd'hui.

Heureusement, il n'y a pas 30 000 enfants qui frappent aux portes de nos écoles, mais ces chiffres montrent clairement que la sortie de la ministre flamande était inconvenante. Il n'est pas correct de laisser entendre que vos collègues ne font pas bien leur boulot quand il est clair que c'est vous qui failliez à votre tâche.

Si la loi dit que tous les enfants bruxellois ont le droit de suivre des cours dans une école néerlandophone et si, en plus, il s'avère que le gouvernement flamand ne respecte pas ses engagements, il est inutile de se mettre en colère. Ni contre ces enfants, ni contre leurs parents et ni contre les personnes qui vous confrontent à vos promesses non tenues et vos obligations non remplies. Il faut retrousser ses manches et faire en sorte d'avoir suffisamment d'écoles. Ici et maintenant.

"Je ne suis ministre de l'Enseignement que depuis un an, mais j'en ai un peu marre que nous devions à tout moment, et sans connaitre la capacité prévue par l'enseignement francophone, faire en sorte d'avoir de la place pour tous." C'est ainsi que la ministre flamande de l'Enseignement, Hilde Crevits (CD&V), s'est fâchée. Le motif de sa sortie? J'avais expliqué que les Bruxellois souhaitent que chaque enfant trouve une place dans une bonne école. J'ai donc demandé comment le gouvernement flamand comptait-il régler cette situation? Ce n'est pas le problème des parents à la recherche d'une école. Ils souhaitent des résultats et il n'y en a pas. L'année dernière, il y a eu plus de 1000 élèves qui n'ont pas trouvé de place dans nos écoles néerlandophones. Cette année, il y aurait même encore plus d'enfants. C'est un véritable scandale, indigne d'un pays comme le nôtre. Je sais: il y a une grande partie de ces élèves qui ne parlent pas néerlandais chez eux (souvent, ils ne parlent pas français non plus, d'ailleurs). Eh oui, il y a un certain nombre d'entre eux qui choisissent l'enseignement néerlandophone parce qu'ils pensent qu'il est de meilleure qualité que l'enseignement francophone. On peut en être fier et on doit voir chaque enfant qui choisit l'enseignement néerlandophone comme une chance. Ils seront tous des adultes ouverts à la culture néerlandophone. Mais en fait, tout ça ne change rien à l'affaire. On peut facilement résumer la discussion : la loi stipule que les parents peuvent choisir librement dans quel réseau d'enseignement ils inscrivent leurs enfants. L'état doit faire en sorte qu'il y ait suffisamment de places. Ni plus, ni moins. Cependant, la communauté flamande n'a pas envie d'investir encore davantage à Bruxelles, même s'il y a des centaines d'enfants qui ne trouvent pas de place dans l'école néerlandophone où ils souhaitent aller. Singulièrement, la ministre s'est fâchée et a essayé de renvoyer la balle "à la flamande". Si la communauté flamande doit investir autant d'argent, c'est peut-être parce que la communauté francophone ne prend pas ses responsabilités. C'est du moins ce qu'elle laisse entendre. C'est un discours qu'on entend surtout dans les milieux N-VA, mais la ministre Crevits semble également contaminée. Pourtant, ce n'est pas exact. La communauté française fournit bel et bien les mêmes efforts que la communauté flamande. Et la ministre est au courant, car il y a quelques mois, elle nous a fourni elle-même les chiffres objectifs. Il est vrai que le nombre de jeunes bruxellois a fortement augmenté. En 2005-2006, il y avait 220 489 élèves inscrits dans l'enseignement maternel, primaire et secondaire. L'année scolaire 2012-2013 il y en avait déjà 20 000 de plus. Il y avait 240.988 filles et garçons dans les écoles bruxelloises. Les institutions néerlandophones en ont accueilli 42 109, soit 17,47 %. C'est en effet un peu plus que les 17,07% de 2005, mais dire que le baby-boom bruxellois est accueilli uniquement par la communauté flamande est tout simplement inexact. En outre, il est plus facile de construire une nouvelle école en sept ans pour 4474 enfants (soit 640 par an) que pour les 16 025 élèves (soit 2290 par an) dont la communauté française a dû s'occuper. N'oubliez pas, non plus, que le gouvernement flamand a déclaré dans son accord gouvernemental qu'il considérait 30% de la population bruxelloise comme son groupe cible. Pour atteindre son objectif, il faudrait que 72 296 enfants et jeunes bruxellois soient inscrits dans une école néerlandophone, soit 30 187 de plus qu'aujourd'hui. Heureusement, il n'y a pas 30 000 enfants qui frappent aux portes de nos écoles, mais ces chiffres montrent clairement que la sortie de la ministre flamande était inconvenante. Il n'est pas correct de laisser entendre que vos collègues ne font pas bien leur boulot quand il est clair que c'est vous qui failliez à votre tâche. Si la loi dit que tous les enfants bruxellois ont le droit de suivre des cours dans une école néerlandophone et si, en plus, il s'avère que le gouvernement flamand ne respecte pas ses engagements, il est inutile de se mettre en colère. Ni contre ces enfants, ni contre leurs parents et ni contre les personnes qui vous confrontent à vos promesses non tenues et vos obligations non remplies. Il faut retrousser ses manches et faire en sorte d'avoir suffisamment d'écoles. Ici et maintenant.