Ce matin, les rues de Bruxelles sont bien rouges. Rouge comme la couleur de la FGTB, mais aussi rouges de colère. Les manifestants - 7.000 d'après la police, 15.000 d'après le syndicat - se sont réunis aujourd'hui dans la capitale pour faire entendre leur grogne contre la loi sur la marge salariale - dite "loi de 1996" - qui cette année a été limitée à 0,4 %.

A chaque coin de bouche, ce chiffre, jugé bien trop bas par les travailleurs du cortège. "Ces 0.4 % ça représente une augmentation d'à peine 7 euros par mois sur mon salaire", explique Jonathan, ouvrier chez Colruyt depuis 13 ans, blouson rouge sur le dos. Il enchaîne, "Colruyt a fait des d'énormes bénéfices pendant le Covid. Le PDG a vu son salaire augmenté de 5 %, mais nous, nous n'avons pas le droit à plus de 0,4 %. On doit revoir la loi de 1996 !".

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"Colruyt a fait des d'énormes bénéfices pendant le Covid. Le PDG a vu son salaire augmenté de 5 %, mais nous, nous n'avons pas le droit à plus de 0,4 % "

Un peu plus loin, on acquiesce : "Le prix des denrées, du gaz ou encore de l'électricité ont doublé, mais nos salaires n'ont pas suivi. Les seules augmentations que nous avons sont dues à l'indexation des salaires alors que notre entreprise a fait des bénéfices énormes avec le Covid" explique un groupe de collègues de Prothya Bio Solutions, qui préfère rester anonyme suite aux pressions de l'entreprise sur ses employés pour ne pas aller manifester.

"Pour travailler ici, il faut ne pas avoir d'enfants ou de famille !"

"On voudrait pouvoir retrouver la même qualité de vie qu'avant. Aujourd'hui, pour vivre dignement, il faut deux salaires." expliquent-ils. Pour eux, qui travaillent deux week-ends par mois et parfois de nuit, leur salaire de 2.000 euros par mois n'est pas suffisant, "Pour travailler ici, il faut ne pas avoir d'enfants ou de famille ! Avec les horaires décalés, il y a un énorme budget pour la garde d'enfant, ça représente 500 euros par mois. Sans compter qu'il y a des semaines où on ne voit pas notre famille, tellement nous sommes décalés."

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"Il y a eu des bénéfices faits malgré la pandémie, mais ce sont les actionnaires qui en profitent (...) Il y a 6 ans que je ne suis pas parti en vacances, nous avons dû vider notre livret d'épargne.

Laurent, frigoriste chez Sodexo, a aussi répondu à l'appel du syndicat socialiste. Il dénonce aussi une répartition des richesses à deux vitesses dans son entreprise. "Il y a eu des bénéfices faits malgré la pandémie, mais ce sont les actionnaires qui en profitent. On demande juste le respect !" En 13 ans dans l'entreprise, cet homme de 49 ans n'a jamais vu son salaire augmenter, contrairement au coût de la vie. "Il y a 6 ans que je ne suis pas parti en vacances, nous avons dû vider notre livret d'épargne. Au menu, c'est pâtes deux fois par semaine. Notre niveau de vie s'est dégradé avec les années! Tout augmente sauf les salaires." Et il l'affirme, si les choses ne changent pas, le mouvement va s'intensifier, "Aujourd'hui, il n'y a que la FGTB mais dans les prochains mois, il y aura un front commun et d'autres syndicats vont nous rejoindre. Il y a un vrai ras-le-bol qui s'installe."

La manifestation a réuni 7.000 personnes selon la police, 15.000 selon le syndicat.

Marine Andrieu

Ce matin, les rues de Bruxelles sont bien rouges. Rouge comme la couleur de la FGTB, mais aussi rouges de colère. Les manifestants - 7.000 d'après la police, 15.000 d'après le syndicat - se sont réunis aujourd'hui dans la capitale pour faire entendre leur grogne contre la loi sur la marge salariale - dite "loi de 1996" - qui cette année a été limitée à 0,4 %.A chaque coin de bouche, ce chiffre, jugé bien trop bas par les travailleurs du cortège. "Ces 0.4 % ça représente une augmentation d'à peine 7 euros par mois sur mon salaire", explique Jonathan, ouvrier chez Colruyt depuis 13 ans, blouson rouge sur le dos. Il enchaîne, "Colruyt a fait des d'énormes bénéfices pendant le Covid. Le PDG a vu son salaire augmenté de 5 %, mais nous, nous n'avons pas le droit à plus de 0,4 %. On doit revoir la loi de 1996 !".Un peu plus loin, on acquiesce : "Le prix des denrées, du gaz ou encore de l'électricité ont doublé, mais nos salaires n'ont pas suivi. Les seules augmentations que nous avons sont dues à l'indexation des salaires alors que notre entreprise a fait des bénéfices énormes avec le Covid" explique un groupe de collègues de Prothya Bio Solutions, qui préfère rester anonyme suite aux pressions de l'entreprise sur ses employés pour ne pas aller manifester. "On voudrait pouvoir retrouver la même qualité de vie qu'avant. Aujourd'hui, pour vivre dignement, il faut deux salaires." expliquent-ils. Pour eux, qui travaillent deux week-ends par mois et parfois de nuit, leur salaire de 2.000 euros par mois n'est pas suffisant, "Pour travailler ici, il faut ne pas avoir d'enfants ou de famille ! Avec les horaires décalés, il y a un énorme budget pour la garde d'enfant, ça représente 500 euros par mois. Sans compter qu'il y a des semaines où on ne voit pas notre famille, tellement nous sommes décalés."Laurent, frigoriste chez Sodexo, a aussi répondu à l'appel du syndicat socialiste. Il dénonce aussi une répartition des richesses à deux vitesses dans son entreprise. "Il y a eu des bénéfices faits malgré la pandémie, mais ce sont les actionnaires qui en profitent. On demande juste le respect !" En 13 ans dans l'entreprise, cet homme de 49 ans n'a jamais vu son salaire augmenter, contrairement au coût de la vie. "Il y a 6 ans que je ne suis pas parti en vacances, nous avons dû vider notre livret d'épargne. Au menu, c'est pâtes deux fois par semaine. Notre niveau de vie s'est dégradé avec les années! Tout augmente sauf les salaires." Et il l'affirme, si les choses ne changent pas, le mouvement va s'intensifier, "Aujourd'hui, il n'y a que la FGTB mais dans les prochains mois, il y aura un front commun et d'autres syndicats vont nous rejoindre. Il y a un vrai ras-le-bol qui s'installe."La manifestation a réuni 7.000 personnes selon la police, 15.000 selon le syndicat.Marine Andrieu