"Une part significative de la communauté musulmane a dansé après les attentats. Et ça, c'est un vrai problème." Il ne fallait pas être la Pythie pour se douter que de tels propos allaient soulever une vague de critiques. Pourquoi un ministre de l'intérieur pèse-t-il donc si peu ses mots ? Imaginons que Jan jambon ait dit "il y a encore des musulmans qui dansent après les attentats. Cela reste un problème." Cela aurait tout aussi fidèlement retransmis sa pensée. Cela aurait même été raccord avec ce qui dit Philippe Moureaux dans le Knack: 'Après trois ans d'absence, j'ai à nouveau visité les quartiers populaires (...) et je dois admettre que l'importance de la solidarité locale envers les terroristes m'a parfois surpris."
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"Une part significative de la communauté musulmane a dansé après les attentats. Et ça, c'est un vrai problème." Il ne fallait pas être la Pythie pour se douter que de tels propos allaient soulever une vague de critiques. Pourquoi un ministre de l'intérieur pèse-t-il donc si peu ses mots ? Imaginons que Jan jambon ait dit "il y a encore des musulmans qui dansent après les attentats. Cela reste un problème." Cela aurait tout aussi fidèlement retransmis sa pensée. Cela aurait même été raccord avec ce qui dit Philippe Moureaux dans le Knack: 'Après trois ans d'absence, j'ai à nouveau visité les quartiers populaires (...) et je dois admettre que l'importance de la solidarité locale envers les terroristes m'a parfois surpris." Mais que se passe-t-il avec la communication de la N-VA? Au sein du gouvernement et dans leur gestion au quotidien, le parti opte souvent pour la voie médiane. Liesbeth Homans a, par exemple, attribué un subside de 60.000 euros à "la ligne de déradicalisation" du pendant flamand de l'exécutif musulman. Cette ligne tenue par des musulmans a été ouverte pour recevoir les appels de jeunes musulmans qui sont à la recherche de leur identité. Homans n'a pourtant guère communiqué autour de ça, comme si elle avait peur qu'on lui reproche d'être trop sympathique envers les musulmans. Les tweets de Francken'Franckenstein', est le surnom de Theo Francken. Mais qu'est-ce que Francken a fait d'autres que d'appliquer le 'Wir schaffen das' d'Angela Merkel ? La Belgique accueille ses demandeurs d'asiles de manière adéquate : notre système social n'est pas noyé, nos écoles et nos piscines ne sont pas envahies, il n'y a pas eu de révolte et, touchons du bois, le nombre d'incidents avec des réfugiés est très peu élevé. Si Francken subit les foudres des critiques, c'est la plupart du temps à cause d'un mauvais tweet. C'est vrai que le ton est dur lorsque la N-VA parle des réfugiés ou de nos nouveaux concitoyens. Surtout lorsqu'on lâche la parlementaire Zuhal Demir, il n'y a que peu de place pour le conservatisme compassionnel. "Ce chaleureux et concerné conservatisme" était pourtant l'un des arguments massue avec lequel Bart De Wever aura conquis le coeur des Flamands. Par la suite, il va pourtant modifier son discours. En 2015, Bart De Wever déclare que la convention de Genève est intenable. En mars 2016, il dira que, dans l'Europe du futur, l'asile ne sera plus possible. Depuis quelque temps, la N-VA perd des points sondage après sondage. C'est souvent la dîme que doivent payer les partis au pouvoir, qu'ils soient de droite ou de gauche, mais la chute de la N-VA est à ce point visible que cela soulève des inquiétudes en interne. Surtout lorsque dans un même temps le Vlaams Belang se remplume. Jusqu'à présent, les cadres de la N-VA semblaient vouloir surfer sur le succès de l'extrême droite en musclant le discours. Et après chaque nouvelle baisse dans les sondages, de nouvelles sorties-chocs fleurissaient dans les médias. Du genre de celle de Jambon la semaine dernière. Un encouragement à l'autodestruction C'est une étrange stratégie que voilà. Car dans le cas de la N-VA, les arguments ne manquent pas pour prouver que les discours musclés provoquent une baisse dans les sondages. En 2014, tous les partis, et donc aussi la N-VA, ont chargé le bureau d'étude TNS/Dimarso de réaliser une enquête de grande envergure autour des résultats des élections. Il en est ressorti que la campagne brusque et agressive de la N-VA lui avait coûté des dizaines, voire des centaines, de milliers de voix dans les isoloirs. De Wever a gagné les élections, mais sa victoire aurait été encore plus grande si le parti n'avait pas lui-même fait fuir l'électeur. Cette enquête va aussi montrer quel fut le moment charnière, le jour fatidique où des dizaines de milliers d'électeurs potentiels de la N-VA vont décider de voter pour un autre parti. C'était aussi un samedi. Ce jour-là, un des pontes de la N-VA dit dans une interview que celui qui veut s'inscrire CPAS devra d'abord vendre sa maison. L'auteur du message était, mais oui, un certain Jan Jambon. Sur les médias sociaux, Bart De Wever en Co. sont toujours acclamés par leurs propres supporters, chaque heure de chaque jour. Un tel encouragement à l'autodestruction, voilà une attitude que siérait pourtant mieux à ceux qui ne goûtent pas trop la N-VA.