"J'étais une ministre parmi les neuf autres", a déclaré Maggie De Block, ministre fédérale sortante de la Santé publique, au Soir, avant d'expliquer que les millions de masques qui avaient été détruits sous sa fructueuse autorité étaient "périmés ou n'ont pas été tenus dans des conditions acceptables". C'est d'une puissance insalubre, ces deux menteries si pures, qu'elles démontrent que lorsque que s'installent deux mensonges, c'est l'indécence qui se prolonge.
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"J'étais une ministre parmi les neuf autres", a déclaré Maggie De Block, ministre fédérale sortante de la Santé publique, au Soir, avant d'expliquer que les millions de masques qui avaient été détruits sous sa fructueuse autorité étaient "périmés ou n'ont pas été tenus dans des conditions acceptables". C'est d'une puissance insalubre, ces deux menteries si pures, qu'elles démontrent que lorsque que s'installent deux mensonges, c'est l'indécence qui se prolonge. Elle ment purement, Maggie De Block, lorsqu'elle tente de s'extraire de l'implacable réalité, de voiler cette vérité nue qui pose qu'une ministre de la Santé publique est responsable en matière de santé publique, même quand une pandémie fait onze mille morts, même quand ces morts sont vieux, même quand l'Etat est fédéral. Elle ment d'une manière si indécente, d'une force si permanente, Maggie De Block, qu'on en perdrait l'envie de lui rappeler tout ce que cette galéjade des neuf ministres de la Santé a de faux, combien en réalité il n'y en avait que deux par Région, elle et un autre - Wouter Beke en Flandre, Alain Maron à Bruxelles, Christie Morreale en Wallonie -, et comment les autres prétendus ministres de la Santé ont beau en porter très vaguement le nom, ils n'en exercent la compétence que de très secondaire façon. Ce sont Bénédicte Linard qui, exerçant la tutelle sur l'Office de la naissance et de l'enfance, s'occupe d'une Santé publique qui ne rendra aucun compte à l'histoire tragique des errements belges face au coronavirus, pas plus que Barbara Trachte qui porte la lourde charge de diffuser des brochures de prévention en français à Bruxelles, et pas plus que Valérie Glatigny, responsable de l'organisation des études de médecine en Fédération Wallonie-Bruxelles, ne s'est rendue coupable de manquements qui auraient nui à la moindre des onze mille vies emportées par le virus. Ces ministres, Maggie De Block sait qu'elle ne les a croisées nulle part depuis février dernier, parce qu'elles n'avaient rien à faire là où Maggie De Block n'a rien fait. Et donc elle ment. Elle ment, c'est si purulent, qu'on s'infecte à devoir lui redire que les millions de masques qu'elle a laissé détruire n'étaient pas périmés. Elle l'ignorait peut-être alors, il y a quelques années, lorsque le sort de plusieurs centaines de caisses en carton placées dans un entrepôt de la Défense ne figuraient pas parmi ses plus brûlantes priorités. Mais elle ne peut que le savoir aujourd'hui. Une équipe de télévision flamande a filmé sa réaction face aux images qui démontraient que ces masques étaient encore efficaces. La Flandre l'a vue voir que ces masques n'avaient pas été détruits parce qu'ils n'étaient plus efficaces, mais parce que la Défense manquait de place. Les Flamands et elle ont su qu'à ce moment, la Santé publique n'avait pas voulu leur en trouver. A la télévision, on l'a montrée silencieuse, Maggie De Block, parce qu'elle avait un instant perdu la faculté de parler. Car Maggie De Block ne peut plus rien dire quand il n'y a plus que la réalité à commenter et que la vérité l'a étranglée. Qu'elle respire, elle reparle et immanquablement elle ment encore. Maggie De Block ne peut alors plus parler qu'en mentant. Elle ment désormais, tout le temps. Elle y est obligée, parce qu'il ne lui reste plus que ça pour pouvoir s'exprimer.